Liste des récipiendaires honorés en 2009 (pour les actes de 2007)

Le 9 novembre 2009, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 23 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2007. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par la ministre de la Justice, Mme Kathleen Weil. La ministre a alors remis 8 médailles du civisme et 15 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 23 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 24e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégories.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

David Asselin, de La Doré

Le matin du 9 avril 2007, David Asselin — six ans et demi —, joue avec sa sœur Mégan — quatre ans et demi —, sur le terrain du chalet de leurs grands-parents, à La Doré. Le lac Rond est gelé, mais la glace est mince. Les enfants vont et viennent entre leur père, qui fend du bois, et leurs grands-parents, dans le garage.

Au bord du quai, Mégan glisse soudain et chute sur la glace du lac. Celle-ci craque, et la fillette tombe dans l’eau glacée. Aussitôt, son frère se couche sur la glace, l’attrape et la retient de ses deux bras.

Paralysé par le froid et l’émotion, David maintient de plus en plus difficilement Mégan. Parvenant enfin à émettre de faibles cris, il attire l’attention du chien, qui se met à japper. Alerté, le grand-père aperçoit la tuque de David. Il accourt vers le lac, affolé, tandis que David, à bout de force, le supplie de se dépêcher. M. Théberge saisit alors Mégan par le col, et la tire de l’eau.

Pour sauver sa petite sœur de la noyade, David n’a pas seulement montré une bravoure exceptionnelle à son âge; il a accompli un acte d’amour.

Yan Beaucage, de Saint-Denis-sur-Richelieu

Le 20 novembre 2007, en soirée, Yan Beaucage et sa conjointe franchissent la rivière Richelieu en traversier. Sur le point d’accoster à Saint-Antoine, ils voient une voiture descendre le chemin qui fait face à la rampe d’accès. À cause du verglas, l’auto glisse, puis entre dans la rivière.

Tandis que sa conjointe compose le 911, M. Beaucage met la main sur une perche, mais inutilement, car la voiture sombre dans l’eau et se met à dériver. S’emparant d’un gilet de sauvetage, il s’élance dans la rivière froide et nage vers l’auto.

M. Beaucage atteint le véhicule, dont la moitié avant est immergée. Grimpant sur le coffre arrière, il tente de briser, avec ses poings, la vitre de la portière du conducteur. Puis, il plonge dans l’eau pour trouver la poignée de la portière, mais la douleur trop vive l’oblige à sortir sa tête de l’eau. En dernière ressource, alors que la victime implore son aide, il s’acharne à sauter à pieds joints sur la lunette arrière pour la fracasser. Mais en vain. Il essayera encore d’ouvrir la portière. Finalement, affaibli et gelé, il se résigne à retourner au traversier, en nageant avec peine à contre-courant.

Cet événement tragique a malheureusement coûté la vie à la victime, mais Yan Beaucage a vraiment tout risqué pour la sauver.

Lina Ciavaglia, de Saint-Gabriel-de-Brandon

Le soir du 26 août 2007, à Rawdon, le Parc des Cascades va fermer. Lina Ciavaglia, patrouilleuse, s’affaire à en faire sortir les visiteurs quand une femme accourt, criant que son conjoint est immobilisé dans l’eau. Mme Ciavaglia prie un collègue d’appeler les secours, et descend à la rivière. Elle suit la direction indiquée par la visiteuse restée en haut, et aperçoit, cramponné à une roche, un homme dans la cinquantaine, essoufflé et paniqué.

La patrouilleuse évalue la force du courant, comme elle a été formée à le faire. Après s’être délestée de ses bottes et de son téléphone, elle nage en direction de la victime. Elle doit agir rapidement, sachant que les valves servant à la filtration des eaux s’ouvriront bientôt.

Rendue auprès de l’homme, Mme Ciavaglia le rassure, et l’engage à entrer dans les rapides. Par des poussées, elle l’aide à franchir les 15 pieds qui les séparent de la rive. Mais la patrouilleuse ne gagnera pas la terre ferme. Elle est emportée par le courant, dont la puissance la projette de tous côtés contre les roches. Bientôt aspirée vers le fond, elle perd connaissance. Heureusement, les secours arrivent. Elle est rescapée, puis conduite à l’hôpital.

