Liste des récipiendaires honorés en 2018 (pour les actes de 2016)

 

La ministre de la Justice, Mme Stéphanie Vallée, entourée des récipiendaires qui ont accompli un acte de civisme en 2016, ainsi que des membres du Comité sur le civisme.

Le 29 mai 2018, le gouvernement du Québec rendait hommage à 23 personnes pour les actes de civisme exceptionnels qu'elles avaient accomplis au cours de l'année 2016. La cérémonie du prix Hommage au civisme s'est tenue au restaurant Le Parlementaire de l'hôtel du Parlement. Elle était présidée par la ministre de la Justice, madame Stéphanie Vallée.

La ministre a alors remis 14 médailles du civisme et 9 mentions d'honneur du civisme.

Un insigne du civisme, réplique miniature de la médaille, a également été remis à chacun des 23 récipiendaires.

Les actes de civisme soulignés dans le cadre de la 32e édition de la cérémonie Hommage au civisme ont été regroupés par région.

Médailles du civisme

La médaille du civisme, accompagnée d'un insigne or, est décernée à une personne qui a accompli un acte de civisme dans des circonstances périlleuses. Faite de bronze, elle est gravée au nom du récipiendaire. On y voit deux visages qui symbolisent les deux composantes du thème Exposer sa vie pour en sauver une autre.

Frédéric Boucher

M. Frédéric BoucherLe 23 août 2016, à 6 h 15, Frédéric Boucher, contremaître sur le chantier de construction de la route 138 sur la Côte-Nord, aide un collègue à placer la signalisation pour immobiliser les voitures. Alors que ce collègue agite un drapeau pour signaler aux véhicules de s’immobiliser, un semi-remorque s’approche à grande vitesse. Malgré les signaux, il est clair que le conducteur ne s’arrêtera pas. Frédéric Boucher se précipite dans l’entrée d’une maison pour se mettre à l’abri.

Dans un vacarme indescriptible, le camion percute de plein fouet d’abord l’arrière d’une camionnette, puis un autre camion et une voiture. Tous ces véhicules se tordent et se déplacent sous l’effet de la collision. Le feu gagne le devant du camion. Celui-ci dévie ensuite de sa trajectoire et embarque sur la travée inverse, poussant la camionnette, elle aussi en flamme.

Frédéric Boucher appelle alors le 911. Il croit « voir l’enfer ». La force de l’impact et les incendies le laissent penser qu’il y a des morts. Autour de lui, il entend des explosions provenant de bonbonnes de propane et d’autres objets contenus dans les véhicules. Il s’approche pourtant de la camionnette en flammes et voit des jambes émerger de la porte du conducteur. Il tire la victime par les jambes, conscient que ce qu’il fait est dangereux. Il ne peut s’imaginer vivre avec la certitude d’avoir laissé une personne brûler devant lui.

La victime parvient à « s’aider » un peu, mais ses jambes ne la soutiennent pas. Ses yeux sont révulsés, sa peau, d’une drôle de couleur. M. Boucher a peur que l’homme meure dans ses bras et il craint de mourir lui aussi. Il lui parle pour le réconforter. Une fois l’homme sorti de sa camionnette, Frédéric l’amène au fossé pour le protéger. Il tente d’alléger ses souffrances dues à ses graves brûlures. Il lui prodigue les premiers soins, aidé par d’autres personnes sur place.

M. Boucher s’assure qu’il n’y a pas d’autres victimes; tous ont pu s’en sortir indemnes. Lorsque les pompiers arrivent, son équipe et lui les aident en fournissant de l’eau dans des citernes et des pelles mécaniques. Une ambulance transporte le blessé à l’hôpital.

Malgré l’intense choc subi, Frédéric Boucher demeure sur les lieux de l’accident toute la journée pour faire son travail. Héros malgré lui, il a beaucoup de difficulté à reparler de l’événement et garde des séquelles psychologiques importantes. L’homme qu’il a secouru a malheureusement succombé à ses blessures deux semaines plus tard, le 7 septembre 2016, à l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec.


Dominic Lavoie

M. Dominic LavoieLe 10 décembre 2016, vers 13 h, Dominic Lavoie se trouve au chalet de son oncle au bord du lac Croft à Hébertville. Il est en compagnie de celui-ci et d’un autre oncle venu au chalet de son frère en motoneige. Le chalet voisin appartient aux parents de Dominic et son père est aussi dehors.

L’oncle venu en motoneige décide de partir sur son véhicule en direction du lac pour le traverser. À peine a-t-il franchi la moitié du lac que la motoneige fait craquer la glace et s’enfonce lentement dans l’eau. Il tente d’accélérer et de faire remonter son véhicule à la surface, en vain. La motoneige s’immobilise.

