Liste des récipiendaires honorés en 2008 (pour les actes de 2005)

Le 3 novembre 2008, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 17 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2005. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par le ministre de la Justice, M. Jacques P. Dupuis. Le ministre a alors remis 9 médailles du civisme et 8 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 17 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 23e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégories.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Monsieur Éric Girard, de Drummondville

Le soir du 6 août 2005, Éric Girard et Marilou Rodier partent en motomarine sur le lac Saint-Jean. Ils sont assez loin de la rive lorsque le moteur tombe en panne et refuse de redémarrer. M. Girard essaye alors différentes solutions afin de ramener l’embarcation au rivage, mais toutes échouent. Ne disposant pas de fusée de détresse, M. Girard et Mme Rodier se résignent à passer la nuit à la belle étoile.

Avant l’aube, le vent se lève et des vagues de six pieds font chavirer l’embarcation. Les naufragés, qui portent leur veste de sauvetage, commencent à nager vers une lueur aperçue au loin. Quand Mme Rodier perdra connaissance, Éric Girard continuera à nager en la tirant pendant quatre longues heures. Au matin, des forestiers entendent ses sifflements et portent aussitôt secours aux deux jeunes. L’événement aura duré une douzaine d’heures. Il était moins une pour sauver Mme Rodier.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Messieurs Brett Gaisford et Gilles Rochon, de Mont-Tremblant, et Rémi Martel et Stéphane Valade, de Sainte-Agathe-des Monts

Le 27 mai 2005, sur la route 117 Sud, un camion-remorque fait plusieurs tonneaux, percute et enjambe le parapet, pour s’immobiliser à moitié dans les airs. Deux hommes qui suivaient le véhicule accourent aussitôt.

Alors que le feu fait rage sous le capot et dans la cabine, les deux sauveteurs tentent de dégager le chauffeur. Mais un retour de flamme les oblige à lâcher prise. À ce moment arrivent sur les lieux trois hommes, qui essaient à leur tour de délivrer le conducteur. Sans succès. Les sauveteurs constatent alors qu’une des jambes du chauffeur est coincée. Dans un ultime effort, ils réussissent à sortir la victime du camion et à l’éloigner, quelques secondes avant que le camion n’explose.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Messieurs Jean-Paul Pepin et Pierre Vermette, de Trois-Rivières

La nuit du 14 janvier 2005, deux monteurs de lignes, Jean-Paul Pepin et Pierre Vermette, répondent à un appel d’urgence à la suite de la chute d’un poteau, à Pointe-du-Lac. Ils sont à peine arrivés qu’une forte déflagration arrache la devanture d’une boulangerie, au-dessus de laquelle se trouvent des logements.

Malgré le feu qui se propage, M. Pepin se précipite au deuxième étage d’où il aide une femme gravement brûlée à sortir. À deux reprises, il retourne dans le brasier par l’escalier sur le point de s’effondrer, et sauve deux autres personnes. Ensuite, il conduira des sinistrés en lieu sûr. De son côté, M. Vermette porte secours à une femme en proie aux flammes et la confie aux ambulanciers. Puis, il aide les pompiers à évacuer les lieux. Pendant plusieurs heures, bravant le feu et la fumée, Jean-Paul Pepin et Pierre Vermette travailleront d'arrache-pied pour aider les pompiers à sécuriser les lieux.

Monsieur Danny Portelance, de Joly

Le 16 janvier 2005, Danny Portelance et sa conjointe remarquent de la fumée sortant des bouches d’aération de leur appartement, à Saint-Nicolas. Ils habitent au sous-sol de la résidence de Daniel Marchand, un homme handicapé et corpulent qui se déplace en fauteuil roulant. Or, ce dernier est en train de se hisser dans l’escalier pour chercher son chien. Pendant que la conjointe de M. Portelance appelle les pompiers, celui-ci tente de joindre M. Marchand pour le convaincre de redescendre. Mais la fumée épaisse l’oblige à rebrousser chemin.

