Liste des récipiendaires honorés en 2013 (pour les actes de 2012)

Le 25 novembre 2013, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 25 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2012. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par le ministre de la Justice, monsieur Bertrand St-Arnaud. Le ministre a alors remis 6 médailles du civisme et 19 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 25 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 28e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégories.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « incendie », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Pishum André-Gadoury, de Montréal

Le 16 juillet 2012, en après-midi, Pishum André-Gadoury est au sous-sol de la maison familiale, rue Cuvillier, à Montréal. Soudain, il entend sa mère lui crier qu’il y a un incendie dans la ruelle.

Le jeune homme se précipite au rez-de-chaussée et sort dans la cour. De l’autre côté de la ruelle, à l'immeuble d'en face, un homme âgé, vêtu seulement d’un sous-vêtement, est debout, l’air hagard, sur le balcon à l’étage; une intense fumée noire se dégage de son appartement. L’homme reste impassible malgré les cris des gens qui l’enjoignent à descendre; il retourne même à l’intérieur.

Pishum André-Gadoury parvient, non sans difficulté, à gagner accès à la cour arrière de l’immeuble, monte à l’étage et entre dans le logement où il trouve l’homme, dans la cuisine, au milieu d’une épaisse fumée. Il le prend par le bras et l’entraîne sur la galerie en lui demandant s’il y a quelqu’un d’autre dans l’appartement. Désorienté, l’homme lui répond que non, mais dans le doute, Pishum appelle à l’intérieur où règne déjà une chaleur intense. Il aide l’homme à descendre l’escalier en colimaçon qui conduit à la cour.

Pishum jette ensuite un coup d’œil à la fenêtre de l’appartement du rez-de-chaussée, mais n’y voit personne. Il monte au dernier étage dans la fumée pour vérifier s’il y a quelqu’un et voit un homme assoupi sur un divan. Il frappe alors dans la porte, réussit à le réveiller et le presse de sortir.

Pishum se rend ensuite en façade de l’immeuble pour indiquer aux pompiers qu'un blessé est dans la cour. Les secouristes s’occupent du vieil homme et administrent de l’oxygène à Pishum qui a inhalé beaucoup de fumée.

C’est grâce à la persévérance de Pishum André-Gadoury que deux personnes ont eu la vie sauve en cet après-midi de juillet 2012.

Robert Colmor, de Pohénégamook

Le 17 février 2012, Robert Colmor est à son travail à l’usine de fabrication de poutrelles de bois de Pohénégamook. Un collègue remarque que de l’huile s’échappe du dépoussiéreur et que des débris de bois retombés dans la benne chargée de les recueillir ont pris feu. Robert Colmor aide alors un autre collègue à démêler un boyau d’arrosage pour éteindre le feu, mais les flammes progressent trop rapidement et attaquent le dépoussiéreur.

Prévenus de la situation, deux employés de l’usine ramassent des extincteurs et montent dans le dépoussiéreur par l’échelle qui compte deux paliers. L'un d'eux reste sur le premier palier et tend les extincteurs à son collègue qui a gagné le second palier et qui se trouve maintenant près du moteur, foyer de l’incendie. En dépit de leurs efforts, le feu continue de gagner en intensité.

À un certain moment, de l'air sous pression dans un des extincteurs provoque un retour de flamme qui atteint les deux hommes. Le travailleur au second palier crie à son collègue de sauter, ce que celui-ci parvient à faire; il s'en tirera avec des brûlures aux mains. Moins chanceux, le travailleur au second palier ne peut ni descendre ni sauter car son vêtement de travail, imbibé de colle, le retient prisonnier de l’échelle, prend feu et le transforme en torche vivante.

En dépit du danger, Robert Colmor grimpe le rejoindre. Il essaie, tant bien que mal, mais sans succès, d’éteindre les flammes avec ses mains, lorsqu’il se rappelle soudain qu’il a un couteau dans ses poches. Il s’en saisit, réussit à couper le vêtement en feu et aide son collègue sévèrement brûlé à redescendre. Il en prend soin jusqu’à l’arrivée des secours, plusieurs minutes plus tard.

Au risque d’être lui-même gravement blessé, c’est sans hésiter que Robert Colmor s’est porté au secours de son collègue et lui a évité une mort certaine dans d’atroces souffrances.

Markengton Fonrose, de Saint-Hubert

Le 4 avril 2012, en fin de soirée, Markengton Fonrose circule sur la rue Clark, à Montréal. Rendu à la hauteur de la rue Liège, il remarque qu’un incendie fait rage dans un immeuble. Il gare alors sa voiture, appelle les secours et se précipite vers le bâtiment.

