Liste des récipiendaires honorés en 2011 (pour les actes de 2010)

Le 28 novembre 2011, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 23 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2010. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par le ministre de la Justice, M. Jean-Marc Fournier. Le ministre a alors remis 12 médailles du civisme et 11 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 23 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 26e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégories.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Frédéric Gauthier, de Montréal 

Le 4 mai 2010, Frédéric Gauthier, alors qu’en rentrant chez lui, tombe sur un attroupement de gens paniqués criant : au feu ! 

Voyant qu’un incendie fait rage dans un immeuble à logements de Montréal, M. Gauthier s’approche des lieux et se fait dire qu’un couple, dont l’homme est handicapé, vit dans l’appartement enfumé. Au même moment, il aperçoit au balcon une vieille dame totalement pétrifiée. 

Il agrippe la rambarde d’un balcon où est assise la dame. Celle-ci ne réagit plus et la moitié de sa chevelure est noircie. M. Gauthier la soulève, la passe pardessus la rampe du balcon et la confie à un témoin. 

Puis, il pénètre à l’intérieur du logement, où la fumée est si dense qu’il doit ramper pour rejoindre la voix qu’il entend. Dans la chambre, un homme handicapé est dans l’impossibilité de se déplacer. Sa conjointe, agrippée aux barreaux du lit, se fait intransigeante : « Je ne veux pas laisser mon mari ici. Je ne veux pas sortir sans lui. » 

Frédéric Gauthier a alors la conviction qu’il doit impérativement sauver les deux personnes. Déterminé, il soulève l’homme dans ses bras, empoigne la dame et s’élance dans le corridor. Aveuglé par la fumée, c’est guidé par ses sens qu’il les mènera dehors, hors de danger, tous les deux. 

Il retournera dans le logement enfumé pour s’assurer qu’il n’y ait plus personne à l’intérieur.

Dans la catégorie « risques de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Jean-François Bernier et Marc Lebel, de Port-Cartier 

Le 22 juillet 2010, 5 enfants âgés de 7 à 11 ans et accompagnés de leur grand-mère se baignent dans l’eau à la plage de la Baignade, secteur de Rivière-Pentecôte, municipalité de Port-Cartier. Les parents, eux, se trouvent sur la plage, à quelques pieds du groupe des baigneurs. 

Les gens ont de l’eau à peine au-dessus des genoux lorsque soudainement, un fort courant surgit, les entraînant de force vers le large. 

Entendant les cris de détresse des enfants, trois adultes sautent à l’eau et vont à la rencontre de leurs enfants. Nadia Lavoie saisit son fils et le ramène au rivage. Marc Lebel nage environ 400 pieds avant de récupérer 2 fillettes, qui se cramponnent à lui, agitées et nerveuses. M. Lebel arrive à les ramener jusqu’à la plage suivit d'un garçon qui parvient à regagner seul la rive. M. Lebel s'empresse d'appeler le 911. 

Jean-François Bernier nage en direction de l’enfant le plus éloigné. Il a du mal à repérer l’endroit exact où il se trouve, puisque l’enfant disparaît constamment sous l’eau. Des vagues de deux à trois pieds s’élèvent. 

Lorsque M. Bernier parvient à l’endroit où il croit que l’enfant se trouve, il plonge sous l’eau sombre et froide. À l’aveuglette, il tend les bras. Heureusement, il le retrouve. Mais l’enfant ne respire plus. M. Bernier tente de le réanimer. Après quelques compressions sur la poitrine, l’enfant se remet à respirer. 

Tenant fermement le jeune avec son bras droit, M. Bernier entreprend de nager vers la rive. La grand-mère se trouve toujours à l’eau et lorsque M. Bernier arrive à sa hauteur, celle-ci est faible. M. Bernier la saisit donc avec son autre bras. Lui-même épuisé, il décide de ne pas « se battre contre le courant » et se laisse voguer sur le dos quelque temps. Lorsqu’il reprend des forces, il nage à nouveau et atteint la rive. Tous sont sains et saufs.

