Liste des récipiendaires honorés en 2014 (pour les actes de 2013)

Le 29 septembre 2014, le gouvernement du Québec rendait un hommage public à 20 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2013. La cérémonie de l'Hommage au civisme s'est tenue dans la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par la ministre de la Justice, madame Stéphanie Vallée. La ministre a alors remis 7 médailles du civisme et 13 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 20 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 29e édition de la cérémonie de l'Hommage au civisme ont été regroupés par catégories.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Dans la catégorie « accident de la route », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Stéphane Fraser, de Saint-Raymond

Le 3 décembre 2013 au matin, Stéphane Fraser est en route pour le travail lorsqu'il aperçoit une grande colonne de fumée blanche au loin. Un violent accident en face à face vient tout juste de se produire. 

Arrivé sur les lieux, Stéphane Fraser range aussitôt sa voiture près du terre-plein, sur sa droite. Il s’empare de son cric et traverse la route pour aller porter secours aux accidentés. Or, la conductrice de l'un des véhicules impliqués fait quelques pas à côté de sa fourgonnette. L'autre conducteur, lui, est coincé dans sa voiture dont la carrosserie avant est pliée comme un accordéon. Des flammes en jaillissent, traversent le tableau de bord et se rendent jusqu’à lui. Il est conscient et il crie à l’aide. 

Comme Stéphane Fraser ne peut ouvrir les portières avant, il brise la vitre arrière du côté conducteur avec son cric, déverrouille la porte et, de toutes ses forces, tire sur le dossier du siège pour l’incliner vers l’arrière afin d’éloigner l’homme des flammes. Celui-ci est comprimé par le volant et le tableau de bord, et il porte encore sa ceinture de sécurité. Stéphane Fraser décide donc de pénétrer à l’intérieur pour le détacher, mais, ce faisant, il se brûle à la main droite. 

Les flammes font maintenant rage plus violemment, et l’homme prisonnier crie de plus belle. Tout à coup, Stéphane Fraser aperçoit une pelle dans la neige. Il la saisit et lance de la neige sur l’homme, pour le soulager, et sur le tableau de bord, pour limiter la progression des flammes. Peu à peu, celles-ci diminuent et une épaisse fumée noire envahit tout l’habitacle. Stéphane Fraser ne voit plus rien, mais il continue de pelleter sans relâche. 

Sur ces entrefaites, un pompier s'amène et réussit à entrer dans la voiture par le côté passager, à couper la ceinture de sécurité et, aidé d’un passant, à extraire le conducteur de sa voiture. Une ambulance le transportera ensuite à l'hôpital. Stéphane Fraser sera lui aussi admis à l'hôpital où il sera traité pour inhalation de fumée, choc nerveux ainsi que pour la brûlure à sa main droite.

Pas un instant Stéphane Fraser n’a hésité à braver le feu qui menaçait de brûler vif un homme prisonnier de sa voiture.

Annick Lajoie, de Saint-Raymond

En soirée le 25 juin 2013, Annick Lajoie, infirmière, circule sur l'autoroute en compagnie de son conjoint. Au loin, une voiture roule à vive allure en direction du terre-plein central et percute un des piliers. 

Immédiatement, Annick Lajoie immobilise sa voiture sur le bord de l’autoroute, demande à son conjoint d’appeler les secours et se rend à la voiture accidentée. Témoin de l'accident, David Gauvin est déjà sur les lieux et tente d'éteindre le feu qui s'échappe du moteur avec un coussin et une couverture. Puis, un camionneur lui apporte un extincteur et il en vide le contenu sans réussir à circonscrire l'incendie. 

De son côté, Annick Lajoie a un premier contact visuel avec la victime. L’homme a les yeux ouverts, une respiration saccadée et un pouls diminué. Puis, plus rien. Aidée par David, elle tente d’ouvrir les portières, de briser les vitres pour libérer la victime. Ils ouvrent finalement le coffre arrière et rabattent les bancs, mais le feu se propage trop rapidement. Un pneu de la voiture explose. 

À cinq reprises, David Gauvin retourne sur l'autoroute pour alerter les camionneurs et obtenir leur extincteur. À sa cinquième tentative pour éteindre le feu, il dirige le jet de l'extincteur sur les flammes côté passager, et il pénètre jusqu’au torse dans l’habitacle afin d'étouffer les flammes qui courent sur les jambes de la victime. 

Pendant ce temps, Annick Lajoie abaisse la vitre de la portière du conducteur en poussant vigoureusement dessus et constate qu'il ne porte pas sa ceinture de sécurité. Elle le saisit alors sous les bras, place ses pieds au bas de la portière pour se contrebalancer et tente de l'extraire de sa voiture. Au même moment, deux jeunes hommes lui viennent en aide. 

Annick Lajoie déchire ensuite la chemise du blessé et exécute un bref examen visuel. Elle commence les manœuvres de réanimation cardio-respiratoire, mais n’obtient ni pouls ni respiration. Elle poursuivra le massage jusqu'à l'arrivée des ambulanciers. Pour sa part, David Gauvin combattra l'incendie jusqu'à ce qu'un policier l'informe que l'homme n'est plus dans sa voiture.

