Liste des récipiendaires honorés en 2006 (pour les actes de 2004)

Le 13 février 2006, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 25 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2004. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par le ministre de la Justice, M. Yvon Marcoux. Le ministre a alors remis 11 médailles du civisme et 14 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 25 récipiendaires.

 

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 22e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégorie.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Monsieur Jonathan Hudon, de Saint-Jean-sur-Richelieu

Le 30 mars 2004, vers 15 h, Jonathan Hudon vient tout juste d’arriver chez sa conjointe, chemin des Patriotes, à Richelieu, lorsqu’il entend un bruit étrange venant de l’extérieur. Regardant par la fenêtre, il voit une voiture faire un vol plané jusque dans la rivière Richelieu. Il traverse alors en courant le chemin des Patriotes, dévale la pente qui mène à la rivière et saute à l’eau. Le conducteur du véhicule, qui n’est pas attaché, tente en vain de sortir par la porte avant du passager. Il appelle à l’aide pendant que l’auto s’enfonce lentement dans l’eau glacée.

Ne réussissant à ouvrir aucune porte du véhicule malgré plusieurs tentatives à cet effet, Jonathan Hudon demande à Marc-André Ostiguy, un jeune homme qui assiste à la scène, de venir l’aider. Ce dernier réussit finalement à ouvrir la porte du passager. Ensemble, ils extirpent Rémi Mireault de son véhicule et le ramènent sain et sauf sur la terre ferme.

Monsieur Alexi Lareau, de Chambly

Dans l’après-midi du 31 juillet 2004, Alexi Lareau, un bon nageur de 16 ans, se baigne dans des vagues de deux mètres de haut, à 200 mètres au large de la plage Piste-à-Villa, aux Îles-de-la-Madeleine. Marie-Anna Arseneau s’y baigne, elle aussi. Soudain, elle est emportée par une vague à une distance où elle ne touche plus le fond. Réalisant que madame Arseneau est en détresse, le jeune homme nage jusqu’à elle. À contre-courant, il entreprend de la ramener vers le rivage alors que les remous les repoussent vers le large, que les vagues se brisent sur eux et que la marée monte. Alexi se fatigue et doit parfois lâcher madame Arseneau pour souffler. Ayant réussi à s’approcher suffisamment de la plage, ils reçoivent enfin l’aide de quatre personnes, qui font la chaîne pour les ramener sur la terre ferme. En tout, l’aventure d’Alexi Lareau et de Marie-Anna Arseneau aura duré trente longues minutes.

Mesdames Julie Lethiecq, de Mont-Saint-Hilaire et Thérèse Tousignant-Gagnon (à titre posthume), de Sainte-Françoise

Dans l’après-midi du 5 août 2004, vers 14 h, Julie Lethiecq se trouve au chalet de son père, à Deschaillons-sur-Saint-Laurent. Alertée par une jeune voisine qui lui dit que sa grand-mère est en train de se noyer en tentant de sauver son petit frère, madame Lethiecq franchit en courant les cent mètres qui séparent son chalet de la plage. De là, elle aperçoit, à une vingtaine de mètres, le corps de Thérèse Tousignant-Gagnon flottant à la dérive, un petit garçon de 5 ans accroché à lui comme à une bouée.

Julie Lethiecq se lance alors à l’eau tout habillée. Lorsqu’elle parvient à l’endroit où se trouvent les deux personnes en danger, l’enfant s’agrippe toujours au corps de sa grand-mère, qu’il refuse de lâcher. Encouragée par son père, madame Lethiecq saisit le garçon et entreprend de le ramener, ainsi que sa grand-mère, vers la berge. À mi-chemin, à bout de forces et à bout de souffle, elle s’enfonce trois fois sous l’eau. Elle parvient pourtant à détacher l’enfant de sa grand-mère et à prendre pied sur le fond de l’eau. Elle remet finalement l’enfant à son père. Alain Gendron, accouru sur les lieux, plonge à son tour et ramène madame Tousignant-Gagnon sur la rive. Après avoir vainement tenté de la réanimer, on doit constater son décès.

