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Ce rapport final fait état des analyses et réflexions du Comité. Il est divisé en trois grands titres : les constats, la nouvelle vision de la procédure civile et les orientations privilégiées.
Il recommande une révision complète de la procédure civile fondée sur une vision nouvelle articulée autour du respect des personnes, la responsabilisation des parties, lintervention accrue du juge, la proportionnalité de la procédure et louverture aux technologies de linformation.
Selon le Comité, il importe que tous les intervenants soient traités avec respect, courtoisie, compréhension et leur dignité préservée notamment par une meilleure information, la limitation des assignations inutiles et le paiement des indemnités auxquelles les témoins ont droit. Il importe également que laccès à la justice soit facilité notamment par la simplification des règles relatives à la computation des délais, à la notification des actes, à lintroduction de linstance, à la surveillance judiciaire, à la sanction de loutrage au tribunal, à la présentation des conclusions principales et provisoires en matière familiale, au bornage, au recours collectif et à lexécution des jugements.
Il importe également selon le Comité, damener le justiciable à prendre conscience de la place primordiale qui lui revient dans le système judiciaire et à le responsabiliser davantage quant à son choix du mode de règlement de son litige, aux démarches quil entreprend et à limportance de ses actions dans linstance notamment en lobligeant à sentendre avec la partie adverse sur un échéancier du déroulement de linstance, respectueux du délai impératif de 180 jours depuis la signification de la demande jusquà linscription, à sentendre sur les moyens préliminaires, les conditions des interrogatoires préalables et la possibilité dune contestation écrite lorsquelle nest pas de plein droit, en lobligeant à produire les pièces le plus tôt possible et en lui offrant la possibilité de participer à une conférence de règlement amiable présidée par un juge et ce, tant en première instance quen appel.
Il importe parallèlement, pour faire en sorte que la justice soit rendue dans des délais et à des coûts raisonnables, dencadrer le déroulement de linstance grâce à une intervention accrue et plus hâtive du juge dans la gestion de linstance notamment pour déterminer les conditions des interrogatoires préalables, déterminer, en labsence dun échéancier convenu, les différentes étapes du déroulement de linstance, décider des moyens propres à simplifier ou accélérer la procédure et à abréger laudition, autoriser ou ordonner la contestation écrite et accorder les autorisations requises.
Il importe selon lui dintégrer dans le code des règles témoignant dun souci constant de contrôler les coûts de la procédure et dinciter à la recherche de la proportionnalité, cest-à-dire à une meilleure adéquation entre la nature et la finalité dune action en justice et les moyens disponibles pour lexercer notamment en limitant lintervention judiciaire aux cas de désaccord entre les parties et à ceux où la nature de la demande nécessite une décision du tribunal, par exemple, linscription en faux et la récusation, en regroupant certaines procédures en une seule étape, en prévoyant que linscription devra être sommaire et accompagnée dune déclaration simplifiée, en supprimant les interrogatoires préalables dans les causes dont la valeur de lobjet du litige nexcède pas 25 000 $ et en conférant au juge le pouvoir de limiter, sur demande, ceux quil juge abusifs, vexatoires ou inutiles, en étendant les possibilités de témoigner par écrit, en prévoyant la possibilité de recourir à un expert commun, en établissant quun mémoire nest pas requis dans les cas dappel dun jugement à interlocutoire, en remplaçant les brefs dexécution et les brefs de saisie avant jugement.
Il importe enfin, toujours selon le Comité, de favoriser lutilisation des technologies de linformation dont la fiabilité peut être assurée notamment pour lenregistrement de certains témoignages, faciliter lobtention de certaines autorisations, échanger et communiquer certains actes de procédure et tenir une audition sans enquête.
Le Comité sinscrit en cela dans les grandes tendances contemporaines avancées par divers rapports produits en France, en Angleterre et ailleurs au Canada et vise létablissement dune nouvelle culture judiciaire dans toute la communauté juridique.
Le Comité souhaite en effet que la révision du Code de procédure civile permette le développement dune nouvelle culture judiciaire dont les premiers bénéficiaires seraient les justiciables eux-mêmes. Il considère à cette fin que lengagement de la Magistrature et du ministère de la Justice dans cette réforme, de même que la participation des avocats et des autres intervenants, sont essentiels, non seulement pour maintenir des services de qualité, mais également pour en permettre lamélioration en faisant en sorte que les délais soient raisonnables et les coûts accessibles. Le Comité croit également que la révision atteindra plus facilement ses objectifs si tous les intervenants collaborent et travaillent à la mise en uvre des changements proposés.
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