Annick Lajoie n’a pas été blessée, mais David Gauvin, qui a inhalé une grande quantité de fumée et autres produits toxiques émanant de l’incendie et des extincteurs, sera traité à l'hôpital. Malgré le danger constant, Annick Lajoie et David Gauvin ont tenté sans relâche de secourir un homme qui, malheureusement, n'a pas survécu.

Dans la catégorie « risque de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Carol Larouche, de Lac-Kénogami 

Au milieu de la matinée du 4 décembre 2013, Carol Larouche fend son bois de chauffage à l'extérieur de son chalet. En contrebas sur le lac, un de ses amis se promène en motoneige. Soudain, le bruit de la motoneige cesse, et Carol Larouche perçoit un appel à l'aide.

Immédiatement, il entre et demande à son fils d’appeler le 911. Il court ensuite hors du chalet, se rend à sa remise, prend une corde de bateau de 6 mètres de long et deux bâtons de marche, puis se dirige jusqu’au bord du lac à 120 mètres de là. 

Carol Larouche emprunte ensuite le sentier de motoneige. À l'aide de ses bâtons de marche, il sonde l’épaisseur de la glace. Il s'arrête sur la première île où vit un autre ami. De cet endroit, il voit la motoneige enlisée dans la glace. Il emprunte alors au résident une perche munie d’un pic et d’un crochet, et des raquettes sans harnais.

Il reprend le sentier de motoneige et parcourt environ 150 mètres avant d'approcher son ami qui se débat dans l’eau glaciale. Il se tient maintenant à 3 mètres de lui. Il pique un bâton dans la glace, y enroule deux fois une extrémité de la corde, place un segment de celle-ci sous une raquette et appuie son genou dessus. Il lance ensuite l’autre extrémité de la corde à son ami, glisse la perche sous celui-ci, agrippe ses vêtements par le crochet et l'extrait du trou d'eau.

Le rescapé se relève, la glace cède sous son poids et il se retrouve de nouveau à l’eau. Carol Larouche répète la manœuvre de sauvetage et le hisse plus loin sur la glace, hors de l'eau. Il lui ordonne alors de rouler sur lui-même pour éviter que la glace ne cède.

Épuisés, les deux hommes rejoignent le sentier et, bras dessus, bras dessous, se rendent chez l'ami résident qui a prêté la perche et les raquettes. Le rescapé enfile des vêtements chauds et attend l'ambulance. Il sera conduit à l'hôpital pour y faire traiter son hypothermie et des engelures aux mains. Carol Larouche, lui, regagnera son chalet. Il ressentira un malaise cardiaque, et une ambulance ne tardera pas à venir le chercher.

Carol Larouche n'a effectivement pas ménagé ses efforts pour secourir son ami en détresse.

Jean-Guy Villeneuve, de Fatima

Le 20 juillet 2013 en milieu d'après-midi, une trentaine d'adultes se baignent dans le golfe du Saint-Laurent. C'est une belle journée ensoleillée et venteuse. Jean-Guy Villeneuve est parmi les baigneurs. En compagnie d'amis, il nage et fait aussi de la planche. La vague est haute d'environ un mètre et le ressac tend à pousser les baigneurs vers le large. 

Soudain, de bonnes vagues et un fort courant entraînent une femme vers le large. Rapidement, elle est projetée à quelque 10 mètres des autres baigneurs, où la profondeur de l'eau avoisine les 3 mètres. Une de ses amies l'aperçoit et crie à la cantonade que celle-ci est en difficulté.

Les cris de la femme parviennent jusqu'à Jean-Guy Villeneuve. Il constate qu'elle bat des bras et des jambes pour garder sa tête hors de l'eau et qu'elle est visiblement en panique. Il nage vers elle, à quelque 15 mètres plus loin. L'entreprise est ardue, car les vagues sont vigoureuses.

Arrivé à la hauteur de la femme, Jean-Guy Villeneuve lui tend le bras gauche et l'invite à s'y cramponner. Il la rassure et lui demande de ne pas agripper son corps, sinon il devra l'assommer pour être en mesure de la ramener sur la plage de façon sécuritaire. La femme se calme et écoute ses directives.

Ils amorcent leur parcours en direction de la plage, mais le courant est si fort qu'il les en éloigne. Prudent, Jean-Guy Villeneuve cherche alors à utiliser le courant pour orienter ses mouvements vers le rivage. Petit à petit, il réussit à nager sur le dos, tout en tenant la femme par la main à une distance respectable de lui. Ils sont tous deux très épuisés.

Après avoir parcouru quelque six mètres, Jean-Guy Villeneuve est rejoint par les amis de la femme. À l'aide d'une planche-flotteur, ceux-ci tirent leur amie jusque sur la plage.

Il s'est écoulé entre sept et neuf minutes depuis l'instant où Jean-Guy Villeneuve a entendu l'appel à l'aide et celui où il a ramené la femme saine et sauve sur le rivage. Son intervention rapide et clairvoyante a soustrait la baigneuse à une noyade certaine.

