Liste des récipiendaires honorés en 2010 (pour les actes de 2009)

Le 22 novembre 2010, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 22 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2009. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par le ministre de la Justice, M. Jean-Marc Fournier. Le ministre a alors remis 8 médailles du civisme et 14 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 22 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 25e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégories.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Guy Belhumeur et Sylvain Comeau, de Saint-Donat

Le 5 octobre 2009, Guy Belhumeur et Sylvain Comeau, deux employés municipaux de la Ville de Saint-Donat, travaillent à proximité de l’agora nautique. Au bout du quai, ils observent une femme, lorgnant le large, chaussures et sac à main abandonnés à ses pieds.

M. Comeau s’approche pour lui demander si elle a besoin d’aide. « N’approchez pas! » répond-elle avant de sauter et de nager vers le large. M. Comeau compose le 911 afin que les secours s’organisent. Après l’appel, MM. Comeau et Belhumeur se mettent à la recherche d’un bateau.

Le service du 911 communique à nouveau avec M. Comeau. Pendant ce temps, Guy Belhumeur, qui avait coupé la chaîne de cadenas d’une planche à voile, s’embarque sur le lac et rejoint la dame qui est environ à 1 500 pieds. Il réussit à la hisser de l’eau plusieurs fois, mais celle-ci se débat et replonge à l’eau.

M. Comeau s’empare d’une hache et défonce une porte de l’agora. Il y découvre un bateau de secours pneumatique, des rames et des vestes de sauvetage. Au même moment, un collègue arrive sur les lieux. Ensemble, ils iront rejoindre M. Belhumeur.

Arrivé près de la dame, Sylvain Comeau l’agrippe à son tour et la fait monter de force dans le bateau pneumatique. Épuisée, la femme se repose quelques minutes, mais, sans avertir, saute à nouveau à l’eau! Cependant, l’énergie lui manque. M.Comeau en profite pour la rattraper et la hisser dans le bateau. Cette fois, il la tient solidement, jusqu’à l’arrivée des secours.

La femme avait été signalée disparue depuis la veille.

M. Guy Belhumeur recevra la médaille du civisme, et M. Sylvain Comeau recevra une mention d'honneur du civisme. 

Stéphane Hébert et Dany Jobin, de Saguenay

Le 23 août 2009, Stéphane Hébert et Dany Jobin pêchent la truite au lac David, à Saguenay. Ils sont sur le point de rentrer quand un hydravion s’approche et son pilote les informe qu’un camion se trouve dans le lac et que le conducteur en est prisonnier.

Immédiatement, ils se dirigent vers le lieu de l’accident. Stéphane Hébert plonge dans l’eau froide et noire en direction du camion encore perceptible grâce aux phares et aux lumières du tableau de bord allumés. Il ouvre la porte du conducteur, tâtonne à l’intérieur de l’habitacle, mais ne trouve personne. Il remonte à la surface de l’eau.

La femme de la victime, en bordure du lac, l’assure qu’il y a bel et bien une personne dans le camion. Stéphane Hébert demande à Dany Jobin de maintenir la porte du conducteur ouverte, de manière à s’assurer qu’il puisse ressortir du véhicule, puis il plonge à nouveau. Il trouve finalement la victime qui s’était réfugiée dans le coin supérieur de l’habitacle, où elle avait trouvé un minuscule coin d’air. Seules ses lèvres émergeaient encore de l’eau. 

M. Hébert pousse l’homme entre les sièges, vers la porte avant du côté du conducteur maintenue ouverte par Dany Jobin. Celui-ci agrippe alors la victime par le bras et, avec l’aide de Stéphane Hébert, la hisse sur le toit. Puis, le trio retourne dans l’eau et MM. Jobin et Hébert tirent la victime chacun de son côté jusqu’à la rive, située à environ 30 pieds de l’endroit où le camion a calé.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Daniel Magny, de Sainte-Geneviève-de-Bastican

« Personne ne devrait périr brûlé vivant. » C’est ce que déclarait humblement Daniel Magny aux journalistes, le lendemain d’un accident de la route qui a fait une victime, et aussi, une miraculée… 

Le 14 juillet 2009, en soirée, Daniel Magny roule sur la 138, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, lorsqu’il croit apercevoir un feu de broussailles dans un champ, en bordure de la route. Il s’approche et réalise que le feu jaillit plutôt du capot d’une voiture accidentée. À l’intérieur, côté conducteur, il détecte du mouvement.