Les occupants du quadruplex sortent de l'immeuble d’où s’échappe déjà une intense fumée noire et lui apprennent qu’une dame âgée se trouve toujours au sous-sol. Markengton décide aussitôt de partir à sa recherche; il est vite rejoint par un autre homme arrivé sur les lieux entre-temps.

Markengton et l'homme descendent les quelques marches qui conduisent au sous-sol, mais la fumée est tellement dense qu’ils ne réussissent même pas à voir les murs. Devant l’appartement de la dame, où se situe d’ailleurs le foyer de l’incendie, ils enfoncent la porte.

S’aidant mutuellement, ils avancent péniblement dans le logement où des flammes lèchent les murs; il y règne également une dense fumée âcre. Rapidement, Markengton Fonrose se bute à quelque chose qui se révèle être le corps inerte de la victime. Les deux hommes s’empressent de la transporter à l’extérieur et entreprennent aussitôt des manœuvres de réanimation en attendant l’arrivée des ambulanciers, quelques minutes plus tard.

Malheureusement, le décès de la dame sera constaté à l’hôpital. Les pompiers ont toutefois insisté pour souligner que les efforts de Markengton Fonrose et de son acolyte n’ont pas été vains, puisque si la dépouille de la victime était demeurée dans l’immeuble, l’incendie aurait rendu difficile son identification et le deuil de sa famille.

Saluons ce bel et valeureux effort de collaboration entre Markengton Fonrose et ce compagnon de fortune resté anonyme réalisé en cette fin de soirée d’avril 2012.

Réjean Riopel, et Vincent-Alexeï Voégelé, de Saint-Élie-de-Caxton

Le 25 avril 2012, à l’heure du dîner, Réjean Riopel fait une promenade sur l’avenue Principale, à Saint-Élie-de-Caxton, en compagnie d’une amie. Une fois devant le 2601, il remarque qu’une épaisse fumée se dégage de l’arrière de la maison. Il y accourt et, rendu à la porte-fenêtre entrouverte, il constate qu’il ne peut entrer, comme la fumée est déjà trop dense. Il se dirige alors vers la porte avant.

Quelques instants plus tard, un voisin d’en face, Vincent-Alexeï Voégelé, voit bien lui aussi que quelque chose d’anormal se passe de l’autre côté de la rue et décide de traverser. Il trouve Réjean Riopel, essoufflé et le visage noirci. Celui-ci est entré deux fois dans la résidence en feu et a appelé l’occupant; il a même tenté, sans succès, de se rendre à sa chambre au rez-de-chaussée en se laissant guider par le son de sa voix.

Du seuil de la porte, Réjean Riopel lui crie que son voisin, Vincent-Alexeï Voégelé, est là et qu’il va se porter à son secours. Mais Vincent-Alexeï fait à peine quelques pas dans la maison que l’intense fumée le repousse à l’extérieur. Il demande alors à Réjean de continuer de faire parler son voisin pour le guider, puis il retourne à l’intérieur, mais en rampant cette fois, pour se protéger. C’est ainsi qu’il réussit finalement à se rendre à la chambre, où, en tâtant, il trouve son voisin et l’aide à sortir.

Les pompiers arrivent sur les lieux quelques minutes plus tard et font conduire le malheureux à l’hôpital de Shawinigan, étant donné qu’il a inhalé beaucoup de fumée; il recevra son congé dans la nuit.

Sans les efforts concertés de Réjean Riopel et de Vincent-Alexeï Voégelé, un homme n’aurait sans doute pas survécu à l’incendie de sa demeure.

Patrick Trudel, de L'Épiphanie

Le matin du 25 mars 2012, alors qu'il circule sur la rue Charpentier à L’Épiphanie, Patrick Trudel croit apercevoir de la fumée à quelques rues de là. Ses craintes se confirment une fois qu’il arrive à la hauteur de la rue de l'Hôtel-de-Ville. Un homme étendu sur le sol près de la maison l'informe que ses parents âgés sont toujours à l’intérieur.

Patrick Trudel se précipite dans la maison; une intense chaleur y règne et la fumée est à ce point dense qu'il ne peut rien discerner. À tâtons, il réussit à gravir des marches, trouve un homme gisant sur le plancher de la cuisine et l'entraîne à l'extérieur. L'octogénaire, en état de choc, lui apprend que sa femme est toujours prisonnière du brasier.