Dans la catégorie « incendie », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à :

Luc Simard, de Lac-à-la-Croix 

En fin de matinée le 23 avril 2013, Luc Simard travaille sur son patio. Il sent tout à coup une très forte odeur de fumée. Il regarde tout autour et voit de la fumée s'échapper par l'évent du toit de la résidence de sa voisine, une femme nonagénaire. Aussitôt, il se rend devant la maison et constate que de la fumée s’échappe également du revêtement extérieur et de la toiture. Il monte alors sur la galerie et ouvre la porte avant. Dès lors, une immense fumée très noire et très dense l'incommode; il n'y voit rien. 

Luc Simard crie à pleins poumons, mais il n’obtient aucune réponse. Il entre dans la maison à quatre ou cinq reprises. Chaque fois, il en ressort aussitôt pour prendre de l’air. Puis, il se penche; la fumée est moins épaisse au sol. Il regarde et entrevoit quelque chose au fond de la maison. Luc Simard appelle sa voisine. Il perçoit un petit toussotement. Il entre dans la maison et se dirige au fond. À l'aveuglette, il tâte le sol et parvient jusqu'à elle. Il l'agrippe et l'appuie sur son épaule. Les étourdissements le gagnent.

À travers la fumée, Luc Simard perçoit une petite lueur, il la suit; elle les mène à la porte. Une fois à l'extérieur, il étend sa voisine sur le gazon. Elle est inconsciente et noircie de la tête aux pieds. Sur ces entrefaites, un automobiliste, qui remarque la dame couchée par terre, appelle le 911. 

Luc Simard reste auprès de sa voisine jusqu’à l’arrivée des pompiers et des ambulanciers. La dame sera transportée à l’hôpital. Luc Simard rentrera tout bonnement chez lui. 

Luc Simard a fait preuve d'une détermination et d'un courage sans faille pour rescaper sa voisine.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la médaille du civisme à:

Jacques Beaudoin, de Lac-Mégantic

Le 18 mars 2013 en matinée, Jacques Beaudoin rend visite à un ami qui exploite une petite cabane à sucre. La journée est belle et sans vent.

Pendant que son ami s’apprête à démarrer la bouilloire à sirop, dans le bâtiment principal, Jacques Beaudoin, chaussé de raquettes, se promène dans la forêt pour réparer des fuites sur les tubulures d'eau d’érable. Tout à coup, un bruit de klaxon émettant une séquence de trois petits coups suivis de trois grands coups attire son attention. Il s'agit d'un appel à l'aide. Jacques Beaudoin accélère aussitôt le pas pour revenir à la cabane, à quelque 800 mètres.

À son arrivée, il est rejoint par l’employé de son ami. Celui-ci, paniqué, l'entraîne à l'intérieur de la cabane et le conduit au pied d'un escalier menant à l'étage supérieur. En haut des marches, son ami est effondré et inconscient. Rapidement, Jacques Beaudoin sort à l'extérieur, retire ses raquettes, demande à l'employé de joindre le 911 et d'attendre l'ambulance. Il retourne à l’intérieur, gravit les marches et constate que son ami a le teint gris, les yeux révulsés, qu'il respire et que de l’écume sort de sa bouche.

Soudain, la vision de Jacques Beaudoin s’embrouille; il ne se sent pas bien. De retour dans la cabane, l'employé lui dit qu'il se sent défaillir. À cet instant, Jacques Beaudoin comprend qu'ils inhalent du monoxyde de carbone. Il presse alors l'employé de sortir avec lui. Il ouvre ensuite toutes les portes et retourne à l’intérieur pour ouvrir plusieurs fenêtres. Mais il ne peut demeurer plus de 30 à 40 secondes dans la cabane, sinon les étourdissements, les vertiges et la nausée l'assaillent. 

Jacques Beaudoin s'y prend à trois reprises pour ramener son ami inconscient au rez-de-chaussée et l'asseoir sur une chaise en le plaçant contre le cadre d'une fenêtre. Il regagne ensuite l'extérieur, se rend à la fenêtre et tient compagnie à son ami en attendant les secours. 

L'ambulance transportera l'ami et l'employé de celui-ci à l’hôpital. Jacques Beaudoin, lui, restera sur les lieux pour terminer le travail de transformation de l’eau d’érable.

Avec une persévérance admirable, Jacques Beaudoin a mobilisé toute son énergie pour sauver la vie de son ami.

Pierre Dupont, de Lac-Mégantic

Au lendemain d'un accident ferroviaire, le 7 juillet 2013 en après-midi, Pierre Dupont s'affaire à sécuriser différents équipements de la Ville. Il bloque les réseaux sanitaire et pluvial pour empêcher quelque six millions de litres d'huile d'atteindre l’usine d’épuration des eaux et la rivière. 

Avec son équipe, il ferme ensuite les valves d’entrée de service d’eau de plusieurs maisons et bâtiments, car le niveau des réservoirs d’eau potable atteint un point dangereusement bas. Or, la dernière valve d’aqueduc importante est située au cœur de l’incendie qui fait toujours rage. La situation est critique. La conduite se trouve sous l'un des wagons du train encastré dans un bâtiment. La valve est rompue et l'eau bouillonne dans le solage, à travers les décombres.

