Liste des récipiendaires honorés en 2009 (pour les actes de 2008)

Le 9 novembre 2009, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 29 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2008. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par la ministre de la Justice, Mme Kathleen Weil. La ministre a alors remis 17 médailles du civisme et 12 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 29 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 24e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégories.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :  

Wayne Chambers, de Lachute 

À Lachute, dans la soirée du 31 août 2008, Wayne Chambers et son épouse prennent un pont qui enjambe un lac. Le parapet du pont est fracturé, et des morceaux de bois flottent sur l’eau.

Éclairant le lac avec les phares de sa voiture, il cherche un véhicule englouti, mais ne voit rien. Il conduit alors son épouse à la maison puis revient, muni d’une lampe de poche.

M. Chambers entre dans l'eau et distingue un camion immergé. Il s’y rend aussitôt à la nage, suivi d'une voisine accompagnée d’une amie.

Dans le camion se trouve un jeune homme inanimé. Ils le sortent du véhicule et le tirent jusqu’au bord du lac. Sans arrêt, les jeunes femmes tenteront de réanimer la victime jusqu’à l’arrivée des secours.

Alors arrivent les fils de M. Chambers, Oliver et James-Alexander. Ils sautent à l’eau à la recherche d’éventuelles victimes. Ils ne trouveront personne d’autre.

Les secours arrivent. Seul Wayne Chambers a subi des blessures superficielles en dégageant la victime du camion, malheureusement décédée.

En dépit de ce triste dénouement, les Chambers père et fils ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour secourir cette personne, en plus de s’être assurés qu’il n’y avait pas d’autre victime.

M. Wayne Chambers recevra la médaille du civisme, et MM. Oliver et James-Alexander Chambers recevront chacun une mention d'honneur du civisme.

François Gélinas et Catherine Gélinas-Côté, de Shawinigan 

Le 31 août 2008, François Gélinas et quelques proches se prélassent sur la plage de la rivière Batiscan, à Saint-Narcisse. Alors que le niveau de l’eau monte, deux jeunes garçons culbutent dans la rivière. Ils luttent contre le courant.

Dès qu’il les a vus, M. Gélinas plonge dans la rivière et nage vers eux, sur une centaine de pieds. Les enfants sont encore conscients. Il les tient hors de l’eau. Mais le courant pousse inexorablement le trio vers les chutes.

M. Gélinas comprend qu’il n’arrivera pas à regagner la rive avec les enfants. Il projette donc chacun des garçons vers une dame qui les intercepte, l’un après l’autre, et les ramène sur la rive.

M. Gélinas n’est plus capable de lutter contre le courant. De la rive, sa mère et son oncle crient à l’aide en expliquant que l’homme est cardiaque et porte un défibrillateur.

Personne ne réagissant, Catherine Gélinas-Côté saute à l’eau et nage en direction de son père. Tout en l'encourageant, elle réussit à le saisir par les aisselles. Puis elle le ramènera à la rive.

Chacun son tour, François Gélinas et sa fille Catherine ont accompli un acte de bravoure avec une présence d’esprit remarquable. Ils ont sauvé trois vies.

Wayne Dickson (pour l'équipage du Madelinot War Lord), de l'Île d'Entrée

Le 28 mars 2008, en après-midi, le Madelinot War Lord quitte l'Île d'Entrée, aux Îles-de-la-Madeleine, accompagné par trois autres navires. Les bateaux sont bientôt coincés dans les glaces.

À la nuit tombante arrive un brise-glace qui ouvre la voie aux navires jusqu'à ce que ceux-ci puissent continuer seuls. Mais l'Acadian II a des problèmes de gouvernail; le capitaine du Madelinot War Lord, Wayne Dickson, navigue devant lui pour l'aider, mais se retrouve de nouveau coincé dans les glaces.

M. Dickson constate alors une fuite dans le système de roulement de son bateau. Il demande alors l'assistance de la Garde côtière canadienne. Le brise-glace Sir William Alexander est dépêché sur les lieux et remorque l'Acadian II, suivi du Madelinot War Lord.

L'Acadian II heurte deux icebergs, se retrouve ensuite sur une montagne de glace, puis chavire.

