Liste des récipiendaires honorés en 2008 (pour les actes de 2006)

Le 3 novembre 2008, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 25 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2006. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par le ministre de la Justice, M. Jacques P. Dupuis. Le ministre a alors remis 16 médailles du civisme et 9 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 25 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 23e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégories.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Madame Geneviève Bergeron-Collin, de Verdun

Le soir du 19 octobre 2006, Geneviève Bergeron-Collin promène son chien à Verdun, sur la piste longeant le Saint-Laurent. Un homme la prévient qu’il a vu une personne dans le fleuve. Mme Bergeron-Collin attache aussitôt son chien à un poteau et s’avance sur le quai. À une quarantaine de mètres, une personne flotte dans l’eau, la tête immergée.

Immédiatement, elle enlève manteau, chandail et souliers, plonge dans l’eau très froide et nage jusqu’à la victime. Celle-ci, une femme, est inconsciente. La saisissant par les épaules, Mme Bergeron-Collin va la tirer à bout de bras sur 25 mètres jusqu’à la rive, en nageant seulement à l’aide de ses seules jambes afin de lui maintenir la tête hors de l’eau. Une autre dame vient l’aider à sortir la victime de l’eau. En l’étendant par terre, elles observent avec soulagement qu’elle respire. Les secours ne tardent pas.

Sans l’acte de bravoure de Geneviève Bergeron-Collin, la victime perdait la vie.

Monsieur Réjean Gignac (à titre posthume), de Québec 

Le 24 décembre 2006, à Saint-Alban-de-Portneuf, Réjean Gignac, son épouse Francine, sa fille Stéphanie, de 21 ans, et un ami arpentent un sentier escarpé surplombant la rivière Sainte-Anne. Stéphanie perd pied et dévale la falaise. Elle tombe dans l’eau, mais réussit à s’accrocher à un bloc de glace. Son père Réjean, qui ne sait pas nager, se lance pour la secourir. Dans l’eau glacée, il perd connaissance et le courant l’emporte.

Toujours cramponnée à la glace, Stéphanie sent ses forces la quitter et appelle au secours. Elle a très froid et ne sent plus ses jambes. Un jeune homme arrive, muni d’une corde qu’il lui lance. Après quelques tentatives, Stéphanie parvient à l’attraper, mais, trop gelée, n’arrive pas à l’enrouler autour de son corps. Au bout d’une vingtaine de minutes, ne tenant plus, Stéphanie lâche prise et disparaît à son tour dans la rivière.

Monsieur Noureddine Touati, de Saint-Léonard

Le 16 avril 2006, Noureddine Touati est en voiture avec un ami, à Laval. Un homme leur fait des signes : il vient d’apercevoir quelqu’un dans la rivière des Prairies. M. Touati court à la rivière; son ami appelle les secours. Dans l’eau, la victime cale et remonte plusieurs fois. Emportée par le courant, elle s’éloigne rapidement. M. Touati se déshabille et se jette à l’eau, très froide. Se battant contre le courant très fort, il lui faudra 10 minutes pour parvenir jusqu’à la femme. Comme elle est inconsciente, il la retourne sur le dos, lui prend la main et entreprend le retour en nageant d’un seul bras. Le trajet est ardu et périlleux, car, en plus d’avaler beaucoup d’eau, M. Touati doit sans relâche lutter contre le courant.

Après 20 minutes, lui et la victime sont sur le rivage. N’eussent été la bravoure et la détermination de Noureddine Touati, la femme aurait sombré.

Monsieur Éric Turgeon, de Lévis

Le 1er juin 2006, sur la grève du Saint-Laurent, à Lévis, Éric Turgeon entend crier. À cinquante mètres, une chaloupe vient de se renverser; deux hommes s’y cramponnent. M. Turgeon se lance à l’eau, suivi d’une femme qui a offert son aide. Arrivé le premier, M. Turgeon se sert d’une rame pour remorquer une victime. Son accompagnatrice, par contre, éprouve des difficultés en essayant de ramener l’autre victime. Agrippés l’un à l’autre, les deux coulent. Seule la femme émerge. Épuisée, elle regagne la rive.