Pour secourir un homme en détresse, Lina Ciavaglia a failli périr dans les rapides qu’elle a audacieusement affrontés.

Alexis Laliberté, de Montréal

Au matin du 11 novembre 2007, à Verdun, Alexis Laliberté marche sur la piste cyclable qui longe le Saint-Laurent. Entendant des cris, il comprend vite que ce ne sont pas ceux d’enfants qui jouent, mais des cris de panique.

À peine a-t-il aperçu une tête dans le fleuve que sa décision est prise. Il enlève son manteau et saute dans l’eau, profonde à cet endroit. Il ressent vivement le froid et doit lutter contre le courant puissant. En franchissant la dizaine de mètres qui le séparent de la fillette de 12 ans, M. Laliberté aperçoit une autre tête, celle d’un garçon de 10 ans en train d’étouffer dans l’eau.

Il a la présence d’esprit de placer les enfants, l’un après l’autre, entre lui et la grève. Puis, au prix d’efforts considérables, il entreprend de nager vers la rive tout en poussant chacun des enfants.

Parvenu aux abords du rivage, M. Laliberté donne une dernière poussée à la fillette, qui sort enfin de l’eau. À bout de force, il réussit à traîner le garçon, mal en point, jusqu’à la grève.

Au péril de sa vie, Alexis Laliberté a sauvé les deux enfants d’une noyade certaine.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Jean-Marie Grenier, de Pincourt

Le matin du 22 septembre 2007, Jean-Marie Grenier et son épouse, Anne Cliche-Grenier, s’apprêtent à ouvrir leur commerce, à l’Île-Perrot. Percevant une odeur de brûlé, l’épouse de M. Grenier voit, en face, de la fumée s’échapper de l’appartement de Michel Fillion, un ami du couple. Tous deux savent que celui-ci se trouve dans son logement.

Aussitôt, l’épouse appelle les pompiers, tandis que M. Grenier se hâte vers le duplex. Il cogne d’abord à la porte du rez-de-chaussée; la femme et les enfants qui occupent l’appartement sortent. Ensuite, il se dirige vers la porte d’acier qui mène chez M. Fillion, pour constater qu’elle est verrouillée. Il frappe et sonne, mais n’a pas de réponse. M. Grenier devra s’y prendre à plusieurs reprises pour défoncer la porte à coups d’épaule.

Une épaisse fumée a envahi l’escalier. Remplissant ses poumons d’air, M. Grenier monte. Arrivé à l’appartement, il est étouffé et aveuglé par la fumée. Des flammes s’élèvent dans la cuisine. Il appelle M. Fillion. Ce dernier, ne se doutant de rien, prend sa douche. En tâtonnant, M. Grenier ouvre la porte de la salle de bain, agrippe son ami, le conduit dehors et l’emmène chez lui.

Pas un instant Jean-Marie Grenier n’a hésité à braver l’incendie. En risquant sa vie, il a sauvé celle de son ami.

Norbert Hébert, de Lacolle

L’avant-midi du 11 novembre 2007, Norbert Hébert et sa conjointe sont chez eux, à Lacolle. Apercevant de la fumée sortir de la maison mobile d’en face, la conjointe compose le 911, pendant que M. Hébert court vers la maison.

Sorti par une fenêtre, un adolescent arrive vers lui en criant que sa sœur est dans sa chambre, à l’arrière. M. Hébert se presse dans cette direction, tout en s’emparant d’un morceau de bois.

Dans l’encadrement de la fenêtre, il voit les mains de la jeune fille glisser sur la vitre, puis disparaître. Décidé, il fracasse la fenêtre, mais, vu qu’elle est haute, il demande une échelle au garçon et grimpe jusqu’à la chambre enfumée.

Les pieds de M. Hébert touchent la jeune fille, évanouie par terre. Mais la fumée l’étouffe tellement qu’il doit retourner à la fenêtre chercher de l’air. Il réussit à prendre la victime dans ses bras. Puis, se penchant par la fenêtre, il la remet à une voisine. Elle est inconsciente, mais respire. À son tour, M. Hébert sort de la maison, et les secours arrivent.

En bravant le péril avec courage et assurance, Norbert Hébert a sauvé la vie d’une jeune fille qui ne pouvait plus attendre l’arrivée des secours.