Un homme est à l'eau. L'équipage du Madelinot War Lord réussit à le tirer à bord, puis fera de même pour un autre. Les deux hommes sont amenés dans la pièce la plus chaude du bateau.

L'équipage du Madelinot War Lord tente en vain de repérer d'autres victimes à la surface de l'eau. Le Sir William Alexander envoie d'abord un canot pneumatique à la rescousse de l'Acadian II puis, finalement, des plongeurs repêchent les corps de trois hommes. Un quatrième ne sera jamais retrouvé.

Le lendemain, le Madelinot War Lord a regagné les Îles-de-la-Madeleine. À son bord se trouvaient des hommes profondément marqués par le décès de quatre de leurs collègues.

La médaille du civisme sera remise ultérieurement à chacun des membres de l'équipage du Madelinot War Lord.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Nadine Champagne et Danielle Cloutier, de Saint-Georges, et Sébastien Mathieu, de Beauceville

Le 30 octobre 2008, à Saint-Georges, Sébastien Mathieu est immobilisé à un feu rouge. Saisi par le bruit d’une forte collision, il voit une mini-fourgonnette tournoyer en l’air puis retomber sur ses roues. Un fardier l’a percutée.

Des flammes s’élèvent du capot. M. Mathieu se précipite vers la mini-fourgonnette. Une dame à mobilité réduite est assise côté conducteur. À ses côtés se trouve son conjoint, aveugle, qui sort du véhicule.

Arrivent sur les lieux, séparément, Danielle Cloutier et Nadine Champagne. Les deux se pressent vers l’accident.

Mme Champagne escorte le passager jusqu’à la voiture de Mme Cloutier. Pendant ce temps, cette dernière et M. Mathieu tentent de libérer la dame, car le feu s'intensifie. Mais sa ceinture est coincée. Ils réussissent enfin.

Mme Cloutier et M. Mathieu conduisent la victime jusqu’à la voiture. La mini-fourgonnette flambe. M. Mathieu se poste à l’intersection pour éloigner les curieux et faciliter le trafic.

Rassurée, Mme Champagne quitte les lieux. Mme Cloutier restera auprès du couple jusqu’à l’arrivée des secours.

Voilà ce que peuvent accomplir ensemble, dans une situation critique, des personnes qui ne se connaissaient pas. Nadine Champagne, Danielle Cloutier et Sébastien Mathieu n’auraient pas mieux fait s’ils avaient planifié leurs gestes.

Lise-Ann Davignon, de Laval

Le 7 août 2008, Lise-Ann Davignon se balade à vélo aux abords d’un passage à niveau de Godmanchester, alors qu'un train vient de percuter un camion-remorque.

Le camion a versé dans le fossé et pris feu; elle s’approche. Assis près de la remorque, un homme ensanglanté appelle au secours. Elle va le trouver et comprend que son fils est resté prisonnier de la cabine.

Alors que le feu dévore le moteur, l’enfant de quatre ans crie, affolé. Mme Davignon grimpe dans la cabine, saisit le petit et le dégage de la ferraille qui le coinçait.

Elle s’assure que le père peut se lever. Tandis qu’elle porte l’enfant dans ses bras, le trio s’éloigne du feu et s’installe plus loin.

À la demande du père, Mme Davignon s’occupe de l’enfant pendant que le conducteur du train appelle les secours. Ceux-ci arrivent dix minutes plus tard et maîtrisent l’incendie, pendant que les victimes sont conduites à l’hôpital.

Comme si c’était tout à fait naturel, Lise-Ann Davignon a posé les gestes qu’il fallait pour sauver la vie du bambin, rassurer le père et les mettre à l’abri. Mais quel courage il lui a fallu pour pénétrer dans une cabine qui menaçait de sauter !

Guy Lavoie, de Saint-Narcisse de Rimouski

Le 4 juillet 2008, Guy Lavoie conduit son camion sur l’autoroute 20, près de Rimouski, suivi par le camion d’un ami. Ils s’immobilisent à un feu rouge.

M. Lavoie entend le bruit d'une collision derrière lui. Il voit qu'une partie du camion de son ami est en feu. La cause de l'accident paraît être un carambolage.