Une fois la première victime en sécurité, M. Turgeon retourne chercher l’autre, immergée depuis trois minutes. Il trouve l’homme sous l’eau, inconscient, le remonte à la surface, puis le ramène à terre. Ses manœuvres de respiration artificielle restent sans effet. Les victimes sont emmenées à l’hôpital, où est constaté le décès de la deuxième.

Grâce à son cran, Éric Turgeon a sauvé une vie.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Monsieur Yvon Doyon, de Saint-Jules

Le 22 mai 2006, Yvon Doyon et son beau-frère gravissent une côte dans la camionnette de ce dernier, à Saint-Frédéric. Ils ont à peine le temps de voir l’automobile qui arrive sur eux : la collision frontale est instantanée.

Sous l’impact, la camionnette verse sur le toit. Le beau-frère meurt sur le coup. Dès qu’il a repris ses esprits, M. Doyon enjambe le corps et sort par la portière du conducteur. Dans l’auto, il trouve deux jeunes garçons, apparemment blessés. Un incendie s’est déclenché. M. Doyon tente de l’éteindre, mais ne parvient qu’à l’attiser. Alors, par les portes arrière, il s’applique à extraire, l’un après l’autre, les deux garçons. Après les avoir transportés à l’abri, il part chercher du secours.

Un des jeunes hommes succombera à ses blessures. Pour sa part, M. Yvon Doyon a surtout vécu des émotions très fortes. Mais son dévouement aura sauvé la vie d’une personne.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Madame Khaira Akif, de Montréal

La nuit du 7 septembre 2006, à Montréal, Mme Khaira Akif dort avec ses enfants, Majda, 11 ans, et Sami, 7 ans. Réveillée par une odeur de fumée, elle s’avise qu’un incendie fait rage dans le couloir.

Immédiatement, elle se dirige vers une autre chambre dont elle ouvre la fenêtre. Alors que le feu progresse dans le couloir, elle revient réveiller Majda, l’emmène jusqu’à la pièce dont la fenêtre est ouverte et la lance du deuxième étage. Le feu fait maintenant rage dans le couloir, mais Mme Akif franchit sans hésiter le mur de feu pour chercher Sami. Elle le serre et l’entoure pour le protéger des flammes, alors que ses propres vêtements brûlent. Après avoir lancé son fils par la fenêtre, elle saute enfin. Des voisins, accourus, s’activent à éteindre le feu qui la ravage. Quand elle constate que ses enfants sont sains et saufs, elle s’évanouit.

L’événement n’a duré que trois minutes, mais c’était assez pour que Khaira Akif, gravement brûlée, en conserve de douloureuses séquelles. Grâce à son héroïque abnégation, la famille a survécu.

Monsieur Jean Brière et madame Carole Lévesque, de Sainte-Christine-d'Auvergne 

Le soir du 3 décembre 2006, circulant à Portneuf, le couple Jean Brière et Carole Lévesque aperçoit des flammes s’échapper d’une résidence pour personnes en perte d’autonomie. Le couple fonce.

M. Brière pénètre dans le salon enfumé, où sont rassemblées des personnes paniquées. Un homme très âgé gît à terre. M. Brière le soulève et le transporte jusqu’à son auto. De son côté, Mme Lévesque est montée à l’étage, atteint par les flammes et rempli de fumée. Elle crie pour avertir les gens qui s’y trouveraient, quand une porte s’ouvre sur un homme effrayé. Mme Lévesque s’élance à travers la fumée, agrippe l’homme et l’aide à descendre l’escalier. Puis, elle remonte à la recherche d’autres résidants, mais le feu a tellement gagné en intensité qu’elle doit battre en retraite. Elle et son conjoint escortent les victimes jusqu’aux autos. Ensuite, M. Brière retourne au rez-de-chaussée, alors que les flammes descendent l’escalier et que les vitres éclatent. Il défonce toutes les portes. N’ayant trouvé personne, il sort attendre avec sa conjointe l’arrivée des secours.