Pierre Dupont enfile rapidement une combinaison de pompier pour se protéger de la chaleur intense, saisit des outils et demande à deux pompiers de l’accompagner. 

Parvenus sur place, les trois hommes constatent que la valve est ensevelie sous des tas de briques et de plusieurs morceaux de métal. Les hommes retirent d’abord une poutrelle d’acier qui gêne l'accès à la valve. Ils travaillent dans environ 50 centimètres d’épaisseur d’huile; ils en ont jusqu’aux genoux. 

Pour s’orienter et trouver la valve, Pierre Dupont s’aligne sur le jet d’eau bouillonnante. Il trouve finalement dans le sol le bouchon de la conduite; il est coincé dans la rouille. Avec son marteau et son tournevis, il cherche à retirer le bouchon, mais l’huile freine ses mouvements. Les hommes sont très craintifs, car le wagon encastré, à 20 mètres d'eux, commence à s’agiter. Il y a risque imminent d’explosion. Les valves de sécurité du wagon émettent d'ailleurs des sifflements stridents. 

Pierre Dupont parvient enfin à enlever le bouchon de la conduite, introduit sa clé dans le sol et réussit du premier coup à atteindre l’écrou de manœuvre de la valve. Il le tourne rapidement de manière à fermer définitivement l’arrivée d’eau. Puis, il invite les deux pompiers à se hâter de quitter les lieux, car tout menace d'exploser. Environ 15 minutes plus tard, c’est l'explosion.

Au péril de sa vie, Pierre Dupont a fait montre d'une bravoure exemplaire pour assurer la sécurité des lieux.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Dans la catégorie « accident de la route », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

David Gauvin, de Deschambault

En soirée le 25 juin 2013, David Gauvin est témoin d'un accident. Voyant qu’un incendie commence à faire rage sous le capot écrasé de la voiture et qu’un seul occupant se trouve à l'intérieur, David Gauvin tente d’éteindre et de contenir les flammes avec un coussin et une couverture. Puis, un camionneur lui apporte un extincteur et il en vide le contenu sans réussir à circonscrire l'incendie. Or, dès après, le feu reprend de l’ampleur à l’intérieur de l’auto.

Sur ces entrefaites, Annick Lajoie, infirmière, témoin aussi de l'accident, immobilise sa voiture sur le bord de l’autoroute et se rend à la voiture accidentée. Elle a un premier contact visuel avec la victime. L’homme a les yeux ouverts, une respiration saccadée et un pouls diminué. Puis, plus rien. Aidée par David, elle tente d’ouvrir les portières, de briser les vitres pour libérer la victime. Ils ouvrent finalement le coffre arrière et rabattent les bancs, mais le feu se propage trop rapidement. Un pneu de la voiture explose. À cinq reprises, David Gauvin retourne sur l'autoroute pour alerter les camionneurs et obtenir leur extincteur. À sa cinquième tentative pour éteindre le feu, il dirige le jet de l'extincteur sur les flammes côté passager, et il pénètre jusqu’au torse dans l’habitacle afin d'étouffer les flammes qui courent sur les jambes de la victime. 

Pendant ce temps, Annick Lajoie abaisse la vitre de la portière du conducteur en poussant vigoureusement dessus et constate qu'il ne porte pas sa ceinture de sécurité. Elle le saisit alors sous les bras, place ses pieds au bas de la portière pour se contrebalancer et tente de l'extraire de sa voiture. Au même moment, deux jeunes hommes lui viennent en aide. 

Annick Lajoie déchire ensuite la chemise du blessé et exécute un bref examen visuel. Elle commence les manœuvres de réanimation cardio-respiratoire, mais n’obtient ni pouls ni respiration. Elle poursuivra le massage jusqu'à l'arrivée des ambulanciers. Pour sa part, David Gauvin combattra l'incendie jusqu'à ce qu'un policier l'informe que l'homme n'est plus dans sa voiture.

Annick Lajoie n’a pas été blessée, mais David Gauvin, qui a inhalé une grande quantité de fumée et autres produits toxiques émanant de l’incendie et des extincteurs, sera traité à l'hôpital. 

Malgré le danger constant, Annick Lajoie et David Gauvin ont tenté sans relâche de secourir un homme qui, malheureusement, n'a pas survécu.

Adisa Hajdarevic, de Québec

Le 23 janvier 2013 en début de soirée, Adisa Hajdarevic, préposée aux bénéficiaires de formation, circule en voiture en compagnie de son mari et de sa fille, en direction d'un restaurant pour célébrer son anniversaire de mariage. Tout à coup, elle voit plusieurs personnes attroupées autour d’une automobile qui a percuté un lampadaire.