S’emparant d’un extincteur, M. Lavoie entreprend d’éteindre les flammes. Il se dirige ensuite vers le camion qui a provoqué l’accident, dont l'avant est en feu. Il y vide un extincteur, puis un deuxième, sans réussir à maîtriser l’incendie.

Des gens crient qu’une femme va brûler à l’intérieur d'une voiture. M. Lavoie y trouve une femme la tête en bas et les pieds vers l’appuie-tête. Elle gémit.

Il retire la ceinture de sécurité de la femme, puis soulève cette dernière et la sort avec précaution du véhicule. La banquette arrière brûle. Autour d’eux, la fumée est noire et des pneus éclatent. Portant la victime, M. Lavoie s’éloigne rapidement.

Respirant difficilement, M. Lavoie s'éloigne encore plus, puis s’accroupit au bord de la route, où il demeure auprès de la victime jusqu’à l’arrivée des ambulanciers.

On devine le sort qui guettait cette dame si Guy Lavoie n'était pas intervenu. Il n’a ménagé ni sa peine ni son courage pour se rendre utile partout où il le pouvait sur la scène de l’accident.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Alain Campeau, de Mont-Laurier

Durant la matinée du 9 avril 2008, dans la résidence pour personnes âgées qu’il possède à Mont-Laurier, Alain Campeau entend l’avertisseur de fumée se déclencher.

Aussitôt, il grimpe au deuxième étage pour demander à son associée d’appeler le 911 et d’évacuer les pensionnaires qui sont dans la cuisine.

Après avoir escorté une résidente jusqu'à l’escalier, M. Campeau dirige les personnes qui sont dehors vers l’immeuble voisin.

Une pensionnaire est vue à sa fenêtre. M. Campeau pénètre dans la résidence par l’escalier de secours. Dans la fumée dense, il parvient à la chambre de la dame et la conduit jusqu’à l’escalier de secours. Il y emmène ensuite sa propre mère.

Mais une femme manque à l’appel. M. Campeau se précipite de nouveau à l’intérieur et va jusqu’à la chambre de la victime en longeant les murs léchés par les flammes. Il finit par la trouver, mais il doit tâtonner pour gagner la sortie avec elle.

Inlassablement et au péril de sa vie, Alain Campeau a pris plus que ses responsabilités afin que toute la maisonnée soit saine et sauve. 

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Sébastien Gilbert, de Grenville-sur-la-Rouge

Dans une usine de béton à Saint-Eustache, le 13 novembre 2008, Jacques Caron répare la benne de sable. Soudain, le convoyeur qui alimente la benne se met à y déverser du sable. M. Caron se retrouve enseveli des pieds à la tête.

À l’usine de dosage, Sébastien Gilbert s’est aperçu de l’incident. À distance, il stoppe la décharge de sable et appelle M. Caron par radio. N’obtenant pas de réponse, il se rend précipitamment jusqu’à la benne.

M. Gilbert s’allonge et creuse le sable avec ses mains pour dégager le visage de la victime. De sa radio, il demande à un collègue d’arrêter les opérations et de le rejoindre, puis appelle son superviseur. On installe un trépied, auquel M. Gilbert veut attacher la victime pour la tirer du trou. C'est peine perdue. Le superviseur appelle alors le 911.

En attendant les secours, M. Gilbert retire le sable qui recouvre la victime, qu'il dégage jusqu’aux aisselles.

Les pompiers arrivent et extraient M. Gilbert de la benne. Il leur faudra des heures pour dégager M. Caron.

Sébastien Gilbert n’a pas hésité à se jeter dans le sable mouvant. S’il n’avait pas agi rapidement, et avec persévérance et compétence, son collègue n’aurait pas tardé à s’étouffer.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Oliver Chambers et James-Alexander Chambers, de Lakefield

Voir le récit de l'événement dans la section « Médaille du civisme ».

Joël Ducas, de Châteauguay

Dans la soirée du 26 juillet 2008, Luc Laviolette est chez son amie Mélanie Landry, à Châteauguay. À l'étage supérieur, Joël Ducas est chez Tatiana Krumpel. M. Laviolette sort prendre l’air au bord de la rivière, quand lui parviennent des appels à l’aide.

