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Médailles du civisme
La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.
Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
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Messieurs James-Alexander, Oliver et Wayne Chambers
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Wayne Chambers, de Lachute
À Lachute, dans la soirée du 31 août 2008, Wayne Chambers et son épouse prennent un pont qui enjambe un lac. Le parapet du pont est fracturé, et des morceaux de bois flottent sur l’eau.
Éclairant le lac avec les phares de sa voiture, il cherche un véhicule englouti, mais ne voit rien. Il conduit alors son épouse à la maison puis revient, muni d’une lampe de poche.
M. Chambers entre dans l'eau et distingue un camion immergé. Il s’y rend aussitôt à la nage, suivi d'une voisine accompagnée d’une amie.
Dans le camion se trouve un jeune homme inanimé. Ils le sortent du véhicule et le tirent jusqu’au bord du lac. Sans arrêt, les jeunes femmes tenteront de réanimer la victime jusqu’à l’arrivée des secours.
Alors arrivent les fils de M. Chambers, Oliver et James-Alexander. Ils sautent à l’eau à la recherche d’éventuelles victimes. Ils ne trouveront personne d’autre.
Les secours arrivent. Seul Wayne Chambers a subi des blessures superficielles en dégageant la victime du camion, malheureusement décédée.
En dépit de ce triste dénouement, les Chambers père et fils ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour secourir cette personne, en plus de s’être assurés qu’il n’y avait pas d’autre victime.
M. Wayne Chambers recevra la médaille du civisme, et MM. Oliver et James-Alexander Chambers recevront chacun une mention d'honneur du civisme.
François Gélinas et Catherine Gélinas-Côté, de Shawinigan
Le 31 août 2008, François Gélinas et quelques proches se prélassent sur la plage de la rivière Batiscan, à Saint-Narcisse. Alors que le niveau de l’eau monte, deux jeunes garçons culbutent dans la rivière. Ils luttent contre le courant.
Dès qu’il les a vus, M. Gélinas plonge dans la rivière et nage vers eux, sur une centaine de pieds. Les enfants sont encore conscients. Il les tient hors de l’eau. Mais le courant pousse inexorablement le trio vers les chutes.
M. Gélinas comprend qu’il n’arrivera pas à regagner la rive avec les enfants. Il projette donc chacun des garçons vers une dame qui les intercepte, l’un après l’autre, et les ramène sur la rive.
M. Gélinas n’est plus capable de lutter contre le courant. De la rive, sa mère et son oncle crient à l’aide en expliquant que l’homme est cardiaque et porte un défibrillateur.
Personne ne réagissant, Catherine Gélinas-Côté saute à l’eau et nage en direction de son père. Tout en l'encourageant, elle réussit à le saisir par les aisselles. Puis elle le ramènera à la rive.
Chacun son tour, François Gélinas et sa fille Catherine ont accompli un acte de bravoure avec une présence d’esprit remarquable. Ils ont sauvé trois vies.
Wayne Dickson (pour l'équipage du Madelinot War Lord), de l'Île d'Entrée
Le 28 mars 2008, en après-midi, le Madelinot War Lord quitte l'Île d'Entrée, aux Îles-de-la-Madeleine, accompagné par trois autres navires. Les bateaux sont bientôt coincés dans les glaces.
À la nuit tombante arrive un brise-glace qui ouvre la voie aux navires jusqu'à ce que ceux-ci puissent continuer seuls. Mais l'Acadian II a des problèmes de gouvernail; le capitaine du Madelinot War Lord, Wayne Dickson, navigue devant lui pour l'aider, mais se retrouve de nouveau coincé dans les glaces.
M. Dickson constate alors une fuite dans le système de roulement de son bateau. Il demande alors l'assistance de la Garde côtière canadienne. Le brise-glace Sir William Alexander est dépêché sur les lieux et remorque l'Acadian II, suivi du Madelinot War Lord.
L'Acadian II heurte deux icebergs, se retrouve ensuite sur une montagne de glace, puis chavire.