Patrick Trudel y retourne; le plancher est maintenant très chaud et la fumée plus dense encore. Les faibles gémissements de la dame le guident, mais il doit sortir pour prendre de l'air. Il fait une autre tentative, mais est vite contraint de renoncer.

 Un premier pompier arrivé entre-temps demande à Patrick Trudel de l'accompagner à l'intérieur pour l'assister dans le sauvetage; les deux hommes n'ont d'autre choix que de rebrousser chemin, là encore.

Pendant qu'il revêt son appareil respiratoire, le pompier suggère à Patrick de briser des fenêtres à l'aide d'une hache pour permettre l'évacuation d'un peu de fumée. Un second pompier arrive et rejoint son collègue à l'intérieur; ils réussissent, finalement, à sortir la dame inconsciente.

Patrick Trudel participe aux manœuvres de réanimation pratiquées sur la dame en attendant l'arrivée des ambulanciers. Après avoir lui-même reçu les premiers soins, il prête main-forte aux bénévoles accourus sur place.

C'est grâce au courage, au sang-froid, mais aussi à l'expérience antérieure comme pompier de Patrick Trudel que le couple est encore en vie aujourd'hui.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « accident de la route », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Arnold Murillo, de Saint-Jérôme et Andres Bermudez, de Montréal

Le 12 février 2012, Arnold Murillo roule sur l’autoroute 20 en direction de Montréal; son demi-frère, Andres Bermudez, suit dans sa voiture.

Près de la sortie 256, le comportement d’autres usagers de la route incite Arnold Murillo à croire qu’il se passe quelque chose d’anormal. Il remarque alors, à sa gauche, dans la bande médiane, une voiture rouge renversée sur le côté passager; un homme se tient tout près dans la neige. Arnold Murillo se range alors sur l’accotement et se dirige vers l'homme. Entre-temps, Andres Bermudez a aussi immobilisé sa voiture et les a rejoints.

L’homme est blessé à la tête, il est en état de choc. Il indique que sa femme est toujours dans la voiture. Arnold et Andres s’avancent dans la neige épaisse et trouvent la femme inconsciente dans le siège du passager. Arnold se glisse alors dans l’habitacle par le côté conducteur et, agrippant la victime par son manteau, il réussit à l’extirper; il la confie ensuite aux soins de gens qui se sont arrêtés entre-temps.

De retour à la voiture, les deux sauveteurs remarquent une fillette en pleurs dans un siège d’enfant sur la banquette arrière. Comme la portière la plus près de la petite est bloquée, Arnold passe de nouveau par l’avant, déverrouille la portière arrière et l’ouvre de l’intérieur, ce qui permet à Andres de dégager la petite.

Arnold et Andres demandent à deux hommes, témoins de la scène, de soutenir la carcasse de la voiture, celle-ci risquant de se renverser sur le toit à tout moment. 

Puis, Arnold et Andres aperçoivent un poupon d’à peine quelques semaines dans son siège pour bébé tout au fond de la voiture. Andres tente, en vain, de briser la lunette arrière, il se coupe à la main. Il n’a d’autre choix que de retourner dans l’habitacle pour sortir le poupon.

Les secours arrivent quelques minutes plus tard et prennent les choses en main.

L’étroite collaboration dont ont fait preuve Arnold Murillo et Andres Bermudez, dans ce sauvetage par ce froid après-midi d’hiver, aura permis de tirer une petite famille d’une bien fâcheuse situation.

Marc-Antoine Ducharme, de Saint-Jean-de-Matha

Dans la nuit du 19 avril 2012, Marc-Antoine Ducharme circule sur la route 131 en direction de Saint-Jean-de-Matha quand, soudain, il voit une automobile en feu en travers de la chaussée. Après avoir manœuvré prudemment pour contourner l’obstacle, Marc-Antoine se range sur l’accotement et s’élance en direction du véhicule; des flammes s’échappent du capot.

Jetant un coup d'œil du côté conducteur, il ne voit personne à l’intérieur pas plus que du côté passager. Ce n’est qu’en faisant le tour de la voiture qu’il aperçoit finalement un homme inconscient sur la banquette arrière. Les flammes ont maintenant gagné l’habitacle.

Marc-Antoine ouvre aussitôt la portière, saisit l’homme inconscient sous les bras, l’extirpe et l’éloigne d’une cinquantaine de mètres pour le mettre à l’abri. Il couvre alors l’homme de son manteau, appelle le 911, décrit brièvement l’événement et sa position. Moins de deux minutes se sont écoulées depuis son arrivée sur les lieux et déjà, les pneus de la voiture en flammes éclatent sous l’intensité de la chaleur.