Il grimpe alors sur le siège pour rester le plus possible hors de l’eau. Mais l’eau est profonde et il y a un petit courant. Aussi se retrouve-t-il complètement immergé. Il se cramponne à la glace autour de lui, qui ne cesse de céder. Il s’efforce de demeurer à la surface, mais doit se débattre pour y arriver.

Voyant son oncle en danger, Dominic court en direction du lac. Son père, qui a aussi vu la chute de son frère, arrête son fils dans sa course et lui conseille de se munir d’une échelle pour venir à son secours, afin de répartir la charge sur la glace mince. Dominic et son père se rendent à la remise, s’emparent d’une échelle en aluminium extensible et fixent une corde à l’extrémité de celle-ci.

Dominic Lavoie étend l’échelle sur la glace et la pousse devant lui. Il se tient à quatre pattes sur la glace. Son père le suit, tenant la corde, mais la glace cède sous son poids. Dominic avance dorénavant seul. Ses jambes pénètrent dans la glace jusqu’aux genoux. Le bas de son corps est mouillé d’eau glacée. Il se rend ainsi jusqu’à son oncle, à qui il tend l’échelle. Celui-ci l’agrippe, et tous deux conjuguent leurs efforts, jusqu’à ce que l’oncle parvienne à s’extraire du trou. Ils reviennent vers le bord avec précaution, d’abord à quatre pattes, puis debout. 

Frigorifié, l’oncle se précipite rapidement dans la remise de son frère pour se réchauffer et enfiler des vêtements secs. Dominic s’y rend aussi et tous se retrouvent pour se remettre de leurs émotions. Dominic Lavoie reconduit ensuite son oncle chez lui pour qu’il puisse mieux décompresser.

Sans le courage et le sang-froid de Dominic, son oncle aurait péri au fond du lac.


Xavier Tremblay

M. Xavier TremblayLe 20 décembre 2016, vers 23 h 15, Xavier Tremblay, 11 ans, est couché dans la chambre qu’il partage avec son frère cadet, au deuxième étage de leur maison, à Saint-Henri-de-Taillon. Il se réveille pour aller boire et découvre sa chambre pleine de fumée. Celle-ci provient de la plinthe électrique sous la fenêtre. Il sent de la chaleur sous ses pieds.

Xavier accourt vers le lit de son petit frère de 8 ans. Il le secoue et crie pour le réveiller. Il se précipite ensuite dans la chambre de son autre frère de 12 ans pour faire de même, sans succès. De retour à sa chambre, il demande au petit, peu réactif, de se lever et d’aller réveiller leur grand frère. Celui-ci s’exécute.

Xavier se dirige vers la chambre de sa mère au rez-de-chaussée. Des flammes éclairent la salle de bain située juste en dessous de sa chambre. Sa mère dort. Après maints efforts, elle ouvre les yeux, sans être tout à fait consciente de la situation. La fumée l’a sans doute rendue somnolente.

À ce moment, ses deux frères rejoignent Xavier auprès de leur mère. Il y a une telle quantité de fumée que les enfants ont peine à se voir les uns les autres. Lorsque la mère se lève enfin, elle veut aller voir le poêle à bois du sous-sol. Xavier s’empresse de lui dire que le foyer de l’incendie n’est pas là et qu’il leur faut sortir. Du même souffle, il somme ses frères de revêtir leur manteau et de se réfugier chez la voisine, la gardienne de la famille. À son tour, Xavier revêt son ensemble de neige. Il sort vérifier que ses frères se dirigent bien chez la voisine, mais il refuse de partir sans sa mère et entre à nouveau. Il se sent protecteur en l’absence de son père qui est au travail.

Il prie sa mère de le rejoindre dans l’entrée. Celle-ci cherche à sauver les deux oiseaux de la famille. Prenant conscience qu’elle ne peut rien pour eux, elle retrouve son fils et ils sortent enfin.

De chez la voisine, ils assistent, impuissants, à la destruction de leur maison. Pendant quelque temps, la famille réside chez des proches, et à la fin de l’année 2017, elle réintègre sa maison neuve, au même endroit. Xavier a eu mal à la gorge longtemps après l’événement à cause de la fumée inhalée. Grâce à sa ténacité et à son grand courage, il a sauvé sa famille des flammes.