Monsieur Paul Luca, de Montréal

Dans l’après-midi du 6 juin 2004, Paul Luca et son fils pêchent sur un pont surplombant le déversoir d’Hydro-Québec, derrière l’église de la Visitation, à Montréal. Monsieur Luca remarque alors la présence d’un garçonnet de six ou sept ans qui joue, plus bas, près du rivage. En se penchant, le petit tombe à l’eau. Son père saute rapidement à l’eau et le saisit à bras-le-corps. Toutefois, comme le constate monsieur Luca, le père ne sait pas nager, et il éprouve de graves difficultés. Paul Luca dévale alors les trente pieds qui le séparent du rivage, saute à l’eau et saisit l’enfant au moment où le père est aspiré par le courant, très fort à cet endroit. Il tente en vain de le retenir par le bras. L’enfant agrippé à lui, monsieur Luca plonge une première fois pour tenter de sauver le père. Il revient bredouille. Après avoir mis l’enfant en sûreté, il plonge une deuxième fois pour sauver l’homme, mais en vain. Malheureusement, on repêchera le corps de la victime sept jours plus tard dans la rivière des Prairies.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Monsieur Élie Gilbert, de Saint-Frédéric

Le 29 mai 2004, messieurs Ovide Poulin et Élie Gilbert font route vers la Baie James pour y livrer une maison préfabriquée. Ils conduisent chacun un semi-remorque transportant une moitié de la maison. Vers six heures du matin, une voiture percute de plein fouet le camion conduit par monsieur Poulin. Sous la force de l’impact, le camion prend feu et bascule dans le fossé. Bientôt, des flammes envahissent l’habitacle. Bien qu’il soit grièvement brûlé au bras, monsieur Poulin réussit à s’extirper de la carcasse en feu avant de s’écrouler au pied du camion.

Des témoins incitent monsieur Gilbert à ne pas s’approcher vu que le feu fait rage près du réservoir d’essence. Il court néanmoins vers le camion et enjambe le bloc moteur, qui a été arraché sous la force de l’impact. Il rejoint monsieur Poulin, l’agrippe et l’amène à un endroit sécuritaire. Pour son comportement, Élie Gilbert a reçu une décoration de la Gouverneure générale du Canada en juin 2005.

Monsieur Jorge Larrosa, de Montréal

Le 10 septembre 2004, en début d’après-midi, à Montréal, Jorge Larrosa s’apprête à traverser la rue University, coin de la Gauchetière, vers le sud-est. Monsieur Larrosa voit alors une voiture noire arriver à toute vitesse sur la rue University en direction nord. Comme le feu est vert, monsieur Larrosa entreprend de traverser la rue. Devant lui, Penelope Walder fait de même. Le conducteur de la voiture noire décide alors de tourner à gauche sur de la Gauchetière. C’est alors que Jorge Larrosa entend le bruit d’une violente collision. Il constate que la voiture noire a percuté un camion de livraison et qu’elle pivote sur elle-même en suivant une trajectoire qui la mène droit vers eux. Monsieur Larrosa crie à madame Walder de se protéger, mais cette dernière est figée. Il l’empoigne alors par les épaules et la pousse vers le trottoir. Malheureusement, il ne peut éviter le véhicule fou, qui le frappe par-derrière. L’impact le projette dans les airs. Il s’écroule dans la rue. Jorge Larrosa sera opéré pour des fractures au pied, à la cheville et à la jambe gauche. Il sera hospitalisé durant une semaine et demeurera deux mois en convalescence. Depuis, il se déplace avec une canne, et il est possible qu’il en ait besoin pour le reste de ses jours.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Monsieur Patrice Bélanger, de Rivière-Héva

En fin d’avant-midi, le 26 novembre 2004, Patrice Bélanger et sa conjointe, Lorraine Brière, roulent en direction de Rivière-Héva, en Abitibi. Ils aperçoivent soudain de la fumée s’échappant de la porte d’entrée d’une maison située en bordure de la route. Ils dépassent la maison et roulent jusqu’à la résidence de Jean-Marie Côté, à qui ils demandent d’appeler les pompiers, puis se rendent sur les lieux de l’incendie. Patrice Bélanger constate alors que deux jeunes femmes et deux enfants sont sur le perron. L’une des femmes est en état de choc, complètement paralysée, tandis que l’autre hurle qu’un enfant est resté dans le sous-sol.