Un autre automobiliste arrive sur place, mais voyant que la situation est bien prise en main, il se borne à tenir compagnie à Marc-Antoine et à la victime en attendant la venue des secours.

Entre-temps, la victime a repris connaissance; elle est en état de choc et se plaint d’importantes douleurs. Au bout de sept ou huit minutes, ambulanciers, policiers et pompiers se présentent sur les lieux.

Malgré son jeune âge et en dépit d’un danger imminent, Marc-Antoine Ducharme a fait preuve d’un sang-froid remarquable qui a permis à un automobiliste d’éviter une mort atroce.

Nicolas Laflamme, et Régis Potvin, de La Malbaie

Le 24 novembre 2012, en fin d’après-midi, Nicolas Laflamme et Régis Potvin sont dans l’autocar qui ramène de jeunes joueurs de hockey de niveau atome dans diverses localités de Charlevoix; près de 35 personnes prennent place à bord.

Peu après le départ, les deux hommes remarquent que le véhicule, qui roule alors à environ 60 km/h, se dirige vers l’accotement droit de la route. Ils interpellent le chauffeur pour lui demander ce qui se passe, mais, n’obtenant pas de réponse, ils se lèvent et s’en approchent. Nicolas Laflamme est derrière le chauffeur et Régis Potvin à sa droite, dans l’allée. Le conducteur a la bouche et les yeux ouverts, les mains sur le volant et le pied sur l’accélérateur : il est inconscient.

Soudain, l'autocar frappe violemment la bordure de béton de l’accotement droit, puis successivement il heurte deux véhicules, et un troisième, plus gros, avant de se diriger vers un abri temporaire et une maison, une dizaine de mètres plus loin.

Nicolas Laflamme s’empare du volant pour ramener l’autobus sur la route, pendant que Régis Potvin s’assoit sur une cuisse du conducteur, prend appui sur le volant et s’étire la jambe gauche pour appliquer les freins. Les deux hommes parviennent ainsi à immobiliser le véhicule.

Pendant qu’un parent appelle les secours, Nicolas Laflamme et Régis Potvin sortent le conducteur, le couchent sur le sol et prennent ses signes vitaux. L’homme râle et respire très faiblement.

Régis Potvin retourne dans l’autobus couper le moteur et rassurer les parents et les enfants. Pendant ce temps, Nicolas Laflamme et d’autres personnes s’occupent du chauffeur jusqu’à l’arrivée des secours, quelques minutes plus tard; celui-ci sera conduit à l’hôpital.

La présence d’esprit dont ont fait preuve Nicolas Laflamme et Régis Potvin aura permis d’éviter qu’un drame ne se produise en cette fin d’après-midi de novembre.

Pierre Valois, de Boucherville

Le 27 mai 2012, pendant la nuit, Pierre Valois roule sur l’autoroute 40 à la hauteur de Repentigny en compagnie de sa conjointe et d’une amie. À un certain moment, il se retrouve derrière une petite voiture blanche qui louvoie de manière dangereuse; il décide alors de garder une distance sécuritaire.

Quelques instants plus tard, l’inévitable se produit : la petite voiture percute le muret central et se renverse sur le côté passager. Pierre Valois réussit à contourner l’obstacle et s’immobilise un peu plus loin. Il demande à sa conjointe d’appeler les secours pendant qu’il se dirige, au pas de course, vers le véhicule accidenté.

En s’approchant, Pierre Valois remarque que de petites flammes commencent à s’échapper du capot. Il grimpe aussitôt sur la voiture pour atteindre la portière côté conducteur et réussit à l’ouvrir. La conductrice est consciente, mais en état de choc.

Tentant en vain de sortir la femme de la voiture, Pierre Valois reçoit l'aide d'un automobiliste arrivé sur ces entrefaites. Les deux hommes réussissent à tirer la conductrice de sa fâcheuse position et à l’amener sur l’accotement. Pierre Valois constate qu’elle est blessée puisqu'il a du sang sur ses mains, ses bras et ses vêtements. Les secours se présentent une dizaine de minutes plus tard et prennent la situation en main.

C’est sans hésitation que Pierre Valois se sera porté au secours d’une accidentée de la route cette nuit de mai 2012.

