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Médailles du civisme
La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.
Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
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Monsieur Frédéric Gauthier
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Frédéric Gauthier de Montréal
Le 4 mai 2010, Frédéric Gauthier, alors qu’en rentrant chez lui, tombe sur un attroupement de gens paniqués criant : au feu !
Voyant qu’un incendie fait rage dans un immeuble à logements de Montréal, M. Gauthier s’approche des lieux et se fait dire qu’un couple, dont l’homme est handicapé, vit dans l’appartement enfumé. Au même moment, il aperçoit au balcon une vieille dame totalement pétrifiée.
Il agrippe la rambarde d’un balcon où est assise la dame. Celle-ci ne réagit plus et la moitié de sa chevelure est noircie. M. Gauthier la soulève, la passe pardessus la rampe du balcon et la confie à un témoin.
Puis, il pénètre à l’intérieur du logement, où la fumée est si dense qu’il doit ramper pour rejoindre la voix qu’il entend. Dans la chambre, un homme handicapé est dans l’impossibilité de se déplacer. Sa conjointe, agrippée aux barreaux du lit, se fait intransigeante : « Je ne veux pas laisser mon mari ici. Je ne veux pas sortir sans lui. »
Frédéric Gauthier a alors la conviction qu’il doit impérativement sauver les deux personnes. Déterminé, il soulève l’homme dans ses bras, empoigne la dame et s’élance dans le corridor. Aveuglé par la fumée, c’est guidé par ses sens qu’il les mènera dehors, hors de danger, tous les deux.
Il retournera dans le logement enfumé pour s’assurer qu’il n’y ait plus personne à l’intérieur.
Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
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Messieurs Jean-François Bernier et Marc Lebel
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JeanFrançois Bernier et Marc Lebel de Port-Cartier
Le 22 juillet 2010, 5 enfants âgés de 7 à 11 ans et accompagnés de leur grand-mère se baignent dans l’eau à la plage de la Baignade, secteur de RivièrePentecôte, municipalité de PortCartier. Les parents, eux, se trouvent sur la plage, à quelques pieds du groupe des baigneurs.
Les gens ont de l’eau à peine au-dessus des genoux lorsque soudainement, un fort courant surgit, les entraînant de force vers le large.
Entendant les cris de détresse des enfants, trois adultes sautent à l’eau et vont à la rencontre de leurs enfants. Nadia Lavoie saisit son fils et le ramène au rivage. Marc Lebel nage environ 400 pieds avant de récupérer 2 fillettes, qui se cramponnent à lui, agitées et nerveuses. M. Lebel arrive à les ramener jusqu’à la plage suivit d'un garçon qui parvient à regagner seul la rive. M. Lebel s'empresse d'appeler le 911.
Jean-François Bernier nage en direction de l’enfant le plus éloigné. Il a du mal à repérer l’endroit exact où il se trouve, puisque l’enfant disparaît constamment sous l’eau. Des vagues de deux à trois pieds s’élèvent.
Lorsque M. Bernier parvient à l’endroit où il croit que l’enfant se trouve, il plonge sous l’eau sombre et froide. À l’aveuglette, il tend les bras. Heureusement, il le retrouve. Mais l’enfant ne respire plus. M. Bernier tente de le réanimer. Après quelques compressions sur la poitrine, l’enfant se remet à respirer.
Tenant fermement le jeune avec son bras droit, M. Bernier entreprend de nager vers la rive. La grand-mère se trouve toujours à l’eau et lorsque M. Bernier arrive à sa hauteur, celle-ci est faible. M. Bernier la saisit donc avec son autre bras. Lui-même épuisé, il décide de ne pas « se battre contre le courant » et se laisse voguer sur le dos quelque temps. Lorsqu’il reprend des forces, il nage à nouveau et atteint la rive. Tous sont sains et saufs.
Peter Durand de Mirabel
Dans la soirée du 19 février 2010, la famille DurandSéreau s’apprête à se rendre à son chalet, sur l’île Carillon, près de SaintAndréd’Argenteuil. Elle doit traverser le lac des Deux-Montagnes, comme à l’habitude, soit en suivant les cabanes de pêche sur la glace.
Ce sont les parents et leur chienne Roxy qui ouvrent la route sur une première motoneige. Ils sont suivis de leurs enfants : Loris, 14 ans, et Peter, 11 ans.
Aux trois quarts du chemin, la première motoneige tombe dans un trou d’eau, avec ses occupants. Loris immobilise la motoneige et se rend rapidement près d’eux. Il tire ses parents d’affaire, ainsi que l’animal de compagnie.
Le père de famille décide alors que le retour se fera en deux temps : l’aîné irait d’abord reconduire ses parents sur l’île; puis, il reviendrait chercher son frère et la chienne. Mais le trio a à peine franchi un autre 100 mètres que la glace cède à nouveau. Le jeune Peter accourt. Il demande où est son père. Épuisé, il avait disparu sous les eaux.