Claudette Paquet, de Trois-Rivières

Depuis le 7 mai 2007, personne ne connaît mieux que Claudette Paquet les embûches d’un incendie frappant une résidence de personnes âgées.

Préposée à la résidence Seigneurie de Rigaud, Mme Paquet s’apprête à monter le dîner de l’occupante de la chambre 238, quand l’alarme de feu se déclenche. Immédiatement, elle court à la salle à manger enjoindre aux personnes présentes de sortir. S’avisant que quatre résidents sont dans leur chambre, elle s’empresse d’aller les chercher.

Au premier étage, Mme Paquet ouvre deux portes, criant aux occupants de sortir. Elle se précipite ensuite au deuxième. Dans la chambre 238, la fumée est si dense que Mme Paquet peut à peine voir les flammes qui consument les rideaux. Secouée par la toux, elle progresse à quatre pattes vers le lit, tout en parlant à la résidente. Mais celle-ci ne répond plus. Mme Paquet rebrousse alors chemin.

Malgré la fumée qui l’étouffe et obstrue sa vision, elle va dans la chambre voisine, agrippe l’occupante qui refusait de sortir, et la transporte jusqu’à l’extérieur. Elle retourne au premier étage, où il reste deux résidents, et reconduit le premier dehors, puis revient évacuer l’autre dans ses bras.

Grâce au sang-froid et à la bravoure exemplaire de Claudette Paquet, 26 des 27 résidents sont saufs.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Guillaume Letendre, de Charny

Au matin du 4 avril 2007, Guillaume Letendre, professeur à l’école Bois-Joli, à Sept-Îles, prend sa pause quand il entend des cris. On lui apprend qu’un homme a capturé un élève et le retient dans la cour de récréation. 

M. Letendre accourt sur les lieux, où l’homme, hagard, tient par le cou Daven, neuf ans. Le professeur s’arrête à trois mètres, puis tente de calmer l’homme et de rassurer l’enfant terrifié. Mais le ravisseur emmène fermement la jeune victime dans la rue et commence à errer. M. Letendre les suit à courte distance. 

Voyant l’homme se diriger vers un poste d’essence attenant à un dépanneur, M. Letendre entre dans l’établissement pour avertir les personnes présentes. Sitôt ressorti, il revient vers l’agresseur et sa victime. Brusquement, l'homme saisit un pistolet à essence et en asperge Daven. Puis, il enfonce une main dans sa poche. À l’instant même, M. Letendre, déterminé, bondit sur lui et immobilise la main criminelle. À la faveur de l’altercation, Daven se réfugie dans le commerce, tandis qu’une personne aide M. Letendre à maîtriser l’homme jusqu’à l’arrivée des policiers.

L’intervention de Guillaume Letendre a été décisive : s’il n’avait pas mis sa propre sécurité en péril, l’enfant aurait connu un sort atroce.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Yves BoisvertPatrick Fortin et Réjean Girard, de Laval

Le 18 janvier 2007, Réjean Girard est chez lui, à Laval, quand lui parviennent des appels de détresse. Dehors, dans la rivière des Mille-Îles, deux hommes se cramponnent à des morceaux de glace dans un trou, à 50 pieds du bord.

M. Girard court chercher des cordes et une échelle. Un voisin, Yves Boisvert, a aussi perçu les cris. Il appelle les secours et va vers M. Girard, qui lui passe une corde. Patrick Fortin, qui passait par là en voiture, les rejoint. À quatre pattes sur la glace mince, MM. Fortin et Boisvert progressent vers les victimes, pendant que M. Girard étend son échelle sur la surface gelée.

Rendus à mi-distance de la première victime, MM. Boisvert et Fortin lui lancent plusieurs fois la corde, mais l’homme, transi, est incapable de l’attraper. Tandis que M. Boisvert le tient par les pieds, M. Fortin rampe alors jusqu’à l’homme. Il le saisit par un bras, puis lui et M. Boisvert tirent de toutes leurs forces. Plusieurs tentatives seront nécessaires pour l’extirper de l’eau.

À ce moment arrivent les pompiers, qui sortent de l’eau la deuxième victime.

Sans l’intervention efficace des trois sauveteurs, les victimes n’auraient pu s’accrocher longtemps à la glace friable.