Patrice Bélanger se lance alors dans la maison, qui est remplie d’une fumée dense. Ayant parcouru une quinzaine de pieds, il est vite aveuglé et étouffé, tant et si bien qu’il doit retourner dehors pour respirer. Il fera deux autres tentatives pour atteindre le sous-sol, mais en vain. À son quatrième essai, il réussira à ramper jusqu’à l’entrée de la cave et à y descendre. Après avoir tâtonné dans la noirceur, il sent des cheveux au bout de ses doigts, puis il touche des vêtements, et enfin un bras. C’est l’enfant. Il se saisit du petit corps, remonte l’escalier en vitesse et sort de la maison, exténué.

Michael, deux ans, est inconscient et gravement brûlé. Patrice Bélanger lui fait la respiration artificielle et un massage cardiaque. Après quelques minutes, le petit reprend peu à peu conscience. Les trois enfants sont ensuite conduits chez une voisine, où ils reçoivent des soins. Le petit Michael sera hospitalisé durant six mois à Montréal pour soigner ses graves brûlures.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Monsieur Byron Russell Duguay, de Kingston (Ontario)

Le 13 mars 2004, à Port-Daniel, en Gaspésie, Byron Russell Duguay est chez son père et regarde avec lui un match de hockey, quand il entend frapper à la porte. Il ouvre et aperçoit sur le palier Bert Dow, le voisin de son père, une carabine à la main. Celui-ci crie « Je vais te tuer ! », puis il tire sur monsieur Duguay père, l’atteignant à l’abdomen. Constatant que son père reste debout, Byron Russell Duguay lui dit d’appeler le 9-1-1 pendant qu’il saisit l’arme de Dow. Dans la bagarre qui s’ensuit, Bert Dow sort un couteau de chasse. Byron réussit à le désarmer. Bert Dow se sauve alors chez lui, et Byron retourne constater l’état de son père, qui est étendu sur le sofa. Arrivés sur les lieux, les secouristes prennent en charge monsieur Duguay père et le transportent à l’hôpital. Il décédera dans la nuit.

Monsieur Rivard Mercier, de Montréal

Peu avant minuit le 10 septembre 2004, Carole Bérard est au lit dans son appartement, à Rosemont, quand son ex-conjoint, Denis Trahan, s’introduit par effraction dans la cuisine. Madame Bérard appelle à l’aide Rivard Mercier, qui se trouve dans une chambre tout près de la sienne. Les deux hommes ont une violente altercation. Pendant la bagarre qui s’ensuit, Carole Bérard appelle la police. Denis Trahan réussit toutefois à prendre la fuite avant l’arrivée des secours. Rivard Mercier, blessé à la lèvre supérieure, est transporté dans une clinique.

Quelques heures plus tard, Rivard Mercier revient à l’appartement. Il est 4 h 38 quand Denis Trahan y pénètre de nouveau. Cette fois-ci, le forcené réussit à se rendre jusque dans la chambre de Carole Bérard et la poignarde à l’abdomen à deux reprises. Venu à sa rescousse, Rivard Mercier reçoit, à son tour, deux coups de couteau dans les côtes avant que Trahan ne prenne la fuite. Monsieur Mercier et madame Bérard seront transportés à l’Hôpital général de Montréal, où ils séjourneront durant deux jours.