Dans l’obscurité, une femme crie qu’elle se noie. À Mélanie Landry qui l’a rejoint, M. Laviolette demande d’appeler les secours. Puis il va chercher Joël Ducas, qui se précipite vers la rivière.

Luc Laviolette va chercher une chaloupe et la transporte jusqu’au bord de la rivière, d’où il la lance dans l’eau. M. Ducas saute dans l’embarcation, puis rame en direction de la victime, dont la tête émerge. Les deux hommes lui enjoignent de se calmer, l’informant que M. Ducas ne sait pas nager.

Joël Ducas agrippe la dame et l’aide à s’accrocher à la chaloupe. Malgré le poids, il réussit à extirper la victime de l’eau et à l’installer dans l’embarcation. Enfin, M. Ducas peut ramer vers le rivage, où ses amis l’aideront à sortir la dame de l'embarcation.

Réagissant à l’urgence de la situation avec sang-froid, Joël Ducas a sauvé la femme d’une noyade inéluctable, compte tenu des remous de la chute toute proche.

Gérald Larouche et Louison Voyer, de Jonquière

Dans son chalet à Lac-Bouchette, le 30 décembre 2008, Louison Voyer s’apprête à souper avec son beau-frère, Gérald Larouche, lorsqu’un voisin les prévient qu’un conducteur de VTT est tombé dans le lac gelé.

Immédiatement, MM. Voyer et Larouche s’habillent et prennent des gilets de sauvetage et une corde. En motoneige, ils partent vers le lieu du drame.

Immergée jusqu’au cou, la victime se cramponne à son VTT. M. Voyer s’avance sur la glace, son beau-frère retenant la corde derrière lui. À plusieurs reprises, M. Voyer lance la corde vers la victime, sans succès. Alors, malgré la minceur de la glace, il s’approche.

La corde tombe enfin près de l’homme. Affaibli, celui-ci réussit à la saisir. Les sauveteurs tirent fort pour extirper de l'eau la victime, qui souffre d’hypothermie. À peine est-ce fait que la glace cède.

MM. Larouche et Voyer installent l'homme sur la motoneige. M. Voyer l’emmène au chalet, où son beau-frère les rejoindra à pied. Les voisins, qui avaient appelé les secours, aident à donner les premiers soins à la victime.

Il a fallu une bonne dose d’intrépidité à Louison Voyer et Gérald Larouche pour se risquer sur la glace mince. Leur prévoyance et leur présence d'esprit ont fait le reste, empêchant le froid extrême d’emporter une vie.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Marc-André Blais et Nicolas Houde, de Trois-Rivières et Olivier Houde, de Shawinigan

Le 20 juillet 2008, vers minuit, Olivier et Nicolas Houde sont dehors, à Saint-Étienne-des-Grès. Surpris par un bruit sourd, ils voient une masse tomber dans le fossé bordant la route.

Olivier accourt sur le site, suivi de Nicolas, qui a prié son amie d’appeler le 911. Deux véhicules sont encastrés l’un dans l’autre, et des flammes jaillissent des capots.

Ils demandent si quelqu’un a besoin d’aide. La conductrice de l’un des véhicules répond qu’elle est blessée et que sa fille de deux mois est avec elle.

Nicolas et Olivier tentent sans succès d'éteindre le feu avec de la terre. Olivier fait signe d’arrêter aux automobilistes qui passent. Un homme arrête, et aide Olivier à étouffer le feu.

Nicolas pénètre dans l’auto par le pare-brise et fait parler la femme afin qu’elle demeure consciente. Il assure un appui à sa tête blessée.

Arrive Marc-André Blais. Entendant le bébé pleurer, il ouvre le hayon de l’auto et en vide le coffre. Puis, il détache l’enfant, et la sort délicatement de l’auto.

Les pompiers, qui viennent d’arriver, prennent le bébé. Il leur faudra une heure pour extraire la jeune femme de son véhicule.

Cet accident aurait été fatal à la mère et à l’enfant sans l’intervention déterminée et énergique de Nicolas et Olivier Houde, et le doigté de Marc-André Blais. Aucun n’a eu d’hésitation face au danger évident.