Par leur généreuse intrépidité, Jean Brière et Carole Lévesque ont certainement sauvé plusieurs vies.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Madame Lydia Angiyou, d'Ivujuvik

Le 8 février 2006, Lydia Angiyou marche à Ivujivik, au Nunavik, suivie de son jeune fils et de deux autres enfants. Près de son fils surgit un gros ours polaire. Mme Angiyou se lance vers l’animal en criant, tandis que les enfants courent au village. Mais l’animal veut les suivre. Au péril de sa vie, Mme Angiyou se campe devant lui. Furieux, il l’attaque en la griffant au visage. Alors, elle se couche à terre et, avec ses jambes, frappe de toutes ses forces l’ours au visage. Elle s’évanouit.

Lorsqu’elle reprend connaissance, l’ours lui lèche le visage et la tient entre ses pattes. Arrive un chasseur du village, alerté par un enfant. Après quelques coups de semonce sans effet, il abat l’ours.

Les blessures subies par Lydia Angiyou sont sans gravité. Afin que les enfants soient épargnés, elle a délibérément mis sa vie en danger.

Messieurs Yves et Kevin Lalande, de Sept-Îles 

Le 5 septembre 2006, à Sept-Îles, Yves Lalande, sa conjointe et son fils Kevin s’apprêtent à dîner, quand des cris montent de l’étage en dessous. M. Lalande et sa conjointe se précipitent à l’appartement d’Isabelle France. La porte est ouverte, et un homme massif tente d’étrangler Mme France, qui saigne.

Kevin arrive et approche l’agresseur par-derrière. Il le martèle de coups de poing, mais l’agresseur le repousse. Son père prend alors un extincteur pour frapper l’individu, jusqu’à ce que celui-ci lâche Mme France. Celle-ci en profite pour fuir. L’agresseur n’attend pas son reste et se sauve par une fenêtre. Les policiers arrivent; ils le rattraperont plus loin.

Alors que Kevin s’est remis de l’événement, Yves Lalande en a été très éprouvé, au point d’arrêter de travailler. Mais la bravoure du père et de son fils a permis à une femme d’échapper à un triste sort.

Monsieur Gabriel Lamarre-Langlois, de Verdun

L’après-midi du 5 octobre 2006, à Lachine, à l’appartement de sa belle-mère, Gabriel Lamarre-Langlois entend des cris de détresse. Il va au balcon et voit Jason Green, le fils d’une locataire du rez-de-chaussée, attaquer sa mère sur leur balcon. Il accourt au lieu du drame, en criant à l’agresseur de lâcher sa victime. Il y a du sang partout sur le balcon. Voyant M. Green poignarder sa mère, il appelle le 911. L’agresseur le menace alors.

Armé d’un parasol qu’on lui a passé, Gabriel s’efforce d’éloigner l’agresseur. La situation se corse lorsque M. Green tente de trancher la gorge de sa mère. Un voisin lance alors un bâton de baseball à Gabriel. Avec cet accessoire, il parviendra, après une chaude lutte, à contenir l’agresseur jusqu’à l’arrivée des policiers.

Le courage et la ténacité de Gabriel Lamarre-Langlois ont empêché un meurtre.

Messieurs Dennis et Gian Millette, de Surrey (Colombie-Britanique) 

Le soir du 24 juin 2006, dans une maison de Dollard-des-Ormeaux, un homme attaque ses beaux-parents au couteau. Le beau-père, légèrement blessé, se sauve de la maison.

Gian Millette et son père Dennis, qui habitent une maison voisine, entendent des cris. Ils décident d’aller vérifier et, en chemin, voient le beau-père venir à leur rencontre. Mis au courant, les Millette se précipitent à l’intérieur. Dans la cuisine, le gendre est en train d’attaquer sa belle-mère avec un couteau de boucher. Il y a du sang partout. Gian se jette sur l’agresseur et lui arrache le couteau. Son père donne alors les premiers soins à la dame, qui saigne abondamment. Les policiers et les ambulanciers arrivent. L’agresseur est arrêté sans résistance, et la belle-mère transportée à l’hôpital.