Monsieur Alain Parent (à titre posthume), de Laval

Le 27 août 2004, vers 23 h 30, Réjean Royer, propriétaire du camping Lac du Repos, à Saint-Jean-Baptiste de Rouville, s’affaire avec son gendre, Steeve Villeneuve, à déboucher une fosse septique. André Lalonde, un campeur, les aide à stabiliser une échelle pour descendre dans la fosse. Steeve Villeneuve s’y engage et réussit à déboucher la fosse. Une odeur d’acide chlorhydrique extrêmement forte monte immédiatement. Quelques secondes plus tard, Steeve Villeneuve s’affaisse au fond du puisard.

Réjean Royer demande à monsieur Lalonde d’aller chercher de l’aide. Quand ce dernier revient, il constate que monsieur Royer est à son tour tombé dans la fosse. Alertés par les cris de monsieur Lalonde, deux autres campeurs, Sébastien Tremblay et Gino Deroy, accourent sur les lieux. Voulant porter secours aux infortunés, monsieur Tremblay descend dans l’échelle et perd immédiatement conscience. Heureusement, avec l’aide d’André Lalonde, Gino Deroy réussit à le sortir de la fosse et à lui administrer avec succès les techniques de réanimation cardiorespiratoire.

Pendant ce temps, Alain Parent et Marc Potvin sont arrivés. Sans réfléchir au danger, ils descendent eux aussi dans la fosse pour tenter de porter secours au propriétaire et à son gendre, toujours au fond. Tous deux perdent aussitôt conscience. Quatre personnes gisent maintenant au fond du puisard. Peu après, les pompiers arrivent sur les lieux. Difficilement, ils ramènent à la surface les corps de Réjean Royer, de Steeve Villeneuve, d’Alain Parent et de Marc Potvin. Seul Monsieur Potvin survivra à l’accident.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Messieurs Louis Trudeau, de La Présentation et Alain Arsenault, de Sainte-Catherine

Le 27 septembre 2004, Alain Arsenault et Louis Trudeau sont attablés pour dîner à la terrasse d’un restaurant du boulevard Saint-Luc, à Saint-Jean-sur-Richelieu, quand ils entendent un bruit de collision. En se retournant, ils aperçoivent une auto qui vole littéralement dans les airs. Les deux hommes décident d’aller voir ce qui se passe. L’auto accidentée se trouve au fond d’un fossé, et le chauffeur est inconscient. Soudain, une explosion se fait entendre et des flammes jaillissent du capot de la voiture. À quelques reprises, Alain Arsenault et Louis Trudeau tentent d’extirper le conducteur de l’auto mais ils en sont incapables, car celui-ci est lourd, et toujours attaché. Une deuxième explosion se produit et une épaisse fumée blanche pénètre à l’intérieur du véhicule. Monsieur Arsenault s’introduit par la fenêtre du conducteur et parvient à détacher sa ceinture de sécurité. Les deux hommes dégagent la victime juste avant que les flammes n’envahissent l’habitacle. Aidés par des témoins, ils transportent la jeune victime à une cinquantaine de pieds de l’auto en flammes et demeurent à ses côtés jusqu’à l’arrivée des secours.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Monsieur Florin Mircea Deac, de Boucherville

Le 3 avril 2004, Florin Mircea Deac est en train de souper chez lui, boulevard Joseph-Renaud, à Montréal. C’est alors que Vasile Palerma, un voisin, l’informe que de la fumée s’infiltre dans sa salle de bain, et qu’elle semble provenir de l’appartement adjacent au sien. Immédiatement, monsieur Deac monte au deuxième étage où l’attend monsieur Palerma devant le logement d’où vient la fumée. Sa femme étant concierge de l’immeuble, monsieur Deac a un passe-partout, grâce auquel il réussit à s’introduire dans l’appartement. Beaucoup de fumée envahit alors le couloir.

Accroupi à cause de la densité de la fumée, Florin Mircea Deac réussit à se rendre à l’entrée de la cuisine, où il voit des flammes lécher le côté de la cuisinière. Imité par Vasile Palerma, il sort aussitôt chercher un extincteur. Dans le corridor règne une grande agitation : les gens, alertés par l’alarme, courent partout.