Immédiatement, Adisa Hajdarevic immobilise sa voiture sur le bord de la rue et se dirige vers la scène. Il fait -40 oC et elle porte une robe trois-quarts, des talons hauts et un manteau d'hiver. Elle s'agenouille près de l'automobile et, malgré les vitres teintées, constate que le conducteur est seul, inconscient et qu'il a le pied sur la pédale d’accélérateur. De plus, la voiture est en position de conduite. 

L'une des personnes présentes casse la vitre d’une porte arrière et une autre pénètre dans l'habitacle, donne un coup de pied sur le bras de transmission, pour que l’auto revienne au neutre, déverrouille et ouvre les portières. 

Adisa Hajdarevic entre à son tour dans la voiture et vérifie si l'homme est victime d'un accident vasculaire cérébral ou d'une crise cardiaque. Il s’agit bien d’un problème cardiaque. Elle sort alors de la voiture, saisit l’homme par les aisselles, le fait glisser non sans difficulté à l'extérieur, puis le couche par terre. Elle demande aux témoins d’appeler le 911.

Adisa Hajdarevic commence ensuite de très longues manœuvres de réanimation cardio-respiratoire, dans un froid mordant. Plusieurs fois, l’homme revient à lui, ses yeux s'ouvrent, ses épaules redescendent, sa poitrine reprend vie puis il perd connaissance à nouveau. Sans relâche, elle le masse durant 45 minutes. Afin de conserver le rythme qu’elle lui insuffle, elle poursuit ses manœuvres même à l'arrivée des ambulanciers. Elle lui installe aussi les électrodes du défibrillateur. L'homme est ensuite pris en charge par les ambulanciers et Adisa Hajdarevic quitte les lieux avec son mari et sa fille. 

Dans un froid sibérien, Adisa Hajdarevic a mobilisé toute son énergie pour sauver un homme en détresse, allant jusqu'à se disloquer une épaule et subir des brûlures au premier degré au visage et aux br

Dans la catégorie « risque de noyade », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Olivier Béland, et Francis Lapointe, de La Sarre

Le 6 avril 2013, à l'heure du dîner, Olivier Béland prend l'air sur le terrain de stationnement de l’usine où il travaille et qui donne directement sur une rivière. Soudain, Olivier Béland entend des cris provenant du cours d'eau. Il s’approche alors de la rivière et voit, en contrebas, un motoneigiste agrippé à un bloc de glace au moyen d'un canif et dont seule la tête émerge de l’eau. L'homme appelle au secours. Il est à environ six mètres du bord et il baigne dans une eau très froide et profonde d’environ trois mètres.

Tout de suite, Olivier Béland crie à l’homme qu’il va chercher de l’aide. Puis, il se dirige rapidement à la salle à manger de l’usine et prévient ses compagnons de travail de la situation. Francis Lapointe se lève le premier et vient le rejoindre. Tous deux prennent ensuite place dans le camion d’Olivier et se rendent au bord de la rivière. Durant ce temps, Maxime Lapointe, frère de Francis, demande à un compagnon d'appeler le 911.

Descendus du camion, Olivier Béland et Francis Lapointe s’avancent maintenant prudemment sur les glaces. Olivier Béland est à l’avant et Francis Lapointe le suit, en tenant son bras. Ils sont maintenant proches de l'homme. Olivier l'agrippe par ses vêtements, le tire hors de l'eau avec l'aide de Francis Lapointe qui lui tient toujours le bras pour faire contrepoids. Voilà que Maxime Lapointe, frère de Francis, les rejoint à son tour. Tous ensemble, ils reviennent au camion, y font asseoir le rescapé pour qu’il se réchauffe et Olivier Béland lui prête un manteau. 

Francis Lapointe retourne à l’usine à pied, tandis qu'Olivier Béland et Maxime Lapointe attendent les ambulanciers avant de retourner travailler.

Sans l’intervention rapide et efficace de ces sauveteurs, le motoneigiste n’aurait pu s’accrocher encore longtemps à la glace.

Gabriel Bouchard, de La Tuque

En fin de matinée le 22 mars 2013, Gabriel Bouchard circule en motoneige en compagnie d'amis. Spontanément, les motoneigistes se divisent en trois groupes. Le premier groupe devance les autres de un kilomètre, soit celui formé de Gabriel Bouchard et de deux compagnons.

Soudain, la glace cède sous le poids du motoneigiste qui précède Gabriel Bouchard. L'homme baigne alors dans une eau très froide, profonde de près de 18 mètres et dont le courant est puissant. Aussitôt, Gabriel Bouchard accélère à fond, franchit le trou d’eau, descend de sa motoneige et rejoint difficilement son ami, car il glisse avec ses bottes. Celui-ci essaie de s’extraire du trou d’eau; il se rapproche du bord et se cramponne à la glace qui se casse autour de lui. Gabriel Bouchard tente de l'agripper, mais n'a pas de prise sur l'habit de motoneige. Il lui tend alors le bras pour qu'il s'y accroche.

Gabriel Bouchard crie aux compagnons qui sont les plus près de venir l'aider. L’un d’entre eux s’approche. À eux deux, ils hissent leur ami sur la glace. Celui-ci est détrempé, mais il est conscient et il est capable de marcher. Il est très calme et n'est pas blessé. 