Peter Durand, de Mirabel

Dans la soirée du 19 février 2010, la famille Durand-Séreau s’apprête à se rendre à son chalet, sur l’île Carillon, près de Saint-André-d’Argenteuil. Elle doit traverser le lac des Deux-Montagnes, comme à l’habitude, soit en suivant les cabanes de pêche sur la glace. 

Ce sont les parents et leur chienne Roxy qui ouvrent la route sur une première motoneige. Ils sont suivis de leurs enfants : Loris, 14 ans, et Peter, 11 ans. 

Aux trois quarts du chemin, la première motoneige tombe dans un trou d’eau, avec ses occupants. Loris immobilise la motoneige et se rend rapidement près d’eux. Il tire ses parents d’affaire, ainsi que l’animal de compagnie. 

Le père de famille décide alors que le retour se fera en deux temps : l’aîné irait d’abord reconduire ses parents sur l’île; puis, il reviendrait chercher son frère et la chienne. Mais le trio a à peine franchi un autre 100 mètres que la glace cède à nouveau. Le jeune Peter accourt. Il demande où est son père. Épuisé, il avait disparu sous les eaux. 

Gardant son sang-froid, Peter détache sa chienne pour lancer la laisse à son frère, qui s’en saisit et s’extirpe de l’eau, alors que Peter tire de toutes ses forces. Puis, Peter demande à sa mère de se rapprocher d’eux, puisque là où elle se trouve, la glace est trop mince pour que les garçons puissent s’approcher. Après plusieurs tentatives, elle réussit à attraper la laisse, que Peter tirera pour mettre sa mère hors de danger. 

Ils entameront une longue marche avant d'obtenir du secours. 

Jean Laurin et Yves Laurin, de Saint-Jean-sur-Richelieu et Vincent Provençal, de Sutton

Un matin du 21 février 2010, les frères Yves et Jean Laurin, accompagnés de leur neveu Vincent Provençal, pratiquent la pêche blanche sur le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de l’estacade de Sainte-Catherine. Au loin, deux motoneigistes se promènent jusqu’à ce que soudainement, l’un d’eux disparaisse. 

Les trois hommes accourent, mais lorsqu’ils parviennent à quelques mètres du trou d’eau, la glace cède. Yves Laurin se retrouve dans l’eau jusqu’au cou, Vincent Provençal jusqu’à la taille et Jean Laurin jusqu’aux genoux. Malgré tout, ils sont résolus à ne pas laisser la victime se noyer. Une fois sortis de leur fâcheuse position, ils entreprennent de faire une chaîne humaine. 

Au compte de trois, les hommes, ainsi que l’ami de la victime, tirent de toutes leurs forces, en se cramponnant aux chevilles les uns des autres. Ils tentent à plusieurs reprises d’extirper la victime. Celle-ci cale sans cesse. Elle est faible, gelée, à demi consciente et lourde, en raison du poids accentué par ses vêtements détrempés. Mais ses sauveteurs n’abandonneront jamais : « Ce soir, tu vas aller souper avec ta famille », assure Vincent Provençal. 

Et c’est réellement ce qui se passera. La détermination d’Yves, de Jean et de Vincent permettra à l’homme de rentrer chez lui, et de revoir ses proches.

Danick Lévesque, de Montréal

Le 21 février 2010, Danick Lévesque se trouve chez lui, avec sa conjointe Janie Hallé-Bolduc, aux abords de la rivière des Prairies à Montréal, quand une dame frappe à la porte. 

Paniquée, elle déclare qu’une personne se trouve dans la rivière et qu’elle dérive dans l’eau. Immédiatement, Mme Hallé-Bolduc appelle le 911, tandis que M. Lévesque enfile ses bottes et s’empare d’un bâton de hockey. Près de la rivière, la victime dérive et seule sa tête émerge de l’eau. 

M. Lévesque marche sur la glace, mais rapidement, il constate qu’il doit ramper pour éviter que la glace cède. La victime crie à l’aide et fait d’immenses efforts pour demeurer à la surface. Conscient que le courant menace d’emporter la dame, Danick Lévesque accélère ses manœuvres. 