Regarder la vidéo de l'entrevue avec Xavier Tremblay

Jérémy Belles-Isles Duplain

M. Jérémy Belles-Isles DuplainLe 30 juillet 2016, le jeune Jérémy Belles-Isles Duplain, 9 ans, participe à une fête chez des amis de sa belle-mère, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Il est accompagné de son père, de sa belle-mère et de sa sœur aînée. En tout, une dizaine d’enfants et une douzaine d’adultes participent à cette fête estivale et familiale qui se déroule dans la cour d’une maison privée. Plusieurs enfants et adolescents de tous âges se trouvent dans la piscine hors terre et près d’autres attractions dans la cour.

À un moment, Jérémy s’amuse avec d’autres jeunes dans la piscine et remarque un enfant du même âge que son petit frère. Cet enfant barbote dans l’eau et porte alors des flotteurs à ses deux bras. Jérémy peut toucher le fond avec ses pieds, car la piscine hors terre a une profondeur de 4 pieds.

Quelques minutes plus tard, alors qu’il se trouve sur la terrasse de la piscine, Jérémy aperçoit, au fond de la piscine dans la partie la plus profonde, le même petit de 3 ans. Il est recroquevillé sur lui-même et ne porte plus ses flotteurs. Il se dit que le petit a sans doute retiré ses flotteurs pour faire comme les grands. Il s’inquiète de l’état de l’enfant, qui ne remonte pas à la surface.

Le jeune Jérémy s’élance alors et plonge au fond de l’eau. Bouleversé de voir l’enfant les yeux mi-clos et révulsés, Jérémy le prend dans ses bras et le ramène à la surface. Il le dépose sur le bord de la piscine où un adulte vient le chercher. Le petit est inconscient et sa peau est blanche.

Jérémy sort de la piscine, accourt vers son père et lui raconte ce qui vient de se passer. Entre-temps, un mouvement de panique a commencé à se faire sentir chez les adultes présents. Certains pleurent. Les enfants et adolescents présents aussi sont tristes et inquiets pour la petite victime. Les secours sont appelés et l’ambulance arrive rapidement dans la cour. Les ambulanciers procèdent à des manœuvres de réanimation sur l’enfant puis l’amènent à l’hôpital avec son père. L’enfant rentrera à la maison en bonne santé quelques heures plus tard.

Jérémy, seul, a sauvé de la noyade un enfant en détresse au fond d’une piscine. Son acte est d’autant plus courageux qu’il souffre d'hémiparésie, c'est-à-dire d’une perte partielle de motricité du côté gauche de son corps.

Regarder la vidéo de l'entrevue avec Jérémy Belles-Îsles Duplain


Jocelyn Boucher

M. Jocelyn BoucherLe 5 février 2016, peu avant minuit, Jocelyn Boucher regarde par la fenêtre de son salon et aperçoit la maison de ses voisins d’en face en flammes. Beaucoup de fumée s’échappe des combles, à l’arrière de la maison.

M. Boucher demande à sa conjointe d’appeler les pompiers. Sans même prendre le temps d’enfiler un manteau, il s’élance à l’extérieur, traverse et enfonce la porte à coups d’épaule vigoureux. Une fois à l’intérieur, il aperçoit un brasier au fond. La fumée noire et dense l’incommode rapidement et l’étouffe.

Jocelyn Boucher ne connaît pas l’intérieur de cette maison. Il sait toutefois que plusieurs enfants y vivent. Il crie à l’intention des occupants pour les faire sortir. Il s’aventure tant bien que mal dans différentes pièces du rez-de-chaussée, mais ne trouve personne et n’entend aucun son. Il s’inquiète et se demande s’il est trop tard pour les occupants, qui dorment sans doute.

Au bout d’un moment, il voit une première fillette devant lui. Il lui enjoint de sortir, ce que la petite fait sans poser de questions. Puis, empruntant prudemment des marches qui mènent au sous-sol, M. Boucher croise un premier petit garçon. Ce dernier est plus récalcitrant. M. Boucher trouve un manteau sur la rampe de l’escalier et en couvre le garçon. Il l’invite de nouveau à sortir, ce que le jeune accepte finalement de faire. Puis, deux autres enfants, un garçon et une fille, sortent de la maison, sur l’insistance de Jocelyn Boucher.

Croyant maintenant que tout le monde est sorti, il remonte l’escalier. Le père de la famille est dans la cuisine en train d’arroser le brasier. M. Boucher tente de le convaincre qu’il ne lui sert à rien de lancer ainsi de l’eau sur le feu, mais l’homme semble en état de choc et persiste dans ses tentatives. Le feu continue sa progression dans les combles, qui menacent de s’effondrer à tout moment. Jocelyn Boucher doit faire vite et sortir de la maison avec le père.