Il ne fait pas de doute que Dennis et Gian Milllette ont tiré la dame d’une situation très périlleuse.

Monsieur Yves Morin, de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot

Le 13 septembre 2006, à Montréal, Yves Morin, menuisier au Collège Dawson, entend des coups de feu. M. Morin se dirige vers l’atrium. Aux étudiants qu’il croise, il indique une sortie sécuritaire. Apercevant le tireur au bout de l’atrium, il rebrousse chemin pour s’abriter à l’imprimerie.

Au moment de refermer la porte du local, il voit une jeune femme se hâter vers l’atrium. Il court après elle, lui crie de s’arrêter. Mais l’étudiante n’a pas entendu l’avertissement. Arrivée à l’atrium, elle se trouve face à face avec le tireur. M. Morin a juste le temps de la jeter au sol, quand il est atteint d’une balle à l’épaule.

Yves Morin a gardé des séquelles de cette tragédie. Mais il sait que, s’il n’avait pas pris la balle, c’est l’étudiante qui l’aurait reçue. Et peut-être s’en serait-elle moins bien sortie.

Monsieur Vincent Pascale, de Longueuil

Le 13 septembre 2006, à Montréal, peu après midi, Vincent Pascale, chef de la sécurité du Collège Dawson, est à son bureau lorsque des étudiants apeurés viennent l’aviser que quelqu’un fait feu dans l’atrium. Il s’y précipite. Une trentaine d’étudiants sont terrés sous des tables. Pour les rejoindre, il rampe sur une distance de 20 pieds, pendant que le tireur lâche plusieurs coups. Localisant ce dernier, M. Pascale invite les étudiants à ramper dans sa direction, puis il les conduit en lieu sûr.

De retour dans l’atrium, M. Pascale aperçoit deux étudiants tout près du tireur. Considérant le danger, il leur fait signe de rester sur place. À ce moment, un policier tente de s’introduire en cassant une fenêtre. Par un signe, M. Pascale le retient pour ne pas alerter le tueur. Mais celui-ce a pris les deux étudiants en otage. Un policier, posté au 3e étage, tire sur lui. Le tueur tombe, blessé, et retourne son arme contre lui. M. Pascale s’approche du corps et s’assure que la situation est maîtrisée. Il restera 36 heures au collège pour aider à l’enquête.

L’expérience professionnelle de Vincent Pascale l’a aidé à évaluer les risques et à prendre les bonnes décisions. Mais, ce jour-là, il est allé au-delà de son rôle de chef de la sécurité; il s’est personnellement exposé pour protéger les étudiants d’un horrible carnage.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Monsieur Alain Baillargeon (à titre posthume), de Victoria 

Le 27 décembre 2006, par un froid de -35 oC, Marco Bédard, Martin Baillargeon, Céline Loubert et Alain Baillargeon partent à la chasse en motoneige au réservoir Laforge 1, à la baie James.

Soudain, la glace cède sous la motoneige de Mme Loubert, puis sous celle d’Alain Baillargeon; celui-ci se hisse sur la glace et retient Mme Loubert pour qu’elle ne s’enfonce pas dans les eaux glacées du réservoir, mais il est incapable de l’extirper du trou.

Marco Bédard se porte alors au secours de Mme Loubert à l’aide d’une corde. Conjuguant leurs efforts, MM. Bédard et Baillargeon réussissent enfin à la tirer hors de l’eau.

C’est décidé, tous retournent au campement. Mais ils ne sont pas au bout de leurs peines : la glace cède sous le poids de la motoneige de M. Bédard, à bord de laquelle prend maintenant place Mme Loubert. Les deux se retrouvent dans l’eau glacée. M. Bédard parvient à remonter sur la glace et retient Mme Loubert jusqu’à ce que Martin Baillargeon arrive à leur secours. Les deux hommes sortent alors Mme Loubert de sa fâcheuse situation.