Gardant son sang-froid, Peter détache sa chienne pour lancer la laisse à son frère, qui s’en saisit et s’extirpe de l’eau, alors que Peter tire de toutes ses forces. Puis, Peter demande à sa mère de se rapprocher d’eux, puisque là où elle se trouve, la glace est trop mince pour que les garçons puissent s’approcher. Après plusieurs tentatives, elle réussit à attraper la laisse, que Peter tirera pour mettre sa mère hors de danger.
Ils entameront une longue marche avant d'obtenir du secours.
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Messieurs Jean Laurin, Yves Laurin et Vincent Provençal
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Jean Laurin, Yves Laurin de Saint-Jean-sur-Richelieu et Vincent Provençal de Sutton
Un matin du 21 février 2010, les frères Yves et Jean Laurin, accompagnés de leur neveu Vincent Provençal, pratiquent la pêche blanche sur le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de l’estacade de SainteCatherine. Au loin, deux motoneigistes se promènent jusqu’à ce que soudainement, l’un d’eux disparaisse.
Les trois hommes accourent, mais lorsqu’ils parviennent à quelques mètres du trou d’eau, la glace cède. Yves Laurin se retrouve dans l’eau jusqu’au cou, Vincent Provençal jusqu’à la taille et Jean Laurin jusqu’aux genoux. Malgré tout, ils sont résolus à ne pas laisser la victime se noyer. Une fois sortis de leur fâcheuse position, ils entreprennent de faire une chaîne humaine.
Au compte de trois, les hommes, ainsi que l’ami de la victime, tirent de toutes leurs forces, en se cramponnant aux chevilles les uns des autres. Ils tentent à plusieurs reprises d’extirper la victime. Celle-ci cale sans cesse. Elle est faible, gelée, à demi consciente et lourde, en raison du poids accentué par ses vêtements détrempés. Mais ses sauveteurs n’abandonneront jamais : « Ce soir, tu vas aller souper avec ta famille », assure Vincent Provençal.
Et c’est réellement ce qui se passera. La détermination d’Yves, de Jean et de Vincent permettra à l’homme de rentrer chez lui, et de revoir ses proches.
Danick Lévesque de Montréal
Le 21 février 2010, Danick Lévesque se trouve chez lui, avec sa conjointe Janie HalléBolduc, aux abords de la rivière des Prairies à Montréal, quand une dame frappe à la porte.
Paniquée, elle déclare qu’une personne se trouve dans la rivière et qu’elle dérive dans l’eau. Immédiatement, Mme HalléBolduc appelle le 911, tandis que M. Lévesque enfile ses bottes et s’empare d’un bâton de hockey. Près de la rivière, la victime dérive et seule sa tête émerge de l’eau.
M. Lévesque marche sur la glace, mais rapidement, il constate qu’il doit ramper pour éviter que la glace cède. La victime crie à l’aide et fait d’immenses efforts pour demeurer à la surface. Conscient que le courant menace d’emporter la dame, Danick Lévesque accélère ses manœuvres.
Il tend son bâton à la dame. Elle le saisit et s’y agrippe. Puis, il attire la victime vers lui, se place à genoux devant elle, lui saisit un bras et, de l’autre bras, l’agrippe par la ceinture pour l’extirper de l’eau glaciale.
Sa conjointe vient le rejoindre et ensemble, ils transportent la victime, la soutiennent et l’aident à se rendre sur le lieu où les secours les attendent.
Yves Poirier de Campbell River, Colombie-Britannique
Le 24 décembre 2010, en après-midi, un homme et sa conjointe circulent avec leur motoneige aux abords de la rivière Bell, à Senneterre. La glace cède. Mauvais nageur, l’homme tente désespérément de s’agripper. Comble du malheur, la glace se brise continuellement. Durant plusieurs minutes, il lutte pour s’agripper à un endroit où la glace résiste enfin. Impuissante devant la fragilité de la glace, sa conjointe le supplie de s’agripper, et elle appelle le 911.
De la rive, Yves Poirier remarque qu’une personne est tombée dans un grand trou d’eau. Immédiatement, il se précipite au bord de la rivière. Il saisit la courroie de remorquage que tenait la conjointe de la victime, dit à celle-ci de ne pas bouger et il s’élance.
Sous ses pas, des fissures se forment. Mais au lieu de renoncer, Yves Poirier choisit de ramper. Il tend la courroie, que l’homme à l’eau attrape. Puisque la glace craque toujours sous M. Poirier, il doit se déplacer sur la glace. Après quelques tentatives, ses efforts portent fruit : la victime est sortie jusqu’à la taille. Entre-temps, le père d’Yves Poirier est venu le retrouver. Son père et lui tiendront chacun un bout de la courroie, pour faire une chaîne et arriver, enfin, à extirper complètement l’homme de l’eau, qui a pu passer Noël chez lui, en famille.