Francis Breton et Gabriel Leclerc Mailloux, de Saint-Jean-sur-Richelieu

L’après-midi du 3 janvier 2007, Francis Breton se trouve dans un bar de Saint-Jean-sur-Richelieu, lorsqu’un homme vient annoncer qu’une femme s’est lancée dans la rivière Richelieu, juste en face.

Suivi des propriétaires du bar, M. Breton se précipite vers la rivière pendant que sa sœur compose le 911. Il aperçoit la victime, une femme, à 20 pieds du bord. Ne trouvant pas de perche, M. Breton se déshabille et saute dans l’eau, profonde et très froide.

Entre-temps, Gabriel Leclerc Mailloux, qui passait en voiture, a vu l’attroupement et s’est arrêté pour proposer son aide. Aussitôt qu’on lui a désigné la victime dans l’eau, Gabriel se déshabille et plonge, à son tour, pour aller seconder Francis Breton. Ce dernier a déjà commencé à tirer la victime. Les deux hommes achèvent de la ramener.

Rendus au bord, ils ne parviennent pas à remonter la femme. Non seulement elle est alourdie par son manteau détrempé, mais un rempart de béton se dresse devant eux. Ils se déplacent alors vers un lieu plus accessible. Sur le quai, deux hommes se tiennent prêts; ils les aideront à hisser la victime.

Courageux et déterminés, Francis Breton et Gabriel Leclerc Mailloux ont empêché la dame de se noyer.

André ChouinardRodrigue Lemieux et Gilles Mathurin, de Gaspé

Quand un élément naturel aussi puissant que l’eau se déchaîne, on espère seulement limiter les dégâts. André Chouinard, Rodrigue Lemieux et Gilles Mathurin en ont fait l’expérience, dans la nuit du 8 au 9 août 2007, quand de graves inondations ont ravagé Rivière-au-Renard.

Alors que MM. Mathurin et Lemieux, employés de la Ville de Gaspé, effectuent des rondes de surveillance, plusieurs citoyens sont prisonniers de leur maison.

Soudainement, la rivière déborde. Emportée par le courant, une maison mobile finit par s’immobiliser contre la structure d’un pont. André Chouinard, sur le pont, a entendu les cris de détresse des occupants. Il se joint aux employés de la Ville pour aider les sinistrés à sortir de la maison. Malgré leurs efforts, ils ne parviendront à sauver que deux des quatre occupants.

De leur côté, MM. Lemieux et Mathurin réussissent à mettre en sécurité plusieurs sinistrés habitant des appartements ou des maisons mobiles, dont un vieil homme malade et une vieille dame terrifiée.

Pendant toute la durée de l'opération, ils prendront des risques. Ainsi, M. Mathurin n’a pas hésité à venir à la rescousse de M. Lemieux et de quelques personnes que celui-ci venait de secourir, lorsque le véhicule dans lequel ils prenaient place s’est retrouvé dans un fossé.

On ne sait pas combien de pertes humaines Rivière-au-Renard aurait subies sans leur détermination et leurs efforts inlassables.

Daniel Gagné, de Jonquière

En cet après-midi du 4 août 2007, Daniel Gagné et son beau-frère s’amusent dans les vagues du lac Saint-Jean. Ils sont rejoints par trois hommes, dont Yvon Fortin. M. Gagné leur recommande de ne pas s’éloigner, car les vagues sont hautes.

Cependant, M. Fortin s’écarte pour prendre les vagues de face. Rapidement, il est emporté à quelque 100 pieds de la rive. Aussitôt qu’il se rend compte de la situation, M. Gagné se met à nager dans la direction de l’homme, pour s’apercevoir qu’il est en difficulté et appelle au secours. Fouettée par les vagues, la victime se débat désespérément.

M. Gagné vient alors se poster derrière M. Fortin. Après avoir essayé de le tirer, il décide plutôt de l’expédier vers le bord du lac par des poussées successives.

Tandis que la victime se rapproche du bord, M. Gagné lutte contre le ressac, tout en avalant de l’eau. Craignant pour sa survie, il est tenté d’abandonner. Mais il se ressaisit, et continue jusqu’à la rive. Enfin, il sort de l’eau, tandis qu’un compagnon de M. Fortin agrippe ce dernier et l’emmène sur la plage.