Vite, il court secourir la victime. La portière est bloquée. Heureusement, les vitres sont éclatées. Il tente de la sortir par la fenêtre, mais la dame est prisonnière de sa ceinture de sécurité et du volant qui s’est brisé sur elle. Souffrante, elle dit à son bienfaiteur : « J’ai mal. Laisse-moi là. »

Le feu gagne du terrain, mais M. Magny est décidé à ne pas l’abandonner. Il défait la ceinture, arrache le volant cassé, la prend dans ses bras et l’extirpe de la carcasse en feu pour l’amener à l’abri. La femme, toujours consciente, déclare qu’il y avait une passagère avec elle. Hélas, il était trop tard, la voiture n’était plus qu’une boule de feu.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Mélissa Tringali, de Montréal

Le 28 novembre 2009, Mélissa Tringali se trouve dans son appartement au 3e étage quand elle détecte une forte odeur de fumée. Elle suit l’odeur pour en découvrir la provenance. Nul doute, l’appartement voisin en est la source.

Elle frappe aux portes des logements pour alerter les résidents, ayant même la vivacité d’esprit de préciser qu’une personne à mobilité réduite, au 2e étage, aura certainement besoin d’assistance pour sortir.

Cependant, rien ne bouge chez la voisine. Mme Tringali prend donc l’initiative d’ouvrir la porte. Une fumée dense envahit le logement et des flammes grimpent sur le mur de la cuisine. Sa voisine est étendue sur le plancher, inerte. Mme Tringali se met à plat ventre pour avancer et traîner sa voisine dans le corridor, complètement enfumé.

Mme Tringali respire très mal. Elle retourne à son appartement, entre sous la douche et s’asperge d’eau pour se protéger du feu. À nouveau dans le couloir, totalement aveuglée par la fumée, elle réalise qu’elle n’aura pas la force d’amener sa voisine avec elle. Elle la déplace le plus près possible de la porte de secours afin de lui permettre d’avoir accès à davantage d’air. Elle entreprend de descendre les marches à plat ventre. À l’extérieur, elle avise les pompiers de l’emplacement de sa voisine. Ceux-ci la trouvent au lieu indiqué et procèdent à son sauvetage.

Patsy Lemieux, de Saint-Malachie

Le 24 janvier 2009, Patsy Lemieux, résidente de Saint-Malachie, s’occupe de ses chiens lorsqu’elle entend des cris en provenance de chez sa voisine : « Au feu, faites le 911! » Mme Lemieux s’empare immédiatement du téléphone sans fil et compose les services d’urgence en traversant chez la voisine.

Cinq des six occupants de la maison sont à l’extérieur, leurs visages sont noircis et leur respiration affectée par la fumée. La voisine est affolée : Tristan, son petit-fils, se trouve toujours à l’intérieur. Autiste, il s’est réfugié à l’étage. La voisine se débat pour y retourner, mais Patsy Lemieux l’en empêche. En meilleure forme, elle entreprend d’y aller elle-même. Or, la fumée est dense et la chaleur intense. Si bien qu’elle est forcée de retourner prendre une bouffée d’air à l’extérieur. 

Aussitôt soulagée, elle n’hésite pas à retourner dans la maison. Aveuglée par la fumée, elle se déplace à tâtons et entreprend de gravir l’escalier qui mène au 2e étage. Arrivée en haut des marches, elle entend l’enfant tousser. Toujours en tâtonnant, elle parvient à toucher son bras, le saisir et entraîner la victime vers elle. Ensemble, ils réussiront à descendre l’escalier jusqu’à la sortie. Les pompiers arrivent peu de temps après et prennent la situation en main.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Marc Fortier (à titre posthume), d'Amos

La victime vit seule avec sa fillette de neuf mois à Amos. Depuis plusieurs semaines, elle reçoit des menaces de mort de son ex-conjoint.

Dans la soirée du 16 mai 2009, elle est angoissée. Elle invite un ami, Marc Fortier, à venir passer la soirée avec elle. Son ex-conjoint vient alors frapper à la porte. Sans réponse, il repart. À 3 h dans la nuit du 17 mai, il récidive. Manifestement drogué et armé, il défonce la porte.