Il tend son bâton à la dame. Elle le saisit et s’y agrippe. Puis, il attire la victime vers lui, se place à genoux devant elle, lui saisit un bras et, de l’autre bras, l’agrippe par la ceinture pour l’extirper de l’eau glaciale. 

Sa conjointe vient le rejoindre et ensemble, ils transportent la victime, la soutiennent et l’aident à se rendre sur le lieu où les secours les attendent. 

Yves Poirier, de Campbell River (Colombie-Britannique)

Le 24 décembre 2010, en après-midi, un homme et sa conjointe circulent avec leur motoneige aux abords de la rivière Bell, à Senneterre. La glace cède. Mauvais nageur, l’homme tente désespérément de s’agripper. Comble du malheur, la glace se brise continuellement. Durant plusieurs minutes, il lutte pour s’agripper à un endroit où la glace résiste enfin. Impuissante devant la fragilité de la glace, sa conjointe le supplie de s’agripper, et elle appelle le 911. 

De la rive, Yves Poirier remarque qu’une personne est tombée dans un grand trou d’eau. Immédiatement, il se précipite au bord de la rivière. Il saisit la courroie de remorquage que tenait la conjointe de la victime, dit à celle-ci de ne pas bouger et il s’élance. 

Sous ses pas, des fissures se forment. Mais au lieu de renoncer, Yves Poirier choisit de ramper. Il tend la courroie, que l’homme à l’eau attrape. Puisque la glace craque toujours sous M. Poirier, il doit se déplacer sur la glace. Après quelques tentatives, ses efforts portent fruit : la victime est sortie jusqu’à la taille. Entre-temps, le père d’Yves Poirier est venu le retrouver. Son père et lui tiendront chacun un bout de la courroie, pour faire une chaîne et arriver, enfin, à extirper complètement l’homme de l’eau, qui a pu passer Noël chez lui, en famille. 

Noël est un moment fort de l’année pour les réjouissances en famille. Ces célébrations redoublent sans doute de signification, lorsque l’on vit une expérience comme celle-là.

Marc-Olivier Rioux, de Saint-Jean-de-Dieu

Le 10 février 2010, Marc-Olivier Rioux, 12 ans, se trouve avec un groupe d’amis sur la glace d’un lac situé à proximité de l’école primaire du secteur de Cabano. Les enfants suivent une piste de raquette. La surface semble suffisamment solide pour les supporter. 

À un moment, Marc-Olivier dit à ses amis de regarder, à quelques mètres, un trou dans l’eau. Malheureusement, l’un d’eux s’avance trop près d’un trou. La glace cède et il tombe dans l’eau glaciale. Le fond est boueux et glissant. Il crie à l’aide et se débat. Ses pieds s’enfoncent dans la boue; il n’arrive pas à nager. 

Puisqu’ils craignent de subir le même sort, les enfants se précipitent tous hors du lac. Seul Marc-Olivier Rioux reste auprès de la victime. 

Marc-Olivier s’accroupit et ordonne à son ami d’arrêter de bouger pour qu’il puisse l’attraper. Paniqué, ce dernier continue à se débattre. Marc-Olivier répète à Frédéric de se calmer, car il ne peut l’atteindre. Cette fois, l'enfant se calme. 

Grâce à son courage et à son sang-froid, Marc-Olivier tend à nouveau ses bras vers lui et tire de toutes ses forces pour l’extirper de l’eau. 

Le duo retrouvera le reste du groupe et tous ensemble, ils rentreront à l’école tirés d’affaire, mais désormais plus conscients de la fragilité de la vie.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Simon Bernier, de Chambly

Le 16 juillet 2010, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, cinq pêcheurs montent à bord d’un hydravion. La visibilité étant réduite par un immense brouillard, le pilote doit voler en basse altitude. Il cherche en vain un lac pour se poser. Mais l’engin heurte la montagne, se démembre et immobilise sa course au beau milieu du bois. Le cockpit prend aussitôt feu. Simon Bernier, 15 ans, est le seul à être conscient. 