Un homme est à l'eau. L'équipage du Madelinot War Lord réussit à le tirer à bord, puis fera de même pour un autre. Les deux hommes sont amenés dans la pièce la plus chaude du bateau.
L'équipage du Madelinot War Lord tente en vain de repérer d'autres victimes à la surface de l'eau. Le Sir William Alexander envoie d'abord un canot pneumatique à la rescousse de l'Acadian II puis, finalement, des plongeurs repêchent les corps de trois hommes. Un quatrième ne sera jamais retrouvé.
Le lendemain, le Madelinot War Lord a regagné les Îles-de-la-Madeleine. À son bord se trouvaient des hommes profondément marqués par le décès de quatre de leurs collègues.
La médaille du civisme sera remise ultérieurement à chacun des membres de l'équipage du Madelinot War Lord.
Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
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Monsieur Sébastien Mathieu et Mesdames Danielle Cloutier et Nadine Champagne
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Nadine Champagne et Danielle Cloutier, de Saint-Georges, et Sébastien Mathieu, de Beauceville
Le 30 octobre 2008, à Saint-Georges, Sébastien Mathieu est immobilisé à un feu rouge. Saisi par le bruit d’une forte collision, il voit une mini-fourgonnette tournoyer en l’air puis retomber sur ses roues. Un fardier l’a percutée.
Des flammes s’élèvent du capot. M. Mathieu se précipite vers la mini-fourgonnette. Une dame à mobilité réduite est assise côté conducteur. À ses côtés se trouve son conjoint, aveugle, qui sort du véhicule.
Arrivent sur les lieux, séparément, Danielle Cloutier et Nadine Champagne. Les deux se pressent vers l’accident.
Mme Champagne escorte le passager jusqu’à la voiture de Mme Cloutier. Pendant ce temps, cette dernière et M. Mathieu tentent de libérer la dame, car le feu s'intensifie. Mais sa ceinture est coincée. Ils réussissent enfin.
Mme Cloutier et M. Mathieu conduisent la victime jusqu’à la voiture. La mini-fourgonnette flambe. M. Mathieu se poste à l’intersection pour éloigner les curieux et faciliter le trafic.
Rassurée, Mme Champagne quitte les lieux. Mme Cloutier restera auprès du couple jusqu’à l’arrivée des secours.
Voilà ce que peuvent accomplir ensemble, dans une situation critique, des personnes qui ne se connaissaient pas. Nadine Champagne, Danielle Cloutier et Sébastien Mathieu n’auraient pas mieux fait s’ils avaient planifié leurs gestes.
Lise-Ann Davignon, de Laval
Le 7 août 2008, Lise-Ann Davignon se balade à vélo aux abords d’un passage à niveau de Godmanchester, alors qu'un train vient de percuter un camion-remorque.
Le camion a versé dans le fossé et pris feu; elle s’approche. Assis près de la remorque, un homme ensanglanté appelle au secours. Elle va le trouver et comprend que son fils est resté prisonnier de la cabine.
Alors que le feu dévore le moteur, l’enfant de quatre ans crie, affolé. Mme Davignon grimpe dans la cabine, saisit le petit et le dégage de la ferraille qui le coinçait.
Elle s’assure que le père peut se lever. Tandis qu’elle porte l’enfant dans ses bras, le trio s’éloigne du feu et s’installe plus loin.
À la demande du père, Mme Davignon s’occupe de l’enfant pendant que le conducteur du train appelle les secours. Ceux-ci arrivent dix minutes plus tard et maîtrisent l’incendie, pendant que les victimes sont conduites à l’hôpital.
Comme si c’était tout à fait naturel, Lise-Ann Davignon a posé les gestes qu’il fallait pour sauver la vie du bambin, rassurer le père et les mettre à l’abri. Mais quel courage il lui a fallu pour pénétrer dans une cabine qui menaçait de sauter !
Guy Lavoie, de Saint-Narcisse de Rimouski
Le 4 juillet 2008, Guy Lavoie conduit son camion sur l’autoroute 20, près de Rimouski, suivi par le camion d’un ami. Ils s’immobilisent à un feu rouge.