Marc Fortier indique à la jeune mère de s'enfermer dans la chambre de son bébé pendant qu'il discutera calmement avec son ex-conjoint. Elle écoute son conseil. Les deux hommes se retrouvent seuls. La bagarre éclate et Marc Fortier reçoit des coups de poignard. Il s'effondre et perd connaissance.

Après avoir gravement blessé M. Fortier, l'agresseur tient quelques heures encore en otage son ex-conjointe et le bébé. Quand il se livre aux autorités, le jour se lève.

M. Fortier décédera à l'hôpital, des suites de ses blessures. 

Dominic Lespérance, de Saguenay

Prendre son corps comme bouclier! Voilà une idée chevaleresque qu’a eue un résident du Saguenay pour sauver une voisine.

Le 22 novembre 2009, vers 7 h du matin, Dominic Lespérance sort de chez lui pour découvrir la source du vacarme qui l’a tiré de son sommeil. La scène est horrible : un individu armé, qu’il a déjà vu auparavant, invective sa voisine et menace de la poignarder.

M. Lespérance alerte les policiers et se rend sur les lieux pour tenter de raisonner l’agresseur. En vain. Il s’interpose alors physiquement entre les deux personnes, les tenant à distance l’une de l’autre. Il continue à plusieurs reprises de sommer l’agresseur de rendre son couteau. 

Sa persévérance porte fruit. Il réussit à mettre l’arme hors de portée, il saisit l’homme par la gorge et l’appuie fermement contre le véhicule du suspect. L’agresseur le frappe alors à la jambe pour se défaire de son emprise, sachant pertinemment que M. Lespérance a une importante blessure à cet endroit. Non seulement il encaisse le coup, mais il parvient à distraire le suspect et à préserver la sécurité de sa voisine jusqu’à l’arrivée des policiers.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Martin Benko, de Montréal

Sans le vouloir, le meilleur ami de l’homme peut parfois nous entraîner au bon endroit, au bon moment… 

Le 18 octobre 2009, Martin Benko promène son chien dans le quartier Côte-Saint-Luc, à Montréal. À quelques pieds de lui, un homme âgé subit un malaise au volant de son véhicule, perd connaissance, le pied sur l’accélérateur. Il percute la clôture d’une résidence privée et aboutit… dans une piscine.

L’auto coule et de l’essence se répand dans l’eau brouillée et froide. M. Benko donne son cellulaire à un passant et lui demande de composer le 911. Faisant fi de ses craintes et du choc thermique, il saute dans la piscine. Il veut sauver la victime d’une noyade certaine.

Il lui est impossible d’ouvrir les portières et toutes les fenêtres sont fermées. Il en brise une, mais la vitre, en dents de scie, risque de blesser davantage la victime. Avec une roche, il frappe plusieurs coups dans une autre vitre jusqu’à son éclatement.

Enfin, M. Benko saisit l’homme, plutôt corpulent, et qui, de plus, est alourdi par ses vêtements mouillés, et le tire d’affaire. L’octogénaire sera réanimé à l’hôpital. Quant à M. Benko, il s’en sort avec des coupures mineures.

Jean-Pierre Drouin et Léo Hardy, de Saint-Georges

Le 22 août 2009, un couple prend du soleil sur le bord de la rivière Chaudière, en Beauce. L’homme va faire une baignade, mais avec la force du courant, il se retrouve bientôt en difficulté et appelle à l’aide. Sa copine saute à l’eau.

Un peu plus loin, Kéven Dumas entend les cris de détresse. Simultanément, il repère trois personnes près du quai : Jean-Pierre Drouin, Léo Hardy et Anne Boucher. Il les avise de la situation. MM. Drouin et Hardy s’emparent de ceintures de sécurité et sautent à l’eau. Mme Boucher reste en place pour aider éventuellement à la réanimation des victimes.

Jean-Pierre Drouin tend une ceinture de sécurité à la femme, qui lui précise que c’est son amoureux qui en a le plus besoin. Il poursuit sa nage jusqu’à l’homme, complètement épuisé, qui se cramponne à la ceinture. Le temps passe et la dame s’épuise à son tour. Léo Hardy la soutient tantôt par la taille, tantôt par les aisselles, afin de la ramener, elle aussi, au quai. Il faut plusieurs minutes pour parcourir la distance qui les sépare du quai, avec les victimes. Ils doivent nager à contre-courant.