L’adolescent réalise qu’il ne peut déjà plus rien pour le pilote et le passager avant. Cependant, armé de son courage, il brave le feu pour sortir un à un de l’engin son père et l’un de ses grands-oncles. Son père lui demande alors de retrouver son petit frère qui, manifestement, a été éjecté de l’avion. Simon le retrouve parmi la boue et les débris de l’appareil. Il tente de le réanimer, sans succès. Son petit frère Louis, 11 ans, s’éteint dans ses bras. 

Simon retourne alors auprès de son père qui, à demi conscient, demande où se trouve son autre fils. En guise de réponse, Simon dépose dans ses mains une photo de famille. Après quoi, son père rend son dernier souffle. 

Simon veille ensuite sur son grand-oncle Pierre, le seul autre survivant. Il lui construit un lit de fortune avec des branches d’épinettes, et il attend. Parfois, il entend des ronronnements d’avion au loin. À chaque occasion, il saute sur une des ailes de l’avion et frappe de toutes ses forces pour essayer de se faire voir et entendre. Tenté par l’idée d’aller chercher des secours, il choisit de rester auprès de son oncle jusqu’à l’arrivée des secouristes. Ce n’est qu’en soirée, soit plusieurs heures après l’accident, que Simon voit un premier appareil tenter des manœuvres en vue d’un atterrissage. 

La force intérieure et le courage de certaines personnes nous laissent parfois sans mot. 

Patrick Grondin, de Lévis

Dans l’après-midi du 2 mai 2010, Patrick Grondin se trouve dans la cour arrière chez lui, à Lévis, quand il entend des cris provenant de l’immeuble voisin. Il y voit alors une femme descendre les marches. Elle crie au secours. Derrière elle, son conjoint la poursuit, armé d’une machette. 

M. Grondin se précipite dans leur direction. L’homme donne des coups de machette à la femme, accroupie, qui tente de se protéger. Du sang gicle sur les murs. 

Parvenu à quelques pieds de l’agresseur, Patrick Grondin enjoint à la victime de se sauver, détournant du même coup l’attention de l’agresseur. En état de choc, la femme comprend qu’elle a une chance. Elle se sauve, mais son conjoint la rattrape et lui inflige de nouvelles blessures. 

Patrick Grondin saute alors à la gorge de l’agresseur. Il l’étrangle pendant quelques secondes, tentant ainsi de le maîtriser, et demande aux voisins d’appeler les secours et de s’occuper du bébé du couple, seul dans l’appartement depuis le début de l’altercation. 

Les policiers arriveront quelque deux minutes plus tard. La femme a survécu aux durs coups qu’elle a reçus, et son bébé est toujours en excellente santé. L’intervention de Patrick Grondin, un bon samaritain, nous évite de penser à comment aurait pu se terminer cette histoire.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « accidents », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Juean Beaudoin, de Saint-Hubert et Micaël Girard, de Saint-Césaire

Au petit matin, le 8 octobre 2010, Juean Beaudoin et Micaël Girard rentrent du travail. Ils circulent sur l’autoroute 40, dans le secteur Kirkland, lorsqu’ils remarquent un véhicule renversé, en flammes.

M. Beaudoin se dirige vers la camionnette et regarde à travers le pare-brise : il aperçoit alors deux femmes conscientes, mais prisonnières du véhicule. Or, le feu continue de se propager dans le pare-brise, tout près d’elles.

 D’autres automobilistes sont arrêtés et les secours ont été appelés, mais la vie de deux personnes est sérieusement en péril.

Juean Beaudoin essaie de briser la vitre arrière avec ses pieds, mais sans succès. Il demande alors à ses collègues, qui prenaient place dans son véhicule, d’aller chercher des outils permettant de fracasser les vitres. 

Coup de chance, MM. Beaudoin et Girard sont installateurs de clôtures. Ils ont donc des outils en main. On remet à Juean Beaudoin un extincteur, et Micaël Girard arrive avec une masse. Ainsi armés, ils réussissent à faire éclater les vitres. Une boule de feu se forme et l’une des victimes supplie : « Sortez-moi de là ! » 

Juean Beaudoin la recueille et l’aide à s’extirper de la camionnette. L’intérieur de l’habitacle est alors complètement envahi par la fumée. M. Beaudoin réussit tout de même à y glisser la moitié de son corps. Aveuglé, il balance ses bras dans le vide, jusqu’à ce qu’il atteigne la deuxième victime, qu’il aide à sortir, secondé par Micaël Girard. 