Lorsqu’un transformateur d’Hydro-Québec explose, le fort bruit de détonation convainc le père éploré, qui accepte de sortir avec Jocelyn Boucher. Il s’en est fallu de peu pour qu’ils y restent, car peu de temps après, le toit s’effondre.

Au total, six personnes étaient endormies dans la maison au moment où le feu s’est déclaré. Grâce à Jocelyn Boucher, elles s’en sont toutes sorties saines et sauves.


Paul-André Rhéaume

M. Paul-André RhéaumeLe 22 mai 2016, vers la fin de l’après-midi, Paul-André Rhéaume se balade en bateau sur le fleuve Saint-Laurent avec deux amis. L’un deux est aux commandes du bateau et ne porte pas de veste de flottaison, alors que M. Rhéaume et son autre ami en portent chacun une.

Le trio a quitté une marina de l’île d’Orléans et navigue depuis quelques heures lorsqu’un bris mécanique survient. La pompe servant à vider l’eau à l’intérieur du bateau s’enraye. L’eau s’accumule rapidement dans la cale, d’autant plus que les vagues atteignent deux mètres. Les trois hommes essaient tant bien que mal d’écoper avec le matériel qu’ils ont avec eux, mais la coque continue de se remplir. Lorsqu’ils ont de l’eau à la hauteur des genoux, les plaisanciers se rendent à l’évidence : ils n’y arriveront pas. Ils n’ont d’autre choix que de sauter dans les eaux glacées du fleuve.

Une fois dans l’eau, M. Rhéaume ne voit plus son ami qui ne porte pas de veste, tandis que l’autre homme se trouve près de lui. Il veut réunir le groupe et cherche celui qui manque à l’appel. Il le repère enfin, à quelques mètres d’eux. Il a de l’eau jusqu’au niveau des yeux et crie à l’aide. Il cale à cause du courant et des vagues. Paul-André Rhéaume nage jusqu’à lui et l’accroche à sa veste de sauvetage. Soudés l’un à l’autre, ils se rapprochent de leur ami.

Ils sont trop loin de la rive pour s’y rendre en nageant. Ils ont froid, tentent de se maintenir à la surface, mais leurs forces commencent à manquer. Ils essaient de rester calmes, mais paniquent chacun à leur façon, alternant cris, solutions, anéantissement et attitude stoïque.

Au bout de 15 minutes, deux plaisanciers passent en bateau et aperçoivent les naufragés. L’homme et la femme s’approchent d’eux et leur signalent qu’ils vont les repêcher. Ils embarquent tour à tour les trois hommes et les couvrent d’une toile, seul élément à leur disposition pour les réchauffer. La Garde côtière, appelée sur les lieux, escorte le bateau des plaisanciers jusqu'à une marina de l'île d'Orléans. Les trois amis souffrent d'hypothermie et ont avalé une grande quantité d'eau. Dès leur arrivée, les ambulanciers les conduisent à l'hôpital. Paul-André Rhéaume et ses amis n’ont subi aucune blessure physique lors de leur mésaventure. Sans la présence d’esprit et le sang-froid de M. Rhéaume, l’un d’eux serait probablement mort noyé.

Regarder la vidéo de l'entrevue avec Paul-André Rhéaume

Rachel Blain-Auclair

Mme Rachel Blain-AuclairLe 30 octobre 2016, vers 16 h, Rachel Blain-Auclair se trouve chez elle à Milan. Elle est avec ses deux enfants et sa cousine en visite. À un moment, sa petite fille de 8 ans lui dit : « Maman, regarde, il y a de la boucane qui sort de la maison en avant! » Mme Blain-Auclair demande à sa cousine de rester avec les enfants et se précipite, pieds nus, chez son voisin.

Comme la voiture de son voisin est dans l’entrée et qu’elle sait qu’il travaille de nuit, elle songe qu’il est probablement dans la maison. Elle téléphone au 911 pour prévenir les autorités de la situation.

Maintenant plus près, elle constate que des flammes s’échappent d’un côté de la maison. Par la porte d’entrée principale, elle voit que la maison est remplie de fumée dense et noire. Elle distingue à peine les deux chiens qui se tiennent près de la porte et aboient.

Elle frappe à la porte à plusieurs reprises sans succès, puis lui administre des coups de pied afin de l’enfoncer. Elle y parvient et pénètre dans la maison. Elle crie d’une voix forte le prénom de son voisin. Elle le cherche dans toutes les pièces. Le jeune homme d’environ 25 ans émerge de peine et de misère de sa chambre. L’air hagard, il ne semble pas comprendre ce qui se passe. Il dormait profondément et avait déjà inhalé une bonne quantité de fumée. Mme Blain-Auclair le prie de sortir, car le feu fait rage. Ce dernier continue de réagir mollement. Elle doit donc le soutenir pour le faire avancer.