M. Lavoie entend le bruit d'une collision derrière lui. Il voit qu'une partie du camion de son ami est en feu. La cause de l'accident paraît être un carambolage.
S’emparant d’un extincteur, M. Lavoie entreprend d’éteindre les flammes. Il se dirige ensuite vers le camion qui a provoqué l’accident, dont l'avant est en feu. Il y vide un extincteur, puis un deuxième, sans réussir à maîtriser l’incendie.
Des gens crient qu’une femme va brûler à l’intérieur d'une voiture. M. Lavoie y trouve une femme la tête en bas et les pieds vers l’appuie-tête. Elle gémit.
Il retire la ceinture de sécurité de la femme, puis soulève cette dernière et la sort avec précaution du véhicule. La banquette arrière brûle. Autour d’eux, la fumée est noire et des pneus éclatent. Portant la victime, M. Lavoie s’éloigne rapidement.
Respirant difficilement, M. Lavoie s'éloigne encore plus, puis s’accroupit au bord de la route, où il demeure auprès de la victime jusqu’à l’arrivée des ambulanciers.
On devine le sort qui guettait cette dame si Guy Lavoie n'était pas intervenu. Il n’a ménagé ni sa peine ni son courage pour se rendre utile partout où il le pouvait sur la scène de l’accident.
Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
Alain Campeau, de Mont-Laurier
Durant la matinée du 9 avril 2008, dans la résidence pour personnes âgées qu’il possède à Mont-Laurier, Alain Campeau entend l’avertisseur de fumée se déclencher.
Aussitôt, il grimpe au deuxième étage pour demander à son associée d’appeler le 911 et d’évacuer les pensionnaires qui sont dans la cuisine.
Après avoir escorté une résidente jusqu'à l’escalier, M. Campeau dirige les personnes qui sont dehors vers l’immeuble voisin.
Une pensionnaire est vue à sa fenêtre. M. Campeau pénètre dans la résidence par l’escalier de secours. Dans la fumée dense, il parvient à la chambre de la dame et la conduit jusqu’à l’escalier de secours. Il y emmène ensuite sa propre mère.
Mais une femme manque à l’appel. M. Campeau se précipite de nouveau à l’intérieur et va jusqu’à la chambre de la victime en longeant les murs léchés par les flammes. Il finit par la trouver, mais il doit tâtonner pour gagner la sortie avec elle.
Inlassablement et au péril de sa vie, Alain Campeau a pris plus que ses responsabilités afin que toute la maisonnée soit saine et sauve.
Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
Sébastien Gilbert, de Grenville-sur-la-Rouge
Dans une usine de béton à Saint-Eustache, le 13 novembre 2008, Jacques Caron répare la benne de sable. Soudain, le convoyeur qui alimente la benne se met à y déverser du sable. M. Caron se retrouve enseveli des pieds à la tête.
À l’usine de dosage, Sébastien Gilbert s’est aperçu de l’incident. À distance, il stoppe la décharge de sable et appelle M. Caron par radio. N’obtenant pas de réponse, il se rend précipitamment jusqu’à la benne.
M. Gilbert s’allonge et creuse le sable avec ses mains pour dégager le visage de la victime. De sa radio, il demande à un collègue d’arrêter les opérations et de le rejoindre, puis appelle son superviseur. On installe un trépied, auquel M. Gilbert veut attacher la victime pour la tirer du trou. C'est peine perdue. Le superviseur appelle alors le 911.
En attendant les secours, M. Gilbert retire le sable qui recouvre la victime, qu'il dégage jusqu’aux aisselles.
Les pompiers arrivent et extraient M. Gilbert de la benne. Il leur faudra des heures pour dégager M. Caron.
Sébastien Gilbert n’a pas hésité à se jeter dans le sable mouvant. S’il n’avait pas agi rapidement, et avec persévérance et compétence, son collègue n’aurait pas tardé à s’étouffer.
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