Mme Boucher aide à sortir sauveurs et rescapés de l’eau. Ils sont tous épuisés, mais sains et saufs.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Stéphane Bourassa, de Sainte-Adèle

Stéphane Bourassa est agent de sécurité au Casino de Mont-Tremblant. Le 11 juillet 2009, il rentre du travail au petit matin. À un moment, un véhicule le dépasse à sa droite, dans la voie d’accotement, perd le contrôle, fait quelques tonneaux et termine sa course dans un fossé d’environ six pieds de profondeur.

Des cris de douleur s’échappent du véhicule accidenté qui est immobilisé à l’envers. M. Bourassa prend soin d’alerter une automobiliste et lui demande d’appeler les secours. S’approchant de l’accident, il aperçoit de la fumée… et des flammes. Rapidement, il passe par la vitre fracassée de la porte du côté du passager, tire sur les pieds et réussit à dégager le jeune conducteur.

Il le ramène sur le bord de la route en sécurité. Très confus, l’automobiliste prétend que d’autres personnes se trouvent dans la voiture. M. Bourassa retourne dans le fossé, inspecte le véhicule, crie en direction des potentielles victimes, mais ne voit rien. La voiture se transforme alors en une véritable boule de feu. M. Bourassa n’a d’autre choix que de rejoindre l’homme accidenté.

Stéphane Bourassa devra immobiliser le jeune homme, toujours très agité. En effet, la victime devient une menace pour sa propre sécurité, étant convaincue, à tort, que des passagers étaient à bord de la voiture. Les secours ne tarderont pas à arriver.

François Vézina, de Québec

Le 25 août 2009, à Québec, des étudiants se rendent à leurs cours, au cégep de Limoilou. C’est alors que se produit une collision brutale à proximité de l’établissement. Au volant de sa voiture, une dame est frappée de plein fouet par un véhicule qui roule en sens inverse. La collision est si violente que la voiture de la conductrice est renversée sur le côté.

Témoin de la scène, Henley Coulombe appelle les secours pour obtenir de l’aide. François Vézina, qui a vu se produire l’accident, grimpe sur la carrosserie pour essayer d’ouvrir les portières. Il n’y parvient pas. Avec l’aide de MM. Coulombe et Garneau-Lapointe et d’un travailleur, il réussit à remettre la voiture sur ses roues. Il y a de la fumée qui se dégage du capot, une flaque d’huile et d’essence se fait voir au sol. On doit agir rapidement compte tenu du danger imminent.

Les portières étant toujours bloquées, M. Vézina insère donc une main par la fenêtre de la porte du conducteur et réussit à la déverrouiller. Ensuite, aidé du travailleur, il soulève la victime et la transporte quelques mètres plus loin. La voiture est maintenant la proie des flammes.

Sophie-Rose Dufresne, témoin de la scène, vient rejoindre la victime. Elle la rassurera jusqu’à l’arrivée des secours.

N’eût été l’intervention rapide et efficace de ces jeunes, la victime serait certainement morte brûlée vive dans sa voiture.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Jordi Gardon et Olivier Mayrand, de Québec

Les festivités de la Saint-Jean-Baptiste 2009 viennent de se terminer sur les plaines d’Abraham. Consciencieux, Jordi Gardon et Olivier Mayrand rentrent tranquillement chez eux en autobus.

Soudainement, le chauffeur s’arrête, sort du véhicule et compose le 911. Quittant tous l’autobus, une trentaine de jeunes assistent, hébétés, au spectacle d’un quadruplex en feu. 

Jordi Gardon se dirige vers le premier logement. Il cogne dans la vitre pour alerter les gens. Au même moment, il voit une dame qui, complètement sous le choc, ne bouge pas malgré les flammes importantes qui envahissent son appartement. Jordi défonce alors la porte pour secourir la dame. Sur ces entrefaites, son ami Olivier Mayrand le rejoint. La dame semble confuse. Jordi sort la dame à l’extérieur pendant qu’Olivier se précipite au sous-sol pour trouver d’autres personnes.

Ils répètent l’exercice pour chacun des trois autres logements. Ils devront utiliser leurs efforts pour convaincre les résidents de l’urgence d’agir et de les suivre à l’extérieur.