Monsieur Deac et son voisin vident leurs extincteurs sur les flammes avant de ressortir, suffoqués par la fumée. Après avoir repris son souffle, monsieur Deac s’introduit une troisième fois dans l’appartement et réussit à ouvrir une porte afin de l’aérer. Il ressort dans le couloir. C’est après être entré une quatrième fois qu’il découvre Claire Lavigne, recroquevillée et inconsciente près des comptoirs de la cuisine. Monsieur Deac parle à la victime, qui gémit. C’est à ce moment que les pompiers arrivent et prennent soin de madame Lavigne.

Messieurs Daniel Gagnon et André Duhamel, de Terrebonne

Le 24 décembre 2004, vers 1 h 30, Daniel Gagnon, un col bleu de Montréal, est en train d’épandre du sel quand il aperçoit une femme blessée, peu vêtue, dans l’escalier d’une maison de la rue Shaughnessy, à Montréal. Constatant qu’un feu s’est déclaré à l’intérieur, il contacte la Ville. Un de ses collègues, André Duhamel, capte l’appel. Comme il fait du déneigement à proximité, il décide de se rendre sur les lieux. Quant à Daniel Gagnon, il entreprend d’évacuer l’appartement voisin du logement incendié. Il crie au feu, mais n’obtenant pas de réponse, il le croit vide.

De son côté, André Duhamel a tenté de s’introduire dans le logement en feu, mais la fumée est trop dense. Il décide alors de monter l’escalier qui mène au-dessus du logement. Sur place, il constate qu’il n’y a pas de porte. Il frappe dans les fenêtres au cas où des occupants seraient restés à l’intérieur. En redescendant, il trouve une porte qui mène à un appartement, celui de Monique Paquette. Après avoir enfoncé la porte, il accompagne madame Paquette à l’extérieur et s’assure qu’elle est en sécurité. C‘est alors qu’arrivent les pompiers. Daniel Gagnon continue d’évacuer le triplex voisin du lieu de l’incendie tandis qu’André Duhamel va chercher les deux chats de Monique Paquette, restés dans son appartement.

Monsieur Richard Gagnon, de Drummondville

Le 9 décembre 2004, vers 21 h 30, Richard Gagnon roule avec sa conjointe rue Notre-Dame, à Drummondville, quand il aperçoit un nuage de fumée qui s’échappe d’un duplex. Rendu sur les lieux, monsieur Gagnon aperçoit sur le perron Benoît Binette, entouré d’un nuage de fumée. Il constate que ce dernier a les cheveux brûlés et que son dos est en feu. Richard Gagnon saisit alors le vieil homme à bras-le-corps et roule par terre avec lui pendant que les fenêtres du sous-sol éclatent sous l’effet de la chaleur.

Ayant mis monsieur Binette en sécurité, monsieur Gagnon demande s’il y a d’autres personnes à l’intérieur du bâtiment. On lui répond qu’une vieille dame vit au deuxième étage. Richard Gagnon revient à l’avant du duplex, gravit l’escalier qui mène au deuxième et tente d’enfoncer la porte fermée à clé quand l’occupante, une dame âgée de plus de 80 ans, la lui ouvre. Monsieur Gagnon aide madame Samson à descendre l’escalier et la met à l’abri. Les pompiers et les policiers arrivent une dizaine de minutes plus tard.

Monsieur Patrick Larivière, de Saint-Mathias-sur-Richelieu

Le 10 mars 2004, en fin de journée, Patrick Larivière termine son quart de travail lorsqu’il aperçoit un homme debout sur la benne d’un camion qui transporte du goudron. Quelques secondes plus tard, un sifflement se fait entendre, suivi d’une énorme explosion. Monsieur Larivière voit alors une boule de feu s’élever à une vingtaine de pieds au-dessus du camion. L’homme qui se trouvait au sommet de la benne s’est transformé en torche humaine, et il est projeté au sol. Après avoir demandé qu’on appelle le 9-1-1, Patrick Larivière se précipite vers lui. À son arrivée, des flammes de deux à trois pieds dévorent la victime.