Dans la catégorie « incendie », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

René Martel, de Saint-Joseph-de-Sorel

Dans la nuit du 20 mai 2012, René Martel est chez lui, à Saint-Joseph-de-Sorel, lorsqu'une jeune femme frappe à sa porte et l'informe qu’un incendie fait rage de l’autre côté de la rue. Il accourt aussitôt chez ses voisins d'en face, un couple de personnes âgées. Voyant leur véhicule devant le garage en feu, il comprend qu’ils sont à la maison. Il enfonce la porte principale; une épaisse fumée noire a déjà envahi la demeure. Il se dirige d’abord vers l’arrière, puis revient à l’avant pour enfin trouver l’escalier menant à l’étage.

René Martel gravit rapidement les marches, ouvre une première porte de chambre qui se révèle inoccupée, puis une seconde où dort l’arrière-petit-fils du couple. Il prend l’enfant sous son bras et se dirige vers une troisième chambre où il trouve ses voisins. Depuis le pied du lit, il leur touche la jambe et leur crie de sortir sans tarder comme il y a le feu. Croyant les avoir bien tirés du sommeil, il ressort de la chambre, redescend à l’extérieur et traverse chez lui pour confier le bambin à sa conjointe. Il constate alors que ses voisins ne l’ont pas suivi et retourne chez eux.

René Martel remonte à l’étage; la fumée est maintenant extrêmement dense, tellement qu’il a de la difficulté à discerner la silhouette du couple toujours dans son lit. Cette fois, il agrippe l’homme par la main pour l’arracher du lit en lui demandant de bien tenir sa conjointe. Tous trois réussissent à sortir de la maison, indemnes. À peine quatre minutes se seront écoulées depuis que René Martel a été prévenu de l’incendie; la résidence sera d'ailleurs complètement rasée.

Si le couple âgé est aujourd’hui en vie, c’est grâce au courage et à la détermination de leur voisin, René Martel, en cette nuit de mai.

Dans la catégorie « risque de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Richard Bergeron, de Saint-Maurice et David Beauchemin, de Saint-Roch-de-l'Achigan

Le matin du 13 octobre 2012, Richard Bergeron est sur l’autoroute 40 à la hauteur de Yamachiche. Soudain, il voit un cerf de Virginie sortir du boisé, bondir sur la chaussée et entrer en collision avec la voiture qui le précède. Sous l’impact, celle-ci dévie de sa trajectoire et se retrouve dans le fossé, sur le toit, dans plus d’un mètre et demi d’une eau glacée et boueuse.

Richard Bergeron se gare sur l’accotement. Au même moment, David Beauchemin, qui passe par là, s’arrête lui aussi et descend dans le fossé. Il a de l’eau jusqu’à la poitrine; il tente sans succès d’ouvrir la portière du côté passager. Richard Bergeron le rejoint, mais du côté conducteur cette fois; l’eau lui va jusqu’au cou. Après plusieurs essais, il parvient à ouvrir la portière.

Plongeant dans l’eau boueuse, Richard trouve, à tâtons, une personne qu’il saisit par le bras et l'extirpe du véhicule; il s’agit d’une femme, très secouée, qui lui apprend que deux personnes l’accompagnent. Richard retourne donc dans l’habitacle et, après quelques tâtonnements, il trouve une seconde passagère qu’il sort de la voiture.

Richard indique à David Beauchemin qu’il est gelé, à bout de souffle et qu’il ne peut y retourner; celui-ci prend alors la relève. S’agrippant au véhicule, David tâte l’intérieur avec ses jambes et détecte quelqu’un. Plongeant les bras et une partie de la tête dans l’eau, il réussit à sortir le conducteur. Celui-ci a le visage très blanc et est à demi-conscient car il n’arrivait plus à respirer dans la voiture remplie d’eau.

Les deux sauveteurs et le conducteur montent rejoindre les passagères en état de choc et grelottantes. Tous attendent les secours, qui arriveront quelques minutes plus tard.

Richard Bergeron et David Beauchemin auront évité qu’un bête accident ne tourne à la tragédie pour les trois occupants du véhicule en ce matin d’octobre.

Laurence-Olivier Brossard, de Bassin et Alexandre Lavallée, de Gaspé

Le 11 mars 2012, résidents et visiteurs se pressent sur la banquise de la plage de l’Étang-des-Caps pour observer les blanchons, un rituel printanier aux Îles-de-la-Madeleine.