À l’arrivée des pompiers et des ambulanciers, Jordi et Olivier ne réalisent toujours pas qu’à eux seuls, ils ont sauvé la vie de cinq personnes. Ils recevront une citation d’honneur du Service de la protection contre l’incendie de la Ville de Québec relativement à cet événement.

Alexandre Lapointe, de Sherbrooke 

Quand on est camelot, on ne s’imagine pas un jour faire soi-même l’objet de la nouvelle! C’est pourtant ce qui est arrivé à Alexandre Lapointe, 13 ans.

Le 12 décembre 2009, vers 5 h 45, Alexandre effectue sa distribution du journal La Tribune, dans la région de Sherbrooke, quand il voit une colonne de fumée sortir de derrière une maison. Il croit d’abord qu’il s’agit de la fumée de cheminée. Pour aller porter le journal, Alexandre doit se rendre à l’arrière de la maison, mais en s’approchant, il aperçoit des granules de bois d’allumage qui s’enflamment. La galerie et les marches d’escalier prennent feu à l’instant… et une matière explosive se trouve à proximité. La situation est problématique et, manifestement, les résidents ne se rendent pas compte qu’un feu fait rage.

Alexandre gravit les marches et frappe très fort à la porte en criant : « Au feu, il faut sortir! » Mais à cette heure matinale, les sept résidents de la maison dorment. La fumée s’accumule sous le toit et Alexandre commence à éprouver des difficultés respiratoires. Il crie et frappe avec davantage d’insistance. Enfin, une silhouette se profile à l’intérieur.

Peu de temps après, encore en pyjama, les parents de la maisonnée sortent et constatent que le feu fait rage. Ils indiquent à Alexandre de s’éloigner.

Cependant, le camelot ne quittera les lieux que lorsqu’il constatera que la maisonnée se vide, que tout le monde est sain et sauf, avant de terminer sa distribution de journaux.

Alain Roy, de Magog

Chauffeur de taxi est un métier qui entraîne bien des surprises. Alain Roy en sait quelque chose. En service dans la nuit du 5 au 6 décembre 2009, il aperçoit une fumée suspecte au loin. Il demande à son client l’autorisation de dévier de sa trajectoire pour se rapprocher des lieux d’où émane une fumée. Un incendie vient bel et bien de naître dans un duplex.

M. Roy informe immédiatement la centrale de taxi et fournit les coordonnées du lieu d’incendie. 

N’écoutant que son courage, il se donne le devoir d’alerter les occupants qui dorment à cette heure tardive, et donc ignorent l’état d’alerte.

M. Roy et son client frappent brusquement aux portes, qui sont l’une à côté de l’autre, pour arracher les résidents à leur sommeil. D’un côté, quelqu’un répond. Les quatre occupants de cet appartement sortent de leur logement.

De l’autre côté, on ouvre la porte, mais la personne refuse de sortir, car quelqu’un dort au 2e étage. Constatant cela, M. Roy entre dans la maison et se rend dans la chambre où une personne dort profondément. M. Roy voit les flammes monter. Sentant l’urgence, il prend de force le jeune homme, le tire hors de la chambre et regagne l’extérieur.

Tous sont maintenant en sécurité et personne n’est blessé. Dehors, les secours arrivent, et les réchappés, en larmes, remercient leur bienfaiteur.

Bruno St-Jean, de Terrebonne

« Au secours, sauvez-moi! » C’est ce qu’entend Bruno St-Jean, l’après-midi du 8 septembre 2009, alors qu’il est chez lui à Terrebonne. Sur-le-champ, il demande à sa belle-fille de composer le 911 et court en direction des cris.

Il aperçoit sa voisine, à la fenêtre du 2e étage de la maison en proie à un violent incendie. Puis, ses appels à l’aide se font de moins en moins forts. Elle est visiblement incommodée par la dense fumée noire qui s’échappe de sa fenêtre. M. St-Jean saute par-dessus sa clôture, repère une échelle, l’installe contre le mur de la maison et grimpe jusqu’au 2e étage pour porter secours.

Juché à 15 pieds de haut, il demande à sa voisine affaiblie de défoncer la moustiquaire qui la tient prisonnière. Il l’encourage et la rassure jusqu’à ce qu’elle y parvienne. M. St-Jean lui demande alors de se pencher pour qu’il l’extirpe de là. Elle s’exécute, mais il ne parvient pas à la sortir. Les vêtements de la dame restent coincés. La fumée se fait de plus en plus abondante. Sans autre choix, il déchire les vêtements et réussit à la prendre dans ses bras.