Tous deux sortent de la maison enfumée. Mme Blain-Auclair accueille chez elle son voisin et ses deux chiens. Elle a l’idée d’utiliser son extincteur pour tenter de dompter l’incendie, mais le feu est maintenant trop important. Plus tard, elle devra retenir la victime qui veut aller chercher son chat dans la maison. Les pompiers mettent beaucoup de temps à arriver sur les lieux. La Croix-Rouge arrive sur place vers 22 h pour prendre en charge les occupants de la maison incendiée, soit la victime et sa conjointe. La maison a été déclarée perte totale.

Mme Blain-Auclair a souffert d’une sévère entorse à sa jambe utilisée pour défoncer la porte de la maison incendiée. Elle a aussi conservé d’importantes séquelles psychologiques à la suite de l’événement.


René Roy

M. René RoyLe 5 août 2016 vers 20 h 30, René Roy et son épouse sont en route vers leur résidence, située à Sherbrooke. Dans un fossé en bordure de la route, de hautes flammes s’élèvent. Sur le moment, ils pensent à un feu de broussailles, mais comme quelques personnes sont rassemblées, ils décident de s’immobiliser.

M. Roy se rend avec sa femme près des curieux. Une voiture est renversée dans le fossé, sur le toit. L’avant de celle-ci est ravagé par les flammes. M. Roy et sa conjointe demandent aux gens présents s’il y a quelqu’un à l’intérieur du véhicule, mais les badauds ne le savent pas. Ils restent figés devant le feu, craignant probablement pour leur sécurité.

René Roy crie en direction du fossé et perçoit une réponse. Les mots murmurés ressemblent à : « Oui, dans la valise! » Il se précipite alors dans le fossé vers l’arrière du véhicule, puisque l’avant est complètement en feu. Une ouverture dans la carrosserie de la voiture, entre un phare arrière et le coffre, lui donne la possibilité de percevoir un homme. Celui-ci repose contre le toit du véhicule renversé. À travers la brèche, M. Roy lui fait des signes et lui clame de glisser vers lui. Les yeux ouverts, l’homme ne réagit pas.

M. Roy étouffe dans la fumée intense. Il remonte sur le bord de la rue pour prendre des bouffées d’air et réfléchit à un moyen de sortir l’homme du véhicule en feu. Le positionnement du véhicule et la végétation qui envahit le fossé empêchent d’ouvrir les portes ou le coffre. Il semble n’y avoir que la brèche par où il aperçoit la victime qui puisse être utilisée.

Réalisant que le temps presse devant le feu qui se propage, René Roy retourne à nouveau dans le fossé. À la faveur d’un vent qui se lève, les flammes s’atténuent pendant un instant. La victime réussit alors à sortir sa tête et une main par l’ouverture, mais reste coincée. M. Roy attrape cette main et déploie tous ses efforts. Après maintes reprises, il parvient à extirper la victime de l’habitacle.

L’homme est très faible et peu coopératif. En état de choc, il manque d’oxygène. M. Roy le saisit sous les aisselles et le traîne plus loin dans le fossé. Un jeune homme prend ensuite la relève. Épuisé et blessé aux jambes, René Roy remonte. Il a sauvé la vie d’un homme.

Lamazovky Manigat Michel

M. Lamazovky Manigat MichelLe 19 novembre 2016, vers 20 h 25, Lamazovky Manigat Michel regarde la télévision dans le salon de son appartement à Montréal. Lorsqu’il regarde par la grande fenêtre du salon, son attention est captée par du mouvement sur le trottoir près de chez lui. Une femme et un homme se battent à coups de poing et de sac à main.

D’abord, M. Michel croit qu’il s’agit d’une dispute de couple, jusqu’à ce qu’il remarque une petite fille âgée de 9 à 12 ans, qui lui fait des signes et semble lui demander de l’aide. M. Michel comprend alors qu’il s’agit d’une agression et sort de chez lui pour aider la femme et sa fille. 

Il arrive sur le trottoir derrière l’agresseur, qui frappe toujours la femme. Il l’agrippe par surprise, pour essayer de lui faire abandonner sa prise sur la femme, qui pleure et se débat. La manœuvre de M. Michel fonctionne : l’agresseur lâche la femme et commence à se chamailler physiquement avec lui. Les deux hommes se débattent, tombent et roulent sur le trottoir. M. Michel maîtrise de