Un chandail mouillé sur le visage, Danny Portelance s’y prendra à trois reprises, dans la chaleur suffocante, avant d’atteindre le haut des marches. Il y trouve M. Marchand, encore conscient, mais confus, et le traîne dans l’escalier jusqu’à son appartement. À ce moment arrivent les pompiers.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Monsieur Patrick Marchand, de Québec

Dans la soirée du 14 juillet 2005, Patrick Marchand roule à vélo, à Vanier. En approchant d’une voie ferrée, il entend siffler le train. C’est alors qu’il aperçoit sur ladite voie une femme recroquevillée, par terre, à côté de son fauteuil roulant électrique. Tandis que le train s’approche, M. Marchand se précipite vers Céline Chabot et la sort de sa fâcheuse position. Il n’a pas fait quelques pas que le train percute le fauteuil roulant et le propulse à plusieurs mètres. M. Marchand dépose Mme Chabot en sécurité. Elle a subi un choc, mais n’est pas blessée.

Des débris, il retire les effets personnels de la victime et les lui rapporte. Auprès d’elle, Patrick Marchand attend l’arrivée des secours. Il ne quittera les lieux qu’après être rassuré sur l’état de Mme Chabot. Celle-ci doit la vie à la rapidité avec laquelle il a agi.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Monsieur Jacquelin Boivin, de Jonquière

Le 24 septembre 2005, Jacquelin Boivin et sa fille Stéphanie circulent en VTT dans une zec du Saguenay-Lac-Saint-Jean, suivis par Carolle Lavoie, qui conduit un autre VTT. Sur le chemin, le véhicule de Mme Lavoie accroche un tuyau. C’est assez pour la faire basculer dans le marais, sous son quatre-roues.

M. Boivin envoie Stéphanie chercher de l'aide et se jette à l’eau très froide et sombre. Il ne réussit à localiser la victime que lorsqu’il voit une main sortir de l'eau. Il l'agrippe, mais la victime est coincée sous son véhicule. Alors, il consacre tous ses efforts à soulever et retourner le quatre-roues, et réussit à dégager Mme Lavoie. Elle est mal en point, mais consciente. Ils sortent finalement de l’eau, épuisés et transis. Lorsque Stéphanie revient enfin avec des secouristes, Jacquelin Boivin aura eu le temps de retirer le VTT du marais afin de prévenir un déversement d'essence.

Monsieur Louis-Jean Boucher, de Laval

Le 28 janvier 2005, vers 4 h, Louis-Jean Boucher et sa conjointe sont réveillés par des appels à l’aide. Il y a un homme dans les eaux glaciales de la rivière des Prairies, derrière leur résidence.

M. Boucher sort à demi vêtu, un câble à la main. Descendu sur la glace, au risque de sa vie, il entreprend de se rapprocher du malheureux tout en lui prodiguant des encouragements. Après plusieurs tentatives, ce dernier réussit à saisir le câble et à l’enrouler autour de lui. Avec l’aide de sa conjointe, M. Boucher tire l’homme hors de l’eau et l’amène jusqu’à la terrasse. M. Boucher plonge la victime dans son spa, afin de la réchauffer jusqu’à l’arrivée des secours.

Par sa présence d’esprit, sa rapidité et son habileté, Louis-Jean Boucher a sauvé la vie de cet homme en détresse.

Monsieur Dany Lévesque, de Cabano

Le 31 décembre 2005, Dany Lévesque arpente en VTT la surface gelée du lac Témiscouata. Son fils et deux amis l’accompagnent. Tout près de là, Romuald Lord se débat dans les eaux glacées.

Le groupe a entendu l’appel au secours. Relié à ses compagnons par un câble, M. Lévesque marche puis rampe sur la glace pour parcourir les 300 pieds qui le séparent de la victime. Arrivé à proximité, il lui lance le câble, mais M. Lord ne peut l’attraper. Prenant des risques, M. Lévesque le rejoint et lui passe le câble sous les bras. Avec difficulté, ses compagnons réussissent à hisser l’homme hors de l’eau, puis ils le ramènent sur la rive. Le groupe est accueilli dans un chalet, où M. Lord recevra des soins avant l’arrivée des ambulanciers.

Sans l’intervention de M. Lévesque, il n’aurait pas vécu la nouvelle année.

Madame Geneviève Mineau-Proulx, de Prévost

Le 29 juillet 2005, Geneviève Mineau-Proulx pique-nique avec ses parents sur une plage de Percé. L’endroit est désert, à l’exception d’un groupe de quatre personnes.