Transis, les trois rescapés réussissent à se rendre sur une île pendant que Martin Baillargeon part chercher de l’aide à bord de la seule motoneige encore disponible. Les secours arrivent environ 90 minutes plus tard. Céline Loubert, Marco Bédard et Alain Baillargeon sont conduits au centre de santé, où ils passeront quelques heures.

Il est important de mentionner qu’il arrive qu’un acte héroïque soit posé sans que son auteur soit honoré, pour la seule et unique raison que son nom n’a pas été proposé pendant la période prescrite pour les mises en candidature. Ainsi, dans le sauvetage dont il est question ici, MM. Marco Bédard et Martin Baillargeon ont également joué un rôle déterminant.

Monsieur Jean-Sébastien Lapointe, de Repentigny

Le 19 février 2006, par un froid intense, trois enfants jouent sur un lac gelé, à Chertsey : Jean-Sébastien Lapointe, 13 ans, et ses frères Jean-Olivier, 10 ans, et Jean-Philippe, 9 ans.

Les deux plus jeunes sentent tout à coup la glace céder sous leur poids. Le lac est profond, ils s’accrochent à la glace. Jean-Philippe réussit à sortir un pied, puis à se hisser sur la glace. Il regagne le bord. Jean-Olivier, qui se tient après la glace, est incapable de sortir de l’eau. Voyant cela, Jean-Sébastien s’avance, se couche à plat ventre sur la glace, lui tend la main et le tire de l’eau.

Les deux jeunes sont trempés. Jean-Sébastien Lapointe les escorte au chalet et les aide à se changer et à se réchauffer. Puis, il part chercher les adultes, partis en randonnée. Dans cette aventure, il aura fait preuve de sang-froid et de maturité.

Madame Jade Nantel, de Kiamika

Le 4 juin 2006, Jade Nantel, sa mère, Rachel Thibault, son beau-père, Gilles Dion, et un ami pêchent dans un lac du parc de La Vérendrye. Loin du rivage, la chaloupe percute une roche. La force de l’impact projette M. Dion dans l’eau. Or, il ne sait pas nager et ne porte pas de gilet de sauvetage. Pour comble, l’embarcation n’avance plus, son moteur s’étant coincé.

Jade Nantel, qui porte son gilet de sauvetage, saute à l’eau. Tout en nageant vers son beau-père qui se débat, elle le rassure. Elle arrive à ses côtés; sa mère lui lance le gilet de M. Dion, mais l’envoie trop loin. Alors, son beau-père se tenant après sa taille, Jade nage en direction de la chaloupe. Sa mère et l’ami de la famille les aident à embarquer. L’excursion est terminée, mais personne n’a été blessé.

Monsieur John Austin Thriepland, de Très-Saint-Rédempteur

Le 7 avril 2006, John Austin Thriepland est à bord du traversier Pointe-Fortune – Carillon, quand il entend que quelqu’un vient de se jeter dans le lac. Il saute par-dessus bord et se presse de nager vers la victime, qui dérive rapidement. Le traversier ralentit et s’approche d’eux. On lance une bouée à M. Thriepland. Il lui faudra trois minutes pour atteindre l’homme, déjà inconscient. Il le saisit par le chandail, puis le ceinture avec la bouée.

Ils rejoignent le traversier; le personnel abaisse alors la rampe d’accès et aide M. Thriepland à monter à bord le corps inerte de la victime. Pendant le reste de la traversée, John Austin Thriepland effectue des manœuvres de réanimation. Les ambulanciers, qui sont arrivés au quai de Carillon, prendront en charge la victime.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Monsieur Christian Demers, de Sainte-Cécile-de-Lévrard

Le 29 septembre 2006, Christian Demers roule sur la route 218, à Saint-Pierre-les-Becquets. Une scène d’accident l’incite à sortir de son véhicule. Il aperçoit une voiture renversée dans le fossé. Des flammes sortent du capot; l’habitacle est rempli de fumée. M. Demers casse une vitre et entend tousser à l’intérieur. Il demande l’aide d’un automobiliste, Yves Paquin. Sur le siège du passager, ils trouvent un homme, conscient.