Les policiers arrivent sur les lieux et complètent le sauvetage avec M. St-Jean. Nul doute que son intervention rapide a permis de sauver une vie.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Yves Choquette, de Laval

Le samedi 20 juin 2009, en après-midi, Yves Choquette sort d’un supermarché à Venise-en-Québec. Au moment où il arrive devant une rangée de voitures garées, il se retrouve face à face avec une voiture qui recule vers la rue. La voiture se dirige directement vers les réservoirs à essence d’une station-service. Personne n’est au volant. Par contre, une fillette d’environ trois ans est à cheval entre les deux sièges avant. Un autre enfant se trouve à l’arrière du véhicule, endormi. Personne ne semble assis dans le siège du conducteur.

M. Choquette court à côté du véhicule. Il rentre sa tête et ses bras à l’intérieur. Il saisit le volant et le tourne pour diriger l’auto et lui faire contourner les obstacles. L’automobile traverse la rue, évitant de peu les réservoirs d’essence, puis finit par s’immobiliser. M. Choquette retire le haut de son corps.

Plusieurs témoins sont réunis près de la scène et observent d’un œil accusateur Yves Choquette. Voyant cela, M. Choquette demande : «Où est le père ? » Il voit un homme accourir derrière, visiblement décontenancé. 

M. Choquette avait bien peu de temps pour faire dévier la voiture de sa trajectoire pour l’empêcher de heurter les réservoirs d’essence, avec les conséquences que l’on peut imaginer.

Daniel Désilets, de Saint-Hippolyte

Dans une usine d’asphalte à Saint-Jérôme, le 6 juillet 2009 vers 8 h, Denis Carrière s’apprête à embarquer dans une benne en forme d’entonnoir. Il doit la débloquer, car elle est obstruée par de la poussière de roche et du sable. Coup du sort, le sable s’est abattu sur lui. Denis s’enfonce, aspiré par le fond. C’est l’effet d’entonnoir…

À l’usine, Daniel Désilets entend alors des cris de détresse. Il contacte le poste de commande et ordonne que cesse toute activité. M. Désilets court en direction de la benne. Il grimpe rapidement et constate que son collègue est presque entièrement enseveli sous des tonnes de sable. Il respire difficilement.

M. Désilets descend dans la benne et il dégage la tête de son coéquipier. C’est à ce moment que les secours sont appelés. D’autres travailleurs veulent prendre part au sauvetage, mais tout mouvement risque de provoquer de nouveau un glissement qui pourrait être fatal aux deux hommes. En attendant les secours, M. Désilets enroule son corps autour de la tête de Denis pour le protéger des éboulements potentiels et le rassurer.

Ce sont les pompiers qui, deux heures plus tard, parviendront finalement à sortir les hommes de leur fâcheuse position. Denis sera de nouveau debout, bottines aux pieds, et remerciera Daniel Désilets de lui avoir sauvé la vie.

Giuliano Zanchettin, de Montréal

Dans l’après-midi du 14 juillet 2009, une infirmière dans une résidence de personnes âgées a été atteinte par le projectile d’une arme à feu. Un résident de l’endroit, se déplaçant en fauteuil roulant, venait de faire feu en sa direction. Blessée au cou et à la clavicule, elle s’effondre.

Au même moment, Giuliano Zanchettin entend la décharge. Il se rend immédiatement à l’endroit d’où vient la détonation. Il entend des cris et des pleurs. Il constate qu’une infirmière est étendue et saigne abondamment. Devant elle, à quelques pieds se trouve son agresseur. Il est très agressif et vocifère des insultes et des menaces. 

M. Zanchettin se dirige droit vers l’homme armé et la bagarre éclate. À un moment, il pointe l’arme vers ce dernier.

L’altercation entre les deux hommes persiste jusqu’à ce que l’arme tombe au sol. Giuliano Zanchettin empoigne alors fermement les mains et les bras de l’agresseur, toujours assis dans son fauteuil roulant, et maintient sa position jusqu’à l’arrivée des secours.

Ainsi, par son sang-froid, son courage et sa rapidité d’action, M. Zanchettin a su contrôler l’escalade de violence, sécuriser la victime, et s’assurer que les services d’urgence soient dépêchés rapidement sur les lieux, sauvant ainsi une vie.

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