Au milieu de l’après-midi, deux Madelinots retournent à leur voiture par un sentier moins fréquenté. Soudain, la glace cède sous les pieds de l’homme qui tombe à l’eau. Ne voyant personne aux environs, sa compagne lui tend un bras et tire de toutes ses forces, mais sans succès. Pire, la manœuvre fait se briser la glace, de sorte qu’elle se retrouve à son tour à l’eau.

Affolée, maintenant séparée de son conjoint, elle appelle à l’aide. Entendant les cris, Alexandre Lavallée se précipite à son secours. Ne sachant trop comment s’y prendre et comme aucun autre témoin ne réagit, le jeune homme se couche à plat ventre sur la glace et tend un bras en direction de la dame. Il ne parvient pas à tirer la femme, alourdie par l’eau, de sa mauvaise posture, mais il réussit néanmoins à l'agripper par son manteau pour éviter qu’elle ne sombre.

Réagissant aux appels d'Alexandre Lavallée, Laurence-Olivier Brossard accourt à son tour. Il prend aussitôt le relais d'Alexandre Lavallée, très épuisé par les efforts, et maintient la dame hors de l’eau.

Comme les autres badauds restent impassibles, Laurence-Olivier n’a d’autre choix que de tenter le tout pour le tout. Le genou appuyé sur la glace, il réussit à extirper la femme de l’eau. Il saisit l'homme par les aisselles et le sort lui aussi. Sains et saufs, l’homme et la femme seront ramenés chez eux.

Grâce à leur détermination, Alexandre Lavallée et Laurence-Olivier Brossard auront permis d’éviter que ce bel après-midi de printemps ne se transforme en tragédie pour ce couple de Madelinots.

André Fortier, de Lanoraie

Le 29 juillet 2012 en après-midi, André Fortier et sa conjointe sont au parc Les promenades sur le fleuve, à Lanoraie. Le couple remarque un homme et une femme qui font du kayak à une quarantaine de mètres du rivage.

Soudain, les vagues causées par le tirant d’eau d’un navire qui passe au large atteignent les kayakistes et font chavirer l'embarcation de l’homme. Celui-ci parvient d'abord à retourner son kayak et à s’y accrocher, mais il perd rapidement prise et commence à s'enfoncer sous l'eau. Il cherche alors désespérément, mais sans succès, à agripper l’aviron que lui tend sa compagne.

André Fortier, formé en secourisme, interpelle le couple en difficulté qui réclame de l’aide. Il dévale alors la pente abrupte qui mène au fleuve puis, sans se dévêtir ni même retirer ses chaussures, il se lance à l’eau et nage les rejoindre.

Bien qu’il coule et remonte trois fois, l’homme en difficulté demeure conscient. Arrivé à sa hauteur, André Fortier l'invite à garder son calme et essaie de le rassurer. Il le saisit par le bras et entreprend de le ramener sur la rive, tout en tirant également le kayak de sa compagne.

Parvenus sur la berge, et après avoir repris leur souffle, André Fortier et le couple remontent les marches qui mènent à la promenade du parc. André Fortier demande à l’homme s’il souhaite que l’on appelle une ambulance, mais ce dernier décline l’offre sous prétexte qu’il va bien. André Fortier et sa conjointe rentrent alors tout simplement à la maison.

C’est un beau geste de courage et de dévouement qu’aura posé André Fortier en cet après-midi de juillet, et sans doute grâce auquel un homme a eu la vie sauve.

Aline Payeur et Francis Payeur, d'Ascot Corner

Le 23 novembre 2012, en fin d’après-midi, la mère de Francis Payeur est chez elle à Ascot Corner. Dehors, son conjoint joue au hockey avec son petit-fils, âgé de 9 ans, sur l’étang familial derrière la maison. Soudain, la glace cède sous le poids de l’enfant. Le grand-père se précipite à son secours, mais se retrouve à l’eau lui aussi. La grand-maman court prévenir Francis, père du garçon, qui habite la maison d'à côté.

À son arrivée, Francis trouve son père et son fils qui s’accrochent difficilement à la glace à une quinzaine de mètres du bord. Il ramasse une rame de plastique et s’avance pour la tendre à son fils afin qu’il s’y agrippe; la glace cède et Francis tombe à son tour dans l’étang. Il tente alors à plusieurs reprises de pousser son garçon hors de l’eau, mais cela ne fait qu’empirer la situation, le mince couvert de glace se brisant davantage.

Francis demande à sa mère, restée au bord, de lui glisser le flotteur de planche à voile tout près pour qu’il serve d’appui au petit et à son grand-père. Il dit aussi à sa fille, âgée de 7 ans, d’aller chercher des secours chez Aline Payeur, une tante qui vit à proximité.