Leurs premières manœuvres pour sortir la victime ayant échoué, MM. Demers et Paquin tentent d’éteindre le feu, sans succès. Ils ouvrent donc la porte du côté du conducteur, prennent chacun une jambe de la victime et parviennent à la sortir. Conduit au bord de la route et interrogé, il répond qu’il n’y a personne d’autre dans l’auto.

Christian Demers sera secoué d’apprendre plus tard qu’une autre personne s’y trouvait et qu’elle a péri.

Monsieur Claude Girard, de Montréal-Nord

Le 30 septembre 2006, roulant sur l’autoroute 19, Claude Girard voit la structure du viaduc de la Concorde s’effondrer sur l’autoroute. Il s'immobilise. Durant les vingt prochaines minutes, M. Girard va se démener sans répit pour porter secours aux accidentés, mais aussi pour guider les secouristes vers les personnes ayant besoin de soins.

Il se précipite d’abord vers un camion qui a culbuté du viaduc. Le conducteur, blessé, est entravé. M. Girard mettra à l’épreuve sa force et son habileté pour extraire délicatement l’homme du camion. Ensuite, il va prêter main-forte à un homme qui essaye de retirer d’une crevasse un motocycliste inconscient. Puis, s’approchant d’une voiture accidentée, il vérifie l’état des deux occupants blessés et les informe de l’arrivée de l’ambulance. Sans attendre, lui et le samaritain de la moto se dirigent vers une automobile renversée sur le côté. Surmontant les difficultés, ils en évacuent et sécurisent les deux occupants. M.Girard s’affaire ensuite à donner des indications aux secouristes et à diriger des personnes en détresse vers des lieux sécuritaires.

Claude Girard s’est impliqué dans cette tragédie comme un intervenant de première ligne. Au lieu de se comporter en spectateur, il a pris les choses en main. Témoin et acteur clé, il était tout naturel qu’il témoigne devant la Commission d’enquête du viaduc de la Concorde.

Messieurs Serge Loyer et Patrick Pilon, de Saint-Norbert 

Dans la soirée du 21 novembre 2006, à Saint-Norbert, une auto vient de verser dans le fossé devant la maison de Serge Loyer. Voyant des flammes s’élever, celui-ci se précipite avec un extincteur, mais réussit seulement à amoindrir le feu. Les vitres de la voiture sont cassées et, de l’intérieur, jaillissent les cris d’une femme. Un deuxième extincteur ne vient pas davantage à bout du feu. Le voisin de M. Loyer, Patrick Pilon, le rejoint et asperge lui aussi les flammes. Mais le feu, toujours intense, repousse les deux hommes.

Ils découvrent alors la victime, qui s’est extirpée de la voiture jusqu’aux épaules par le pare-brise. Agrippant son manteau, ils la tirent hors de l’auto. Ils doivent éteindre les tisons qui la brûlent.

Les secours arrivent peu après. La victime a subi des brûlures graves, mais qu’en aurait-il été sans l’intervention rapide et énergique de Serge Loyer et Patrick Pilon ?

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Monsieur Bruno Boudreault, de Saint-Aimé-des-Lacs

Le 12 décembre 2006, à Saint-Aimé-des-Lacs, en rentrant du travail, Bruno Boudreault est informé d’un appel de sa mère de 92 ans, Fernande Gaudreault, à propos d’un problème de chauffage. Quand il la rappelle, elle lui apprend que la maison est remplie de fumée. Il la prie alors de sortir l’attendre à l’extérieur.

Arrivé chez sa mère, il doit défoncer la porte de côté pour entrer dans la maison enfumée. Au milieu de la cuisine, il trouve sa mère figée et sans parole, à proximité des flammes. Il l’enjoint de le suivre, mais elle ne bouge pas. Alors, il s’élance, la prend dans ses bras et sort la mettre à l’abri dans son auto. Les flammes ont gagné en intensité et la maison s’embrase. Un voisin, qui a appelé les pompiers, emmène Mme Gaudreault chez lui.

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