Contre toute attente, un autre véhicule percute la camionnette. Le réservoir d’essence explose. Heureusement, les deux sauveteurs avaient déjà amené les femmes plus loin, hors de tout danger. 

Parfois, certaines personnes se trouvent au bon endroit, au bon moment et avec les bons outils. 

André Fauchon, de Saint-Camille-de-Lellis

Le 31 décembre 2010, en soirée, André Fauchon circule en direction de Sainte-Justine de Bellechasse. La chaussée est très glissante. Soudainement, dans une courbe, il aperçoit une voiture qui flambe. 

M. Fauchon immobilise son véhicule et va à la rencontre des personnes déjà arrêtées, figées devant la scène. Des cris proviennent d’une seconde voiture, située un peu plus loin. Il court vers elle et aperçoit des flammes sortir de l’auto. Le conducteur est prisonnier du véhicule, convaincu qu’il y laissera sa vie. 

Une seule issue semble possible : la fenêtre cassée de la porte du côté passager crée une mince ouverture. André Fauchon réussit à y entrer le haut de son corps. Il y a beaucoup de fumée dans l’habitacle. M. Fauchon saisit la victime et lui assure qu’il la sortira de là. C’est presque miraculeusement qu’il parvient à extirper l’homme de sa position. 

Les réflexes et la rapidité de M. Fauchon ont définitivement sauvé la vie de la victime. 

Ronald Paquin (à titre posthume), de Sainte-Barbe

Tard dans la soirée du 27 février 2010, Ronald Paquin et sa conjointe se reposent à la maison. Au cours de cette soirée hivernale, une conductrice, avec trois passagers dans la voiture, circule sur la route 132 à Sainte-Barbe, en Montérégie. Sur une section de la route, la surface n’est plus que glace noire, si bien que la conductrice perd le contrôle. Un capotage s’en suit et la voiture aboutit devant la maison de M. Paquin. Un occupant de la voiture vient aussitôt cogner à sa porte pour demander de l’aide. 

Ronald Paquin n’hésite pas une seconde à aller prêter main-forte aux passagers de la voiture, suivi de sa conjointe. Alors que M. Paquin se trouvait près de la voiture accidentée, occupé à sauver des vies, un autre automobiliste surpris par la glace noire dérape au même endroit. M. Paquin et sa conjointe sont touchés violemment. 

Les secours s’organisent et M. Paquin est rapidement transporté à l’hôpital, mais il n’aura aucune chance. 

Les tragédies sont souvent vécues comme des mystères difficiles à comprendre. C’est encore plus vrai lorsqu’elles surviennent dans des circonstances exceptionnelles.

Maxime Saucier-Boucher, de Saint-Paul-de-Joliette

Le 17 août 2010, Maxime Saucier-Boucher se rend à son travail, à Notre-Dame-de-Lourdes, quand il tombe sur une camionnette renversée. Il remarque que beaucoup d’essence gicle du dessous de la camionnette. De nombreux passants sont rassemblés, mais n’osent intervenir. De petites flammes sont perceptibles sous le véhicule. Un homme blessé y est coincé. 

Convaincu qu’il réussira à remettre le véhicule sur ses roues, Maxime crie aux gens attroupés : « Venez-vous-en, on le lève, on le sort, go, go, go ! » Plusieurs hommes tentent la manœuvre, sans succès. Le feu redouble d’ardeur et disperse les gens. Maxime grimpe sur le pare-brise et tente de le fracasser. Il n’y a rien à faire. Les flammes font rage de plus belle, augmentant les risques d’explosion. 

C’est alors que Maxime court à la rencontre d’un camion lourd, pour vérifier s’il a un extincteur. Heureusement, il est bel et bien équipé d’un extincteur ! Maxime s’en empare, et réussit à éteindre les flammes sous le véhicule et à l’intérieur, où le feu avait commencé à brûler les jambes de la victime. Constatant ensuite qu’il ne peut aider la victime à s’extraire du véhicule, Maxime lui parle et l’encourage, lui disant que les secours arrivent. Il prend aussi le temps de vérifier l’état des occupants de l’autre véhicule, avec lequel la victime était entrée en collision. 

À l’arrivée des secours, Maxime retourne au travail. Quelques mois plus tard, les deux hommes se sont retrouvés, émus. Certains événements nous font voir la vie autrement et nous amènent à l’apprécier davantage !

Dans la catégorie « incendies », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Mathieu Bouchard, de Saint-Augustin (Mirabel) et Jonathan Lebeault, de Saint-Eustache

Le 2 septembre 2010, Mathieu Bouchard, Marie-Ève Desjardins et Jonathan Lebeault passent la soirée dans un bar de la rue Sainte-Catherine à Montréal. Au moment où ils sortent, ils aperçoivent de la fumée sortant d’une fenêtre de l’étage au-dessus du bar, qui regroupe plus d’une quarantaine de chambres. 

Le trio se sépare : Mme Desjardins reste à l’extérieur pour s’occuper des évacués, MM. Bouchard et Lebeault grimpent à l’étage pour prévenir les occupants. Dans tout le corridor, la fumée est assez dense. Les deux hommes doivent se pencher et entreprennent de cogner à toutes les portes. La plupart des occupants coopèrent et sortent. Lorsque nécessaire, les deux amis défoncent les portes. Quelques personnes, qui étaient dans un état second avant même la présence de la fumée, donnent du fil à retordre. 

La tâche est pratiquement accomplie lorsque Jonathan Lebeault aperçoit un extincteur et le remet à Mathieu. Ensemble, les hommes défoncent une dernière porte, tout au fond du corridor, où l’incendie a pris naissance. La fumée est dense; Jonathan se couvre la bouche pendant que Mathieu vide le contenu de l’extincteur. 

Contre toute attente, le dernier homme à être encore présent sur les lieux, confus, jette Mathieu au sol, avant de perdre connaissance. À bout de souffle, Jonathan et Mathieu le transportent jusqu’à la sortie. Tous les résidants sont alors sains et saufs. 

Quelques secondes de plus et Mathieu Bouchard perd connaissance, ayant inhalé une quantité importante de fumée. Il a été traité à l’hôpital. 

Par ailleurs, les trois compagnons apprendront que le foyer d’incendie se trouvait juste au-dessus de restaurants fonctionnant au gaz, et que sans leur intervention, le bilan des victimes aurait pu être très lourd. 

Franck Fabre, de Saint-Étienne-de-Lauzon

Le 23 juillet 2010, vers les quatre heures du matin, Franck Fabre rentre à sa boulangerie de la rue Cartier, à Québec. Comme à l’habitude, il s’apprête à mettre ses pains au four quand tout à coup, il entend des crépitements venant de l’extérieur. 

Des flammes d’environ six pieds sortent de l’immeuble qui jouxte le sien, celui qui abrite un bar. Aussitôt, une explosion se fait entendre et les flammes gagnent maintenant le 2e étage, où se trouvent des appartements. 

M. Fabre appelle le 911, puis se précipite dans les marches en criant et en cognant énergiquement aux portes des appartements. Les locataires sortent, tous conscients, sains et saufs. 

Au moment où il s’apprête à monter vers un dernier logement occupé par un couple âgé, les pompiers arrivent pour prendre la relève. M. Fabre leur indique alors où se trouve le foyer de l’incendie. 

Un proverbe dit : « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ». Pour Franck Fabre, se lever tôt, c’est le quotidien et c’est aussi ce qui lui a permis de sauver plusieurs vies.

Dans la catégorie « risques de noyade», le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Alain Lessard, de Saint-Étienne-de-Beauharnois

Dans la soirée du 29 mai 2010, Alain Lessard est dans le bateau de son ami Richard Tremblay, à la marina de Beauharnois. Ils aperçoivent un homme s’approcher de l’eau, titubant. Alain a le sentiment que l’homme va sauter. C’est ce qui se produit : le malheureux saute, se débat à peine, puis commence à couler. 

Alain revêt la première ceinture de sécurité qui lui tombe sous la main. Elle est beaucoup trop petite, mais tant pis, il se fie à ses compétences de nageur et de sauveteur. Il réussit à atteindre le jeune homme rapidement, qui se trouve déjà sous l’eau. Il le remonte et tente de le calmer. L’homme pleure; il ne désire qu’une chose : retourner au fond. 

Alain Lessard l’agrippe par le cou et nage vers le bateau. L’homme est agité, difficile à maintenir, si bien que l’aventure s’avère fatigante et périlleuse. À la moitié du trajet, 

M. Lessard est exténué. Il commence à avaler de l’eau, en raison de la ceinture trop étroite. Son ami Richard l’encourage, jusqu’à ce qu’il atteigne le bateau. 

M. Tremblay tend une perche à M. Lessard. Ce dernier la saisit et son ami le tire jusqu’à la plateforme de baignade du bateau. 

Les secours arrivent sur les lieux et s’occupent du jeune homme.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Bertrand Carle, de Trois-Rivières

Nous sommes le 29 octobre 2010. Comme chaque matin, l’école primaire Saint-Paul, à Trois-Rivières, regorge de vitalité avec tous ses écoliers qui ont tant à raconter. Les portes des classes se referment, la leçon va commencer. 

Dans le corridor, un intrus rôde. Il tient deux bâtons, respire fortement en regardant nerveusement autour de lui, serre les dents. Le psycho-éducateur de l’école, Bertrand Carle, l’intercepte. 

Il tente de rassurer l’individu. Il lui demande calmement de lâcher ses bâtons. Mais l’homme tient des propos incohérents et se dirige droit vers une classe. M. Carle, animé par le seul désir de préserver la sécurité des enfants, se met en travers de sa route. Jamais il ne le laissera passer. En tentant de s’emparer des bâtons, il se pique sur les seringues souillées que l’individu tenait cachées dans le creux de ses mains. 

Enfin, quelques minutes plus tard, le malfaiteur est arrêté par les policiers. Les enfants sont hors de danger. Néanmoins, M. Carle vivra de longs moments d’angoisse, après avoir appris que l’individu est atteint du VIH. Il subira des traitements médicaux importants pour éviter la contagion. Heureusement, il n’a jamais été contaminé. 

Aujourd’hui, Bertrand Carle est en excellente santé et les enfants de l’école primaire de Saint-Paul, toujours aussi débordants d’énergie. 

Jonathan Perrier, de Radisson

Jonathan Perrier est agent de cargo. Le 24 juillet 2010, il se trouve à l’aéroport de Grande-Rivière, à la Baie-James, quand il voit plusieurs véhicules d’urgence s’élancer sur la piste d’atterrissage. Il pense tout de suite à son ami qu’il avait vu quelques minutes auparavant. 

Un contrôleur lui confirme qu’un accident s’est produit : l’avion que conduisait son ami vient de s’écraser. Quatre touristes étaient à bord. 

Immédiatement, Jonathan Perrier part en direction de l’accident. Il doit marcher une vingtaine de minutes dans le bois. Ce sont les cris des victimes qui le guident jusqu’à la scène : l’avion est écrasé; des débris traînent partout; de la fumée se dégage de la carlingue. 

Jonathan traverse un lac à la nage pour joindre les blessés, encore conscients, mais en état de choc. Comme ils sont presque totalement immergés dans le lac, Jonathan se dit que tout ce qu’il peut faire, c’est de les aider à tenir leur tête hors de l’eau. Mais au bout d’un moment, l’état des victimes se détériore. M. Perrier sait qu’il doit faire plus. Un à un, il fait flotter les accidentés sur le lac et les ramène sur la rive. Durant environ une heure, il reste près d’elles. Il les rassure, les encourage. Malheureusement, son ami Glen Arsenault meurt dans ses bras. 

Enfin, les secours arrivent par hélicoptère. Jonathan Perrier les aide à évacuer les victimes. Sans s’en rendre compte, il souffre lui-même d’hypothermie. Il fera donc lui aussi partie du voyage d’évacuation par hélicoptère. 

Les survivants de cet accident peuvent aujourd'hui dire merci à la vie d'avoir mis Jonathan Perrier sur leur chemin.

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