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Notes pour une allocution de Madame Linda Goupil, ministre de la Justice, procureure générale du Québec et ministre responsable de la Condition féminine, à l'occasion du Gala de la Fondation de la Tolérance
Montréal, le 13 septembre 1999
La version prononcée prévaut
Mme Louise Arbour, procureure en chef du Tribunal pénal international,
Madame Robillard, présidente du Conseil du Trésor du Canada,
Monsieur Legault, ministre d'État à l'Éducation et collègue,
Messieurs les coprésidents,
Distingués invités,
Chers amis,
Le Québec, on le sait, est une des plus vieilles démocraties en Amérique. Nos institutions parlementaires ont été conçues et érigées par des hommes et des femmes qui portaient haut et fort les valeurs de justice et de respect des droits fondamentaux. Depuis, une richesse incroyable nous parvient d'outre frontières. Des citoyens de tous les pays, de toutes origines et de toutes cultures viennent s'établir sur notre territoire apportant avec eux leur savoir-faire et leur vision du monde. Ce foisonnement de cultures constitue un patrimoine inestimable et est d'un apport indispensable pour apporter des solutions aux problèmes de plus en plus complexes que nous avons à affronter.
C'est dans ce contexte précis de notre évolution comme peuple, et ce dans le cadre du processus d'intégration économique mondiale en cours, que se pose comme défi le respect des droits de l'individu et ceux de la collectivité.
À ce titre, la tolérance est synonyme des valeurs de justice et prend sa source dans la dignité humaine, dénominateur commun qui unit l'ensemble des individus peuplant notre planète. Elle doit se vivre quotidiennement, sans artifice et fausse pudeur. Elle doit s'exercer dans toutes les sphères d'activités, à l'école, au travail et dans nos foyers. L'intolérance mène les peuples au désarroi, les individus à la solitude et attise les dimensions les plus sombres de nos comportements humains, tels la suspicion, la vengeance et la haine.
D'où vient l'intolérance ? De la peur, des préjugés, de la méconnaissance, de l'emphase systématique mise sur les différences au lieu des convergences, de l'oubli volontaire que l'autre, le voisin, le collègue, est aussi un humain, ayant la même volonté d'être heureux et le même désir de faire respecter ses droits. Ce ne sont que quelques facteurs qui peuvent expliquer cette réalité.
C'est pourquoi des initiatives tels la Fondation de la Tolérance sont de toute première importance comme véhicule de sensibilisation auprès des jeunes, qui à l'aube du nouveau millénaire, sont confrontés à des chocs de valeurs qui peuvent dans certains cas, être porteurs de questionnements et de confusion.
La Fondation s'inscrit dans une perspective visant à faire de la promotion de la tolérance une priorité sociétale. Elle mérite notre appui car elle contribue à donner tout son sens aux mots justice, équité et compassion.
À l'instar des intellectuels, des hommes et des femmes politiques, des membres de la magistrature, du monde des arts et de la culture qui façonnent le développement de notre société, l'enrichissent de leurs réflexions, de leurs décisions et de leurs actions, la Fondation contribue à l'amélioration du mieux-être de tous les jeunes Québécois et Québécoises. Je tiens à remercier messieurs Johnson et Goldbloom, madame Malewski et monsieur Bachand pour leur contribution essentielle à la réalisation de ce noble objectif.
Vous êtes, madame, messieurs, des modèles, des références pour tous ceux et celles qui agissent concrètement pour changer les mentalités, évacuer les préjugés et construire, à votre manière, un monde meilleur.
À titre de ministre de la Justice, procureure générale du Québec et ministre responsable de la Condition féminine, mais surtout comme femme, je tiens à souligner ici toute mon admiration à l'endroit de Mme Louise Arbour, qui a démontré au cours des années, sa profonde détermination à combattre de façon constante et avec une conviction implacable les agissements de ceux qui bafouent les droits humains.
À une époque où les relations internationales connaissent de profondes mutations, la voix de cette remarquable avocate n'a pas cessé de se faire entendre pour défendre les laisser pour compte, ces victimes des crimes contre l'humanité, ceux et celles qui ont subi sévices et cruautés par des dirigeants qui s'arrogent le droit de décider de la vie ou de la mort des peuples.
Je suis persuadée que les valeurs d'intégrité, de justice et de tolérance, qui sont les siennes continueront à guider ses réflexions et ses décisions dans le cadre de ses nouvelles fonctions à la Cour suprême du Canada.
Merci.

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Discours, allocutions et communications divers
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