Avec une persévérance admirable, Daniel Gagné a mobilisé toute son énergie pour sauver une vie.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Stéphane Gauthier et David Tremblay, de Chicoutimi et Pierre-Olivier Marchildon, de Québec 

Le 8 novembre 2007, Pierre-Olivier Marchildon, Stéphane Gauthier et David Tremblay passent la soirée dans l’appartement des deux premiers, à Québec. Les cris qu’entend soudain Pierre-Olivier l’amènent à sa fenêtre : il y a le feu dans le logement du 3e étage de l’immeuble d’en face.

Tandis que Pierre-Olivier parle à un membre du personnel du 911, une jeune femme enceinte s’assoit sur le rebord de la fenêtre, les jambes dans le vide. Il appelle ses amis. Tous trois traversent la rue. Encerclée par le feu et la fumée, la femme crie qu’elle veut sauter. Pierre-Olivier lui parle pour la retenir, pendant que ses copains s’élancent vers l’immeuble adjacent, où ils ont repéré une fenêtre proche de la victime.

David et Stéphane pénètrent dans cet immeuble, actionnent l’alarme et montent chez le locataire du troisième. Ouvrant la fenêtre, ils ne sont qu’à deux pieds de la victime. Avec précaution, Stéphane agrippe la femme, puis, aidé par David, la soulève et lui fait traverser le vide, vers eux. Après l’avoir enroulée dans une couverture, ils la transportent hors de l’immeuble et la confient aux ambulanciers.

Dans cette situation où chaque seconde comptait, l’intervention audacieuse et clairvoyante de Stéphane, Pierre-Olivier et David a soustrait la victime à une terrible alternative : brûler, ou sauter et perdre son bébé.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Florence Bruneau-Guidotti, de Montréal

En ce bel après-midi du 27 mai 2007, Florence Bruneau-Guidotti, âgée de 12 ans, fait route avec son père sur la 132, à Longueuil. La circulation est dense.

Subitement, Florence remarque que la camionnette dans laquelle elle prend place dévie de sa route, vers la gauche. À plusieurs reprises, elle percute le muret de béton qui sépare les voies de circulation. Florence constate que son père est inconscient. De fait, il est en pleine crise d’épilepsie. Mais il a toujours le pied sur l’accélérateur.

Immédiatement, Florence s’empare du téléphone et compose le 911. En même temps, elle enjambe M. Bruneau et, en donnant un coup de volant à droite, parvient à traverser successivement les trois voies. Elle immobilise la camionnette sur l’accotement, contre le parapet de béton, tandis que son père est toujours inconscient. 

La téléphoniste du 911 demande à Florence si elle peut conduire le véhicule jusqu’à la prochaine sortie, mais la jeune fille, paniquée et en pleurs, ne sait pas conduire. Elle actionne plutôt les feux de détresse et demeure dans le véhicule, où elle prend soin de son père. Les secours arrivent rapidement. M. Bruneau et sa fille sont conduits à l’hôpital.

Par sa réaction rapide et appropriée, Florence a sans doute évité un accident de la route.

Félicia Hastie, de Pierrefonds et Francis Quévillon, de Laval

Cette soirée du 28 octobre 2007 s’annonçait bien tranquille pour Félicia Hastie et Francis Quévillon, qui gardaient l’enfant d’un couple d’amis, chez ces derniers, à Pincourt.

On sonne à la porte; Félicia va ouvrir. L’effroi la saisit : devant elle, une femme corpulente pointe un couteau et un revolver. La femme force l’entrée. Usant de menaces, elle demande au couple de l’argent, et veut savoir où est le bébé. Les jeunes éludent ses demandes.

Tandis que Francis engage la bataille avec l’intruse, Félicia court composer le 911. Tout en parlant avec les secours, elle se barricade dans la chambre de l’enfant, qui dort. Au salon, Francis est poignardé au genou. Il a mal et saigne beaucoup, mais refuse de lâcher la femme. Arrive le moment où la situation tourne en sa faveur : il récupère les armes et maîtrise désormais l’agresseuse.

Le téléphone en main, Félicia sort de la maison pour repérer l’adresse exacte, que les policiers ne réussissent pas à trouver. De retour, elle déclenche le système d’alarme. La compagnie de sécurité est alertée, et la police arrive bientôt sur les lieux. 

Dans ce drame, Félicia et Francis, avec courage et perspicacité, ont préservé l’enfant de la vengeance de l’ancienne femme de ménage de la maison.

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