Une femme de ce groupe, Lise Dumont, entre dans l’eau et s’éloigne du bord. Mme Mineau-Proulx remarque bientôt que la femme commence à s’agiter. Constatant que le courant a commencé à déporter la victime, elle se jette à l’eau et nage vers Mme Dumont. Les vagues sont hautes, le courant fort. Mme Mineau-Proulx rassure la victime, à bout de résistance. Puis, la saisissant sous les épaules, elle la retourne sur le dos.

Elle nagera jusqu’à la rive en soutenant Mme Dumont à bout de bras. Le père et le frère de la victime aident Geneviève Mineau-Proulx à l’amener sous le parasol. L’événement n’aura heureusement pas laissé de séquelles.

Monsieur Mario Poirier, de Saint-Barthélémy

Le 30 mars 2005, à Joliette, Mario Poirier et un cousin apprennent par la radio que quelqu’un, sur le pont des Dalles, veut sauter dans la rivière l’Assomption. Les deux hommes se précipitent sur les lieux au moment même où Gaétan Majeau se jette à l’eau.

Deux policiers arrivent. On voit la victime sortir de l’eau. M. Poirier saute sur la grève et tente de dissuader M. Majeau de replonger, mais c’est peine perdue. Le désespéré se jette à nouveau à l’eau. Il ignore la bouée qu’un policier lui lance. À plusieurs reprises, il cale et remonte à la surface. M. Poirier tente de l’agripper, sans y parvenir. D’autres tactiques se révèlent aussi infructueuses. La victime est, malheureusement, emportée par le courant. On retrouvera son corps trois semaines plus tard, tout près du domicile de Mario Poirier.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Monsieur Raynald St-Onge, de Boucherville

Le 6 mai 2005, André Lussier et son fils Daniel roulent à Boucherville, lorsqu’une voiture vient vers eux… dans leur voie. Daniel ne réussit pas à l’éviter, elle les frappe de plein fouet. Sa voiture fait un tonneau, percute un poteau et s’immobilise devant le domicile de Raynald St-Onge. Les occupants de l’autre voiture s’enfuient.

M. St-Onge, qui travaille dehors, a entendu le bruit. Remarquant la fumée qui s’échappe de la voiture des Lussier, il accourt tout en contactant le 911. Le feu progresse à l’avant du véhicule. Après avoir demandé à un voisin d’aller chercher un extincteur, M. St-Onge saisit André Lussier sous les bras et réussit à l’extraire du véhicule, malgré une jambe coincée. Daniel peut alors sortir. Mais il ne restera rien de son véhicule.

Tant les Lussier que M. St-Onge ont gardé des séquelles de l’incident.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Monsieur Daniel Parent, de Ville-Marie

Dans la nuit du 13 juillet 2005, à Duhamel-Ouest, Daniel Parent, en visite chez son père, entend des râlements. Il se lève. Des flammes sortent de dessous la porte de la chambre de son père. Il défonce la porte et, à travers la fumée épaisse, trouve son père couché par terre, conscient, mais très souffrant. Le feu a envahi la pièce, la chaleur est extrême et la victime a subi de sévères brûlures. M. Parent saisit son père par les aisselles et le tire jusqu’à l’extérieur de la maison. Il y retourne récupérer son téléphone pour appeler les secours. À peine est-il ressorti que le toit de la maison s’effondre.

Lorrain Parent décédera le lendemain. Quant à Daniel, s’il a subi des brûlures au visage, il est surtout marqué par des séquelles psychologiques.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Monsieur Sébastien Benoit, de Terrebonne

Le 15 août 2005, à l’aéroport de Mascouche, le pilote Sébastien Benoit embarque un jeune homme pour un tour d’avion. Alors que le Cessna a gagné de l’altitude, M. Benoit remarque que son passager essaie d’ouvrir la porte de l’avion pour sauter.

M. Benoit saisit son bras et tente de le raisonner. Tout en cherchant un endroit où se poser, il incline son avion et pousse la vitesse au maximum de façon à compliquer la tâche de son passager. Piloter l’avion et contrôler en même temps un passager déterminé au pire est une opération ardue et risquée. Sébastien Benoit réussira pourtant à atterrir à l’aéroport de Mascouche. Le sang-froid dont il a fait preuve aura sauvé deux vies.

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