Gabriel Bouchard fait ensuite monter son ami sur sa motoneige et se dirige, avec les autres compagnons, vers le chalet de l'un d'eux, situé à quelques kilomètres de là. Leur ami enfile des vêtements secs qui lui sont prêtés et ils reprennent tous ensemble leur randonnée pour se rendre dîner à une pourvoirie, selon le plan initial. 

Le sang-froid et la présence d’esprit de Gabriel Bouchard ont sans aucun doute permis d’empêcher que son ami périsse dans l'eau glaciale.

Émile Damphousse, de Deux-Montagnes

Au printemps 2013, le père d'Émile Damphousse se trouve sur le terrain derrière sa maison. Alors qu’il se dirige vers son cabanon, son pied s'enfonce jusqu’au genou à l’endroit précis où se trouvait l'ancien puisard, datant de 1959. Ayant réussi à extirper sa jambe, il décide de recouvrir l'ouverture du puisard et le périmètre du trou de solides panneaux.

Le 5 octobre 2013, monsieur Damphousse démantèle la piscine hors terre qui ne sert plus, avec l'aide de ses enfants et d'une amie. Il dispose maintenant d'une pompe, de sable et de terre en quantité pour combler le trou du puisard. En début de soirée, il retire les panneaux de bois qui bouchaient le trou, se penche à genoux au-dessus de l'ouverture de métal rouillé pour installer les tuyaux afin de vider la fosse. Soudain, le sol cède sous son poids. 

Monsieur Damphousse se retrouve aussitôt tête première dans le liquide de la fosse, immergé jusqu'aux cuisses, les bras tendus devant lui. Il ignore la profondeur du trou et s'il a l’espace pour se retourner et remonter à la surface. Seuls ses mollets et ses pieds sortent de terre. 

Au même moment, son fils Émile, qui lui apportait la pompe, accourt, se positionne derrière lui et l’agrippe par le pied gauche. Il tire de toutes ses forces, réussissant à l’extraire en partie, mais ce dernier reste coincé à la hauteur des hanches.

Le jeune Émile crie à l'amie de son père de venir l’aider. À eux deux, ils réussissent à extraire complètement monsieur Damphousse de la fosse. Fort heureusement, il n'a pas perdu connaissance bien qu'il soit resté prisonnier pendant près de une minute trente secondes dans ce puisard rempli de débris, de boue et d'autres détritus.

Pendant que son père est sous la douche, Émile appelle Info-Santé 8-1-1 et prend rendez-vous au CLSC pour le lendemain. Le père d'Émile sera alors vacciné contre le tétanos.

Émile Damphousse a fait preuve d'une présence d'esprit et d'un sang-froid exemplaires en portant secours à son père, devenant du coup le héros de toute sa famille.

Chantal Lapointe, et Éric Marleau, de Longueuil 

En début d'après-midi le 31 août 2013, Éric Marleau se trouve au chalet de sa sœur, en compagnie de son épouse, Chantal Lapointe, de leur fille, de leur fils et sa copine, ainsi que du conjoint de sa sœur. Le chalet se trouve sur un chemin de gravier.

Le fils d'Éric et sa copine partent faire une promenade en véhicule tout-terrain, un quatre-roues de 650 livres. Casqués, les deux jeunes empruntent le chemin de gravier. Il a beaucoup plu la veille. Alors que le jeune homme tente d’éviter un trou, la roue gauche de son véhicule avant se coince dans les herbes hautes qui longent un ruisseau, les faisant chavirer. Les jeunes ont la tête immergée dans l'eau. Ils sont à 1,3 kilomètre du chalet.

Le jeune homme, qui a perdu connaissance, revient à lui. Ils sont coincés sous le quatre-roues, et sa copine est inconsciente. Il pousse de toutes ses forces avec ses jambes sur le marchepied du véhicule pour se dégager. Il tente d'extirper sa copine, mais en vain. Blessé, il se met à crier à l’aide. Il sort du ruisseau, retourne sur le chemin de gravier et court vers le chalet.

Chantal Lapointe croit entendre son fils crier. Aussitôt, elle enjoint à son mari, Éric Marleau, de prendre le camion et d'aller à la rencontre de leur fils. Ils ont à peine franchi un kilomètre qu’ils l'aperçoivent, tout mouillé et grelottant. Tous trois partent rejoindre la jeune fille qui gît 300 mètres plus loin, gravement blessée.

Chantal et Éric sautent dans le ruisseau. Ils ont de l’eau jusqu'aux cuisses. Éric réussit à soulever le quatre-roues et Chantal parvient à tirer la jeune fille, toujours inconsciente, de sa mauvaise position. La jeune fille a la peau bleue, elle n’a pas de pouls et ne respire plus. Éric entame des manœuvres de réanimation cardio-respiratoire avec l'aide de Chantal.

S'amènent ensuite la sœur et le beau-frère d'Éric qui appellent les secours. Ceux-ci arrivent sur place une demi-heure après le début des manœuvres. Une première ambulance transporte la jeune à l'hôpital. Celle-ci devra subir plusieurs traitements de physiothérapie et d’ergothérapie. Une seconde ambulance prend en charge le jeune homme. Il sera soigné pour une omoplate fracturée.

