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Médailles du civisme
La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.
Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
David Asselin, de La Doré
Le matin du 9 avril 2007, David Asselin six ans et demi , joue avec sa sœur Mégan quatre ans et demi , sur le terrain du chalet de leurs grands-parents, à La Doré. Le lac Rond est gelé, mais la glace est mince. Les enfants vont et viennent entre leur père, qui fend du bois, et leurs grands-parents, dans le garage.
Au bord du quai, Mégan glisse soudain et chute sur la glace du lac. Celle-ci craque, et la fillette tombe dans l’eau glacée. Aussitôt, son frère se couche sur la glace, l’attrape et la retient de ses deux bras.
Paralysé par le froid et l’émotion, David maintient de plus en plus difficilement Mégan. Parvenant enfin à émettre de faibles cris, il attire l’attention du chien, qui se met à japper. Alerté, le grand-père aperçoit la tuque de David. Il accourt vers le lac, affolé, tandis que David, à bout de force, le supplie de se dépêcher. M. Théberge saisit alors Mégan par le col, et la tire de l’eau.
Pour sauver sa petite sœur de la noyade, David n’a pas seulement montré une bravoure exceptionnelle à son âge; il a accompli un acte d’amour.
Yan Beaucage, de Saint-Denis-sur-Richelieu
Le 20 novembre 2007, en soirée, Yan Beaucage et sa conjointe franchissent la rivière Richelieu en traversier. Sur le point d’accoster à Saint-Antoine, ils voient une voiture descendre le chemin qui fait face à la rampe d’accès. À cause du verglas, l’auto glisse, puis entre dans la rivière.
Tandis que sa conjointe compose le 911, M. Beaucage met la main sur une perche, mais inutilement, car la voiture sombre dans l’eau et se met à dériver. S’emparant d’un gilet de sauvetage, il s’élance dans la rivière froide et nage vers l’auto.
M. Beaucage atteint le véhicule, dont la moitié avant est immergée. Grimpant sur le coffre arrière, il tente de briser, avec ses poings, la vitre de la portière du conducteur. Puis, il plonge dans l’eau pour trouver la poignée de la portière, mais la douleur trop vive l’oblige à sortir sa tête de l’eau. En dernière ressource, alors que la victime implore son aide, il s’acharne à sauter à pieds joints sur la lunette arrière pour la fracasser. Mais en vain. Il essayera encore d’ouvrir la portière. Finalement, affaibli et gelé, il se résigne à retourner au traversier, en nageant avec peine à contre-courant.
Cet événement tragique a malheureusement coûté la vie à la victime, mais Yan Beaucage a vraiment tout risqué pour la sauver.
Lina Ciavaglia, de Saint-Gabriel-de-Brandon
Le soir du 26 août 2007, à Rawdon, le Parc des Cascades va fermer. Lina Ciavaglia, patrouilleuse, s’affaire à en faire sortir les visiteurs quand une femme accourt, criant que son conjoint est immobilisé dans l’eau. Mme Ciavaglia prie un collègue d’appeler les secours, et descend à la rivière. Elle suit la direction indiquée par la visiteuse restée en haut, et aperçoit, cramponné à une roche, un homme dans la cinquantaine, essoufflé et paniqué.
La patrouilleuse évalue la force du courant, comme elle a été formée à le faire. Après s’être délestée de ses bottes et de son téléphone, elle nage en direction de la victime. Elle doit agir rapidement, sachant que les valves servant à la filtration des eaux s’ouvriront bientôt.
Rendue auprès de l’homme, Mme Ciavaglia le rassure, et l’engage à entrer dans les rapides. Par des poussées, elle l’aide à franchir les 15 pieds qui les séparent de la rive. Mais la patrouilleuse ne gagnera pas la terre ferme. Elle est emportée par le courant, dont la puissance la projette de tous côtés contre les roches. Bientôt aspirée vers le fond, elle perd connaissance. Heureusement, les secours arrivent. Elle est rescapée, puis conduite à l’hôpital.
Pour secourir un homme en détresse, Lina Ciavaglia a failli périr dans les rapides qu’elle a audacieusement affrontés.
Alexis Laliberté, de Montréal
Au matin du 11 novembre 2007, à Verdun, Alexis Laliberté marche sur la piste cyclable qui longe le Saint-Laurent. Entendant des cris, il comprend vite que ce ne sont pas ceux d’enfants qui jouent, mais des cris de panique.
À peine a-t-il aperçu une tête dans le fleuve que sa décision est prise. Il enlève son manteau et saute dans l’eau, profonde à cet endroit. Il ressent vivement le froid et doit lutter contre le courant puissant. En franchissant la dizaine de mètres qui le séparent de la fillette de 12 ans, M. Laliberté aperçoit une autre tête, celle d’un garçon de 10 ans en train d’étouffer dans l’eau.
Il a la présence d’esprit de placer les enfants, l’un après l’autre, entre lui et la grève. Puis, au prix d’efforts considérables, il entreprend de nager vers la rive tout en poussant chacun des enfants.
Parvenu aux abords du rivage, M. Laliberté donne une dernière poussée à la fillette, qui sort enfin de l’eau. À bout de force, il réussit à traîner le garçon, mal en point, jusqu’à la grève.
Au péril de sa vie, Alexis Laliberté a sauvé les deux enfants d’une noyade certaine.
Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
Jean-Marie Grenier, de Pincourt
Le matin du 22 septembre 2007, Jean-Marie Grenier et son épouse, Anne Cliche-Grenier, s’apprêtent à ouvrir leur commerce, à l’Île-Perrot. Percevant une odeur de brûlé, l’épouse de M. Grenier voit, en face, de la fumée s’échapper de l’appartement de Michel Fillion, un ami du couple. Tous deux savent que celui-ci se trouve dans son logement.
Aussitôt, l’épouse appelle les pompiers, tandis que M. Grenier se hâte vers le duplex. Il cogne d’abord à la porte du rez-de-chaussée; la femme et les enfants qui occupent l’appartement sortent. Ensuite, il se dirige vers la porte d’acier qui mène chez M. Fillion, pour constater qu’elle est verrouillée. Il frappe et sonne, mais n’a pas de réponse. M. Grenier devra s’y prendre à plusieurs reprises pour défoncer la porte à coups d’épaule.
Une épaisse fumée a envahi l’escalier. Remplissant ses poumons d’air, M. Grenier monte. Arrivé à l’appartement, il est étouffé et aveuglé par la fumée. Des flammes s’élèvent dans la cuisine. Il appelle M. Fillion. Ce dernier, ne se doutant de rien, prend sa douche. En tâtonnant, M. Grenier ouvre la porte de la salle de bain, agrippe son ami, le conduit dehors et l’emmène chez lui.
Pas un instant Jean-Marie Grenier n’a hésité à braver l’incendie. En risquant sa vie, il a sauvé celle de son ami.
Norbert Hébert, de Lacolle
L’avant-midi du 11 novembre 2007, Norbert Hébert et sa conjointe sont chez eux, à Lacolle. Apercevant de la fumée sortir de la maison mobile d’en face, la conjointe compose le 911, pendant que M. Hébert court vers la maison.
Sorti par une fenêtre, un adolescent arrive vers lui en criant que sa sœur est dans sa chambre, à l’arrière. M. Hébert se presse dans cette direction, tout en s’emparant d’un morceau de bois.
Dans l’encadrement de la fenêtre, il voit les mains de la jeune fille glisser sur la vitre, puis disparaître. Décidé, il fracasse la fenêtre, mais, vu qu’elle est haute, il demande une échelle au garçon et grimpe jusqu’à la chambre enfumée.
Les pieds de M. Hébert touchent la jeune fille, évanouie par terre. Mais la fumée l’étouffe tellement qu’il doit retourner à la fenêtre chercher de l’air. Il réussit à prendre la victime dans ses bras. Puis, se penchant par la fenêtre, il la remet à une voisine. Elle est inconsciente, mais respire. À son tour, M. Hébert sort de la maison, et les secours arrivent.
En bravant le péril avec courage et assurance, Norbert Hébert a sauvé la vie d’une jeune fille qui ne pouvait plus attendre l’arrivée des secours.
Claudette Paquet, de Trois-Rivières
Depuis le 7 mai 2007, personne ne connaît mieux que Claudette Paquet les embûches d’un incendie frappant une résidence de personnes âgées.
Préposée à la résidence Seigneurie de Rigaud, Mme Paquet s’apprête à monter le dîner de l’occupante de la chambre 238, quand l’alarme de feu se déclenche. Immédiatement, elle court à la salle à manger enjoindre aux personnes présentes de sortir. S’avisant que quatre résidents sont dans leur chambre, elle s’empresse d’aller les chercher.
Au premier étage, Mme Paquet ouvre deux portes, criant aux occupants de sortir. Elle se précipite ensuite au deuxième. Dans la chambre 238, la fumée est si dense que Mme Paquet peut à peine voir les flammes qui consument les rideaux. Secouée par la toux, elle progresse à quatre pattes vers le lit, tout en parlant à la résidente. Mais celle-ci ne répond plus. Mme Paquet rebrousse alors chemin.
Malgré la fumée qui l’étouffe et obstrue sa vision, elle va dans la chambre voisine, agrippe l’occupante qui refusait de sortir, et la transporte jusqu’à l’extérieur. Elle retourne au premier étage, où il reste deux résidents, et reconduit le premier dehors, puis revient évacuer l’autre dans ses bras.
Grâce au sang-froid et à la bravoure exemplaire de Claudette Paquet, 26 des 27 résidents sont saufs.
Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
Guillaume Letendre, de Charny
Au matin du 4 avril 2007, Guillaume Letendre, professeur à l’école Bois-Joli, à Sept-Îles, prend sa pause quand il entend des cris. On lui apprend qu’un homme a capturé un élève et le retient dans la cour de récréation.
M. Letendre accourt sur les lieux, où l’homme, hagard, tient par le cou Daven, neuf ans. Le professeur s’arrête à trois mètres, puis tente de calmer l’homme et de rassurer l’enfant terrifié. Mais le ravisseur emmène fermement la jeune victime dans la rue et commence à errer. M. Letendre les suit à courte distance.
Voyant l’homme se diriger vers un poste d’essence attenant à un dépanneur, M. Letendre entre dans l’établissement pour avertir les personnes présentes. Sitôt ressorti, il revient vers l’agresseur et sa victime. Brusquement, l'homme saisit un pistolet à essence et en asperge Daven. Puis, il enfonce une main dans sa poche. À l’instant même, M. Letendre, déterminé, bondit sur lui et immobilise la main criminelle. À la faveur de l’altercation, Daven se réfugie dans le commerce, tandis qu’une personne aide M. Letendre à maîtriser l’homme jusqu’à l’arrivée des policiers.
L’intervention de Guillaume Letendre a été décisive : s’il n’avait pas mis sa propre sécurité en péril, l’enfant aurait connu un sort atroce.
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