Patrick Larivière recouvre le malheureux de son manteau et lui dit de se rouler par terre pour étouffer les flammes. Une fois le feu éteint, il constate que la victime a la tête et les bras noircis par le goudron fumant, les jambes blanchies par la chaleur et les vêtements brûlés. Un policier arrive sur les lieux et prend la situation en main. Tombée dans le coma à son arrivée à l’hôpital, la victime est décédée 13 jours après l’accident. Monsieur Larivière lui a rendu visite à l’hôpital à quelques reprises.

Monsieur Régis Lévesque, de Neufchâtel

Le 23 avril 2004, vers 14 h, Régis Lévesque, débosseleur de son métier, travaille dans son garage lorsqu’il entend un bruit d’explosion. Il se précipite à la fenêtre juste à temps pour voir une partie de la maison voisine s’effondrer dans un nuage de poussière. Il crie à ses collègues d’appeler le 9-1-1 avant de se précipiter dehors. Une femme, en état de choc, l’informe qu’il y a un homme au deuxième étage. Au même instant, des flammes apparaissent dans la toiture et dans le haut des murs de la résidence. 

C’est à ce moment qu’il aperçoit Daniel Guay, debout, l’air hagard, dans l’encadrement de la porte qui donne maintenant sur le vide, le balcon et l’escalier ayant disparu dans l’explosion. Monsieur Lévesque ne sait pas comment il a fait, mais il a réussi à grimper jusqu’à monsieur Guay. Il l’a agrippé, l’a fait basculer sur son épaule et l’a descendu à l’abri. Quelques secondes plus tard, toute la maison était en flammes. Il ne devait rien rester du bâtiment.

Monsieur Jonathan Papineau, de Saint-Gabriel-de-Brandon

Dans l’après-midi du 6 août 2004, Jonathan Papineau se trouve chez lui, à Saint-Gabriel-de-Brandon, lorsqu’il constate que de la fumée s’échappe de la résidence pour personnes âgées Second Bonheur. Il court jusqu’à la maison et tente d’y pénétrer par une porte latérale. Un nuage de fumée lui saute aussitôt au visage et le contraint à se rendre devant le bâtiment. Il y trouve une préposée aux bénéficiaires, paniquée, qui l’informe que des personnes sont restées à l’intérieur.

Jonathan Papineau entre et ressort vite, une vieille dame à son bras. Il entre une seconde fois. Comme la fumée est à quatre pieds du sol, il doit longer le couloir en position accroupie. Il voit un homme qui tente de sortir de l’édifice par une fenêtre. Il le pousse à l’extérieur. Monsieur Papineau, suffoquant, doit alors ressortir. Dehors, il demande à un passant de l’aider. Pour une troisième fois, il s’introduit dans la résidence en compagnie du passant. Maintenant, les deux hommes doivent ramper, car la fumée est près du plancher. Jonathan Papineau frappe aux portes qu’il réussit à repérer, mais n’obtient aucune réponse. L’incendie progressant, les deux hommes doivent quitter les lieux. Sitôt à l’extérieur, monsieur Papineau tente de pénétrer une quatrième fois dans la résidence par une porte arrière. La fumée et la chaleur le contraignent toutefois à renoncer. Constatant alors que d’autres chambres se trouvent au sous-sol, il frappe aux fenêtres. Malgré ses efforts, deux personnes ont trouvé la mort dans cet incendie.

Messieurs Stéphane Poitras, de Brossard et Ron Taylor, de Greenfield Park

En se rendant à son travail dans l’avant-midi du 19 mai 2004, Ron Taylor constate que des flammes sortent du sous-sol du 6030, rue Alphonse, à Brossard. Il demande aussitôt à un passant, Stéphane Poitras, d’appeler le 9-1-1. Peu après, une voiture s’immobilise devant le triplex. Criant « Maman ! Maman ! », la conductrice informe messieurs Poitras et Taylor que sa mère vit au deuxième étage. Ron Taylor et Stéphane Poitras gravissent alors rapidement les marches qui mènent au second étage. Monsieur Taylor enfonce la porte, pendant que Stéphane Poitras reste en communication avec le 9-1-1. Ron Taylor aperçoit devant lui une vieille dame, tenant son sac à main sous le bras. Il l’empoigne par la taille et l’entraîne à l’extérieur. Les deux hommes prennent la dame dans leurs bras et redescendent l’escalier. Les pompiers arrivent peu de temps après et prennent la situation en main.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Madame Lucie Bélanger, de Québec