Grâce à la persévérance d'Éric et de Chantal, la jeune fille est aujourd’hui en parfaite forme. Elle n'a toutefois aucun souvenir de cette journée.

René Rheault, de Brossard

En début d'après-midi le 16 mars 2013, René Rheault et sa conjointe cordent du bois à l'arrière de leur propriété qui donne directement sur la voie maritime du Saint-Laurent. 

René Rheault aperçoit une personne qui marche sur la glace, à quelque 300 mètres de la rive. À cet endroit, l’eau est très profonde, environ 11 mètres, et des bateaux de grand tonnage y circulent. De plus, la glace y est très mince en raison du redoux des jours précédents.

René Rheault surveille attentivement l’homme qui, tout à coup, disparaît dans le fleuve. Immédiatement, sa conjointe communique avec le 911. De son côté, il s’empare de son kayak, d’une rame et d’une corde entreposés sur son terrain. Il met son kayak sur la glace, y appuie le haut de son corps et pousse l'embarcation avec ses jambes. Il éprouve beaucoup de difficulté à parcourir la distance qui le sépare de l'homme. À plusieurs endroits, la glace est molle, et il doit déployer des efforts soutenus pour avancer. Au loin, l’homme se débat pour demeurer à la surface.

Alors que René Rheault se trouve à environ 30 mètres de l'homme, il monte à bord du kayak et rame jusqu’à lui, tout en cassant la glace. À l'approche de celui-ci, il enroule la corde, y crée un nœud coulant, et la lui lance à trois reprises. L’homme l’attrape enfin et glisse son poignet dans le nœud. René Rheault peut maintenant tirer l'homme vers lui. Puis, prenant appui au fond du kayak, il l'agrippe par le collet et le fait basculer à l’intérieur de l'embarcation.

Exténué, René Rheault cherche à revenir vers le bord. Sur ces entrefaites, trois pompiers gagnent son terrain et lui commandent de les attendre. À bord d'un canot pneumatique, ils le rejoignent et remorquent le kayak jusqu'à la rive. L'homme sera transporté en ambulance à l’hôpital, où il séjournera durant quatre jours pour cause d’hypothermie sévère.

Par sa ténacité et son courage sans faille, René Rheault a sauvé un homme de la noyade.

Dans la catégorie « autres circonstances », le gouvernement du Québec a décerné la mention d'honneur du civisme à :

Daniel Elguera Velasquez, de Longueuil

Un peu après minuit, le 29 juillet 2013, Daniel Elguera Velasquez sort d’une soirée de salsa. Alors qu'il regagne sa voiture garée un peu plus loin, un cycliste l'informe qu'un homme frappe tous les passants à quelque 60 mètres de là.

Rapidement, Daniel Elguera Velasquez se dirige vers la scène. Un homme menace effectivement les passants avec ses poings, et ceux-ci tentent d'éviter les coups en le contournant. Alors que deux passantes sexagénaires essaient de le contourner, l'homme agresse l'une d'elles par-derrière en lui assénant un coup de poing sur le côté du visage. La femme tombe face contre terre sur le trottoir, et l'homme la roue aussitôt de coups de pied à la tête. 

Au pas de course, Daniel Elguera Velasquez rejoint l'agresseur, tente de l’empoigner par les vêtements et de lui faire lâcher prise. Un passant lui prête main-forte. À eux deux, ils écartent le forcené de quelques mètres de la victime. Quelque deux minutes plus tard, un troisième passant les rejoint pour les aider à maîtriser l'agresseur.

Daniel Elguera Velasquez s'éloigne alors pour aller porter secours à la victime qui gît toujours sur le sol. Elle est ensanglantée, complètement défigurée et inconsciente. Son amie est à ses côtés et parle au téléphone cellulaire. Elle ne s'exprime pas en français. Il ne peut donc communiquer avec elle.

Daniel Elguera Velasquez roule alors son propre chandail et le glisse sous la tête de la victime. Il demeure auprès des deux femmes jusqu'à l'arrivée des policiers. Il se dirige ensuite vers sa voiture et rentre chez lui.

Plus tard, dans la journée, Daniel Elguera Velasquez apprend, par un reportage télévisé, que les policiers cherchent à entrer en contact avec des témoins de la scène. Il communique alors avec le Service de police de la Ville de Montréal et livre sa déclaration. 

Malheureusement, la victime est décédée de ses blessures durant la nuit de l’événement. Sans l'intervention courageuse de Daniel Elguera Velasquez, d'autres passants auraient peut-être connu le même sort.

Hamid Jennane, de Saint-Laurent

Le 19 août 2013, à l'heure du souper, Hamid Jennane se trouve avec son épouse et ses deux jeunes enfants dans son logement. À un moment, il perçoit des cris aigus de femmes en provenance du corridor de l’étage. 