Noël est un moment fort de l’année pour les réjouissances en famille. Ces célébrations redoublent sans doute de signification, lorsque l’on vit une expérience comme celle-là.
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Monsieur Marc-Olivier Rioux
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MarcOlivier Rioux de Saint-Jean-de-Dieu
Le 10 février 2010, MarcOlivier Rioux, 12 ans, se trouve avec un groupe d’amis sur la glace d’un lac situé à proximité de l’école primaire du secteur de Cabano. Les enfants suivent une piste de raquette. La surface semble suffisamment solide pour les supporter.
À un moment, MarcOlivier dit à ses amis de regarder, à quelques mètres, un trou dans l’eau. Malheureusement, l’un d’eux s’avance trop près d’un trou. La glace cède et il tombe dans l’eau glaciale. Le fond est boueux et glissant. Il crie à l’aide et se débat. Ses pieds s’enfoncent dans la boue; il n’arrive pas à nager.
Puisqu’ils craignent de subir le même sort, les enfants se précipitent tous hors du lac. Seul MarcOlivier Rioux reste auprès de la victime.
MarcOlivier s’accroupit et ordonne à son ami d’arrêter de bouger pour qu’il puisse l’attraper. Paniqué, ce dernier continue à se débattre. MarcOlivier répète à Frédéric de se calmer, car il ne peut l’atteindre. Cette fois, l'enfant se calme.
Grâce à son courage et à son sang-froid, MarcOlivier tend à nouveau ses bras vers lui et tire de toutes ses forces pour l’extirper de l’eau.
Le duo retrouvera le reste du groupe et tous ensemble, ils rentreront à l’école tirés d’affaire, mais désormais plus conscients de la fragilité de la vie.
Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :
Simon Bernier de Chambly
Le 16 juillet 2010, dans la région du Saguenay–LacSaintJean, cinq pêcheurs montent à bord d’un hydravion. La visibilité étant réduite par un immense brouillard, le pilote doit voler en basse altitude. Il cherche en vain un lac pour se poser. Mais l’engin heurte la montagne, se démembre et immobilise sa course au beau milieu du bois. Le cockpit prend aussitôt feu. Simon Bernier, 15 ans, est le seul à être conscient.
L’adolescent réalise qu’il ne peut déjà plus rien pour le pilote et le passager avant. Cependant, armé de son courage, il brave le feu pour sortir un à un de l’engin son père et l’un de ses grands-oncles. Son père lui demande alors de retrouver son petit frère qui, manifestement, a été éjecté de l’avion. Simon le retrouve parmi la boue et les débris de l’appareil. Il tente de le réanimer, sans succès. Son petit frère Louis, 11 ans, s’éteint dans ses bras.
Simon retourne alors auprès de son père qui, à demi conscient, demande où se trouve son autre fils. En guise de réponse, Simon dépose dans ses mains une photo de famille. Après quoi, son père rend son dernier souffle.
Simon veille ensuite sur son grand-oncle Pierre, le seul autre survivant. Il lui construit un lit de fortune avec des branches d’épinettes, et il attend. Parfois, il entend des ronronnements d’avion au loin. À chaque occasion, il saute sur une des ailes de l’avion et frappe de toutes ses forces pour essayer de se faire voir et entendre. Tenté par l’idée d’aller chercher des secours, il choisit de rester auprès de son oncle jusqu’à l’arrivée des secouristes. Ce n’est qu’en soirée, soit plusieurs heures après l’accident, que Simon voit un premier appareil tenter des manœuvres en vue d’un atterrissage.
La force intérieure et le courage de certaines personnes nous laissent parfois sans mot.
Patrick Grondin de Lévis
Dans l’après-midi du 2 mai 2010, Patrick Grondin se trouve dans la cour arrière chez lui, à Lévis, quand il entend des cris provenant de l’immeuble voisin. Il y voit alors une femme descendre les marches. Elle crie au secours. Derrière elle, son conjoint la poursuit, armé d’une machette.
M. Grondin se précipite dans leur direction. L’homme donne des coups de machette à la femme, accroupie, qui tente de se protéger. Du sang gicle sur les murs.
Parvenu à quelques pieds de l’agresseur, Patrick Grondin enjoint à la victime de se sauver, détournant du même coup l’attention de l’agresseur. En état de choc, la femme comprend qu’elle a une chance. Elle se sauve, mais son conjoint la rattrape et lui inflige de nouvelles blessures.
Patrick Grondin saute alors à la gorge de l’agresseur. Il l’étrangle pendant quelques secondes, tentant ainsi de le maîtriser, et demande aux voisins d’appeler les secours et de s’occuper du bébé du couple, seul dans l’appartement depuis le début de l’altercation.
Les policiers arriveront quelque deux minutes plus tard. La femme a survécu aux durs coups qu’elle a reçus, et son bébé est toujours en excellente santé. L’intervention de Patrick Grondin, un bon samaritain, nous évite de penser à comment aurait pu se terminer cette histoire.
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