Le 9 août 2004, après sa journée de travail, Lucie Bélanger sort son chien pour le faire courir derrière chez elle. Elle entend soudain des cris venant de chez son voisin, Christian Dussault, avant de voir apparaître ce dernier complètement affolé, poursuivi par un homme armé d’un couteau. Monsieur Dussault dit à madame Bélanger que l’homme a « piqué » sa conjointe, Sophie Lévesque. Madame Bélanger crie alors à son conjoint d’appeler le 9-1-1 et part retrouver Sophie Lévesque, qui gît sur la pelouse, devant la maison. Au moment où elle tente de lui venir en aide, l’agresseur surgit et tente d’agripper madame Lévesque. C’est alors qu’il échappe son couteau. Lucie Bélanger s’en saisit et le lance au loin. Après s’être réfugiées dans la maison, Lucie Bélanger et Sophie Lévesque verrouillent la porte, puis se barricadent dans une chambre. Elles s’y trouvent toujours quand on les informe que l’agresseur a été arrêté. Le calme et le sang-froid de Lucie Bélanger ont probablement sauvé la vie de Sophie Lévesque.

Monsieur Germain Couture, de Thetford Mines

Le 3 février 2004, en fin de soirée, Germain Couture, Clément Labonté et Dominique Brousseau travaillent au niveau 206 de la mine Agnica Eagle, à Preissac, en Abitibi-Témiscamingue. Messieurs Brousseau et Labonté s’affairent à bourrer d’explosifs des trous forés à cette fin. Quant à monsieur Couture, il fait du rangement. Soudain, on entend une très forte déflagration. Clément Labonté reçoit une lourde plaque de fer sur le côté de la tête et meurt sur le coup. Blessé, Dominique Brousseau appelle à l’aide. Germain Couture se rend aussitôt près de lui en dépit des émanations toxiques dont l’air est saturé. Comme monsieur Brousseau peut encore marcher malgré ses blessures, les deux hommes se rendent près d’une bouche d’aération. Finalement, ils réussissent à remonter à la surface. Monsieur Couture a reçu la Médaille de la bravoure de la Gouverneure générale du Canada en février 2005 pour son comportement envers Dominique Brousseau.

Monsieur Michel Talbi, de Montréal

À 4 heures dans la nuit du 4 octobre 2004, à Montréal, Maude Pelletier est réveillée par des cris d’enfants provenant de l’appartement situé au-dessus du sien. Elle demande à son mari, Michel Talbi, d’aller voir ce qui se passe. Dehors, celui-ci découvre la fille de son voisin en larmes, du sang sur les mains.

La porte du logement étant fermée à clé, il doit l’enfoncer. Il arrive alors sur la scène d’une bagarre entre son voisin et le frère de ce dernier. Monsieur Talbi se jette sur son voisin pour le maîtriser, et le confie à la garde de son frère. Ce dernier lui demande d’aller voir dans la chambre du fond. Monsieur Talbi y trouve une femme d’une cinquantaine d’années, baignant dans son sang, mais toujours vivante.

Michel Talbi examine la femme : il compte sept blessures, dont une très importante à la carotide et une autre à l’arrière du crâne. Jointe par téléphone, la téléphoniste du 9-1-1 lui donne des directives pour qu’il puisse tenter de sauver la victime. Elle lui conseille ensuite d’attendre les secours. Deux policiers arrivent finalement sur les lieux et prennent la situation en main. Ils arrêtent le voisin de monsieur Talbi. La dame succombera à ses blessures le matin du 4 octobre 2004.

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