Hamid Jennane ouvre la porte de son appartement. Debout dans le corridor, une femme appelle à l'aide. Une autre femme est couchée sur le sol, face contre terre. Un homme la maintient fermement en lui empoignant les cheveux de la main gauche et, de la main droite, il lui assène de violents coups de marteau sur la tête.

Hamid Jennane regagne aussitôt son logement, attrape une de ses chaussures, retourne dans le corridor et la lance à l'agresseur. Celui-ci recule de quelques pas. La femme au sol est pratiquement inconsciente, elle râle et saigne abondamment. L'agresseur tient toujours son marteau et le menace désormais.

Hamid Jennane rentre alors chez lui et s'empare d'une chaise de cuisine. De retour dans le corridor, il avance vers l'agresseur, tenant la chaise par le dossier, les quatre pattes devant, pour le forcer à reculer et ainsi l'éloigner de la victime. L’agresseur abandonne son marteau et s’assoit par terre, à quelques mètres de celle-ci. Hamid Jennane maintient la chaise entre lui et l’agresseur jusqu’à l’arrivée des policiers, quelque 10 minutes après le début de l'agression.

De fait, entre-temps, des voisins témoins de la scène ont appelé les secours. Craintifs, ils sont toutefois demeurés dans leur appartement. 

La victime, quant à elle, a été traitée pour de multiples fractures et contusions à la tête et à une main. L'autre femme, la demi-sœur de la victime, reste très marquée par ce tragique événement. 

En s'opposant avec courage et assurance à l'agresseur, Hamid Jennane a sauvé la vie de la jeune femme.

Marc Letendre, de Drummondville

Dans la nuit du 28 avril 2013, Marc Letendre, infirmier et coordonnateur d'activités cliniques dans un centre de santé et de services sociaux, est à son poste de travail.

Tout à coup, Marc Letendre entend des bruits insolites pour cette heure tardive. Des voix fortes semblent provenir de l'Unité brève d'intervention, où sont gardés en observation les patients instables ou psychiatrisés. Il se dirige vers l'unité et jette un coup d'œil à la fenêtre de la porte. Un homme, de dos, enserre fermement, de chaque côté de lui, une infirmière et une préposée aux bénéficiaires dans l'espace réservé au poste des infirmières de l'unité. Ni l'une ni l'autre ne semblent pouvoir se libérer, bien qu'elles essayent désespérément de raisonner le patient.

Marc Letendre se hâte d'accéder à l'unité. Alors qu'il tente d'ouvrir la porte du poste des infirmières avec sa clé, le patient l'aperçoit et se rue aussitôt sur la porte pour en saisir la poignée à deux mains et ainsi l'empêcher d'entrer. Marc Letendre réussit toutefois à y pénétrer, non sans peine, mais le patient se jette littéralement sur lui, libérant du coup les deux femmes. Celles-ci ne tardent pas à atteindre le bouton d'urgence pour donner l'alerte au personnel de l'hôpital. Entre-temps, Marc Letendre parvient tant bien que mal à maîtriser, en partie, le patient. Celui-ci ne cesse d'ailleurs de lui asséner plusieurs coups de poing au visage.

Quelque cinq minutes plus tard, cinq personnes s'amèneront pour prêter main-forte à Marc Letendre et ainsi immobiliser totalement le patient. Les policiers arriveront, eux, 10 minutes plus tard. 

L'intervention spontanée et courageuse de Marc Letendre a permis d'éviter qu'un drame ne se produise.

Alain Soucy, de Québec 

En début de soirée le 7 novembre 2013, Alain Soucy et sa conjointe, Michèle Renaud, descendent l'un des escaliers qui relient la haute-ville à la basse-ville de Québec. Au pied des marches, le couple perçoit d’abord un bruit sourd de chute provenant des buissons, puis un cri d'au secours étouffé.

Alain Soucy entre aussitôt dans les herbes hautes du buisson, suivi de Michèle Renaud. Ils y trouvent un homme couché sur une femme dont le visage est contre terre, en train de subir une agression sexuelle. Immédiatement, Alain demande à Michèle d’aller appeler les secours. 

Alain Soucy commande ensuite aux deux personnes de se rhabiller et de sortir du buisson. Spontanément, la femme, une septuagénaire, reste près d'Alain et lui tient même la main durant un bon moment. Alain Soucy ramasse le sac à dos de l'agresseur pour éviter qu'il se sauve et lui ordonne de s’asseoir au pied de l’escalier et d’attendre. 

À plusieurs reprises, l'agresseur réclame son sac, mais Alain Soucy refuse de le lui rendre. 

Entre-temps, Michèle Renaud joint le 911. Puis, au pas de course, elle revient retrouver son conjoint. Au même moment, les policiers arrivent. Pendant qu'ils procèdent à l'arrestation de l'agresseur, Michèle accompagne la femme dans la voiture de patrouille.

La femme sera ensuite transportée à l’hôpital pour y être examinée, et le couple Soucy-Renaud rentrera à la maison à pied.

La vigilance et le sang-froid dont ont fait preuve Alain Soucy et Michèle Renaud leur ont permis de tirer une septuagénaire d'un terrible cauchemar.

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