Georges Langlois, Senneterre

Dans la soirée du 15 novembre 2008, Georges Langlois et sa conjointe rentrent chez eux à Senneterre quand une femme leur fait signe d’arrêter. Elle les prévient qu’une auto a versé dans le fossé, et que des enfants crient à l’aide.

Pendant que sa conjointe appelle les secours, M. Langlois court vers la voiture accidentée, renversée dans le fossé inondé. Il entend les cris de deux enfants dans l’obscurité totale.

L’auto est verrouillée. À cause de l'eau, M. Langlois doit utiliser son cric pour fracasser une vitre du véhicule. Il devra tâtonner quelque temps avant de saisir une fillette par la main pour la prendre, gravir le fossé et l’installer dans sa voiture, où sa conjointe la réchauffe. Puis, il retourne chercher l’autre fillette.

M. Langlois entend un coup de klaxon. Comprenant que la personne qui conduisait l’auto est vivante, il retourne au véhicule, muni d’une lampe de poche.

Victime d’un choc, la conductrice suit les instructions de M. Langlois, qu'elle rejoint à l’arrière du véhicule. Elle souffre d’hypothermie, et M. Langlois doit la soutenir fermement pour l'emmener à sa voiture. Elle est auprès de ses fillettes quand les secours arrivent.

Dans des circonstances ardues, où quiconque aurait attendu les secours, Georges Langlois a opéré avec succès trois sauvetages d’affilée.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Lélia Griffith-Ross, de Baie-Comeau

Dans la nuit du 10 mai 2008, à Baie-Comeau, Lélia Griffith-Ross est avec son père et son amie Vanessa. Elle sort prendre l’air. Elle voit alors des flammes derrière la fenêtre avant d’une maison mobile située de l’autre côté de la rue.

Elle entre prévenir son père et appelle le 911. Quand elle ressort, l’incendie a gagné en intensité. Lélia demande à son père de s’occuper de la maison en feu, alors que Vanessa part cogner aux portes des résidences exposées.

Lélia se rend à la maison voisine de celle où le feu a pris naissance, se protégeant des flammes, et des vitres qui éclatent. Elle cogne à la porte à plusieurs reprises en s’époumonant, jusqu'à ce qu'un couple réponde enfin. Lorsqu'ils partent se réfugier chez les Ross, le feu consume leur résidence.

Lélia continue de crier dans la rue pour alerter tous les voisins. Elle les incite à se rendre à sa maison, mais elle-même ne rentrera qu’après l’arrivée des pompiers.

Les résidents de la rue Morel se souviendront, longtemps encore, de la jeune Lélia Griffith-Ross. Par sa présence d’esprit, sa ténacité et son courage sans faille, elle a sauvé la vie d’au moins deux d’entre eux, cette nuit-là.

Denis Lacombe et Sophie Poirier, de Saint-Apollinaire 

À l’aube du 18 décembre 2008, Denis Lacombe et Sophie Poirier font leur jogging à Saint-Apollinaire. Tout à coup, ils entendent une explosion et voient monter des flammes.

S’approchant, le couple aperçoit une voiture près de la route; dans un fossé, une tente brûle. Des gémissements et des cris proviennent de la tente, de laquelle émerge une paire de jambes.

D’abord incrédules et effrayés, M. Lacombe et Mme Poirier avancent avec difficulté dans la neige épaisse.

La victime est une femme qu'ils tirent par les pieds et la déposent plus loin sur la neige. Rapidement, ils l’ont recouverte de neige et ont éteint les flammes qui la dévoraient. Gravement brûlée, la femme se lamente. Le couple la réconforte du mieux qu’il peut.

Mme Poirier arrête un automobiliste et lui demande d’appeler le 911. Celui-ci s’exécute, puis accompagne Mme Poirier sur les lieux du drame. À trois, ils transportent la victime jusqu'à son automobile. M. Lacombe devra en fracasser une vitre pour y installer la dame, en attendant les secours.

Si Denis Lacombe et Sophie Poirier n’avaient pas mobilisé leur courage et toutes leurs énergies, mais aussi leur compassion, pour aider la malheureuse victime, celle-ci aurait sûrement connu une fin atroce. 

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