La grand-maman tente de pousser le flotteur, mais n’y parvient pas. Elle ramasse à son tour la rame et s’avance malgré les cris de Francis qui essaie de l’en dissuader; elle tombe elle aussi à l’eau.

Francis réussit à s’arracher à l’étang, rampe et pousse le flotteur en direction de sa mère et de son fils, qui s’y agrippent; le grand-père est entre-temps disparu sous l’eau. Francis part appeler les secours et croise Aline qui se dirige vers le quai. Une fois arrivée sur le quai, Aline voit la grand-maman qui, cramponnée à la planche, crie que son petit-fils a sombré lui aussi.

Aline Payeur traîne alors une chaloupe qui se trouve à proximité jusqu’à l’étang et, à l’aide de deux bâtons de hockey qui lui servent de rames de fortune, elle rejoint la grand-maman et l’y fait monter. Les pompiers arrivés dans l'intervalle ramènent les deux femmes à la rive. On retrouvera les deux victimes en soirée.

Ce drame nous rappelle une fois de plus à quel point il suffit de peu pour que l’ordinaire tourne à la tragédie.

Alexandre Rathé, de Lachine

Le 28 janvier 2012, Alexandre Rathé et sa conjointe sont à leur chalet de Sainte-Catherine-de-Hatley, au bord du lac Massawippi. Soudain, des cris attirent leur attention; un voisin est tombé dans le lac, la glace ayant cédé sous son poids. Alexandre Rathé sort sur le balcon et lui crie qu’il arrive.

L'homme se débat dans l’eau et cherche à s’agripper à la glace qui continue de se briser, ce qui agrandit le trou. Alexandre Rathé se précipite à sa remise, ramasse deux vestes de sauvetage, une corde de nylon et une pagaie; à l’extérieur, il prend son kayak qu’il met aussitôt à l’eau. Il pagaie d’abord en eau libre sur environ cinq mètres avant de devoir s’appuyer avec le pied sur la glace brisée pour avancer. Une fois rendu à une distance qu’il juge sécuritaire quant au niveau d'eau sous lui, il tente une première fois de lancer la corde à l’homme, mais elle est trop légère. D’autres tentatives se révèlent tout aussi infructueuses et il doit se résigner à s’approcher.

Un voisin qui assiste à la scène lui jette une ceinture pour alourdir la corde; Alexandre continue d’avancer et réussit finalement à lancer la corde ainsi lestée à la victime. Il lui demande de s'attacher avec la corde, mais l'homme n'y arrive pas car ses doigts sont gelés et blessés. Alexandre lui dit alors d'agripper la corde et il commence à tirer l'homme vers lui, difficilement au début, jusqu’à ce qu’il réussisse à s’appuyer sur une irrégularité dans la glace qui lui donnera la prise nécessaire pour le sortir de l’eau.

De retour sur la berge, la conjointe d’Alexandre Rathé, qui est médecin, s’occupe de l'homme jusqu’à l’arrivée des ambulanciers.

Les sauvetages sur la glace sont souvent périlleux; celui qu’aura accompli Alexandre Rathé, ce matin de janvier 2012, ne fait certes pas exception.

Francis St-Cyr, de Pincourt

Le 24 juillet 2012, Francis St-Cyr, un jeune employé de la ville de Coteau-du-Lac, effectue divers travaux d'entretien de la piste cyclable qui borde le lac Saint-François, près du barrage Coteau 1. Cet après-midi-là, il est en compagnie d'un collègue et d'un contremaître.

Les trois hommes aperçoivent un garçon en pleurs sur le bord de la piste, qui leur dit qu’il ne voit plus ses parents dans l’eau. Dévalant rapidement un sentier, Francis et son collègue parviennent sur la rive où se trouve un autre enfant et voient le père des garçons sortir de l’eau, à bout de souffle. Pointant les chutes près du barrage, l'homme leur indique que sa conjointe est dans l’eau et qu’il ignore si elle est toujours en vie.

Francis St-Cyr et son collègue s'élancent alors en direction du barrage, cherchant à repérer la dame. Percevant sa voix au travers du bruit des chutes, ils finissent par la localiser; elle se cramponne à des boulons d’acier fixés au barrage.

Francis demande à son collègue d'aller chercher une corde. Il escalade entre-temps une clôture surmontée de barbelés pour redescendre sur une plateforme le long d’un pilier; la victime est maintenant huit mètres sous lui.

Sur ces entrefaites, un cycliste arrivé sur les lieux, explique au jeune homme comment faire un nœud solide avec la corde; celui-ci la lance à la femme qui s'y agrippe mais, épuisée, elle commence à perdre connaissance.

Francis et le cycliste, qui l'a rejoint sur la plateforme, se couchent alors à plat ventre et tiennent fermement la corde. Francis parle à la victime pour la rassurer et la maintenir éveillée. Quelques minutes plus tard, les secours, alertés par le contremaître, arrivent sur place.

C'est avec une grande assurance, malgré son jeune âge, que Francis St-Cyr a posé les gestes qui ont permis de sauver la vie de cette jeune mère.

Gabriel Tremblay et Yvon Tremblay, de Desbiens

Le 6 janvier 2012, en matinée, Gabriel Tremblay, âgé de 17 ans, enfourche sa motoneige pour aller rejoindre des amis qui pêchent sur la glace du lac Saint-Jean devant Desbiens. 

À un certain moment, il aperçoit son grand-oncle une douzaine de mètres plus loin; celui-ci s’est immobilisé pour tester la glace avec un bâton. Gabriel ne le sait pas encore, mais son grand-oncle a remarqué qu’une fissure dans la glace s’est élargie. Soudain, Gabriel voit son grand-oncle disparaître dans les eaux du lac Saint-Jean, la glace ayant cédé sous ses pieds.

Gabriel se précipite auprès de son grand-oncle. Il se couche à plat ventre sur la glace, tend les bras et parvient à l’agripper et à le retenir. Mais, rapidement, il sent qu’il a besoin d’aide, car son grand-oncle, avec ses lourds vêtements détrempés, représente un poids considérable pour le frêle adolescent.

Un peu plus loin, Yvon Tremblay, qui termine sa matinée de pêche, voyant ce qui se passe, accourt prêter main-forte à Gabriel. Il se couche à son tour sur la glace et agrippe lui aussi le septuagénaire; les deux hommes parviennent à le tirer des eaux glacées du lac. Le malheureux est bien entendu mouillé, transi et en état de choc, mais reste en mesure de marcher. Gabriel Tremblay l’installe sur sa motoneige et le raccompagne chez lui pendant qu’Yvon Tremblay, constatant que le jeune homme a la situation bien en main, quitte les lieux. L’adolescent ira tout simplement retrouver ses amis un peu plus tard dans la journée.

C’est un bel effort de collaboration entre Gabriel et Yvon Tremblay qui aura permis au grand-oncle de Gabriel d’être en vie aujourd’hui.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

André Larouche, de Verchères

Le 13 janvier 2012, en milieu d’après-midi, André Larouche, directeur du Service de sécurité incendie de Verchères, est à la réception de la mairie. Il remarque la présence, tout près, d’un citoyen bien connu pour ses démêlés avec son voisin; l’homme tient un sac à ordures noir. André Larouche voit ensuite cet homme se diriger vers le bureau du directeur général de la ville qui est en compagnie de son adjoint.

André Larouche se rend voir une collègue dont le bureau est contigu à celui du directeur général. Il remarque que le ton de la conversation entre le directeur, son adjoint et l’homme qui, au début, semblait calme monte rapidement. Soudain, il entend crier : « Ne faites pas ça ! »

Aussitôt, André Larouche se précipite à la porte du bureau et voit, par la fenêtre, l’homme frapper le directeur général à la tête avec un couteau de boucherie, tandis que ce dernier essaie tant bien que mal de se protéger en interposant un fauteuil entre lui et son agresseur. Ouvrant la porte, André Larouche découvre l'adjoint étendu au sol, grièvement blessé à la tête; il y a du sang partout.

Fonçant tête et épaules premières, un peu à la manière d’un joueur de football qui souhaite plaquer son adversaire, André Larouche renverse l’agresseur. Pendant qu’il l’immobilise, un genou sur le ventre, tout en lui retenant fermement les mains, il crie aux deux blessés d’aller chercher de l’aide. Il maintiendra ainsi l’homme au sol une quinzaine de minutes, jusqu’à l’arrivée des policiers.

Les blessés seront soignés pour de profondes lacérations à la tête. Tragiquement, et ce que tous ignoraient au moment du drame, l'agresseur venait d’assassiner son voisin.

On n’ose imaginer les conséquences du drame si André Larouche n’avait pas réagi aussi rapidement et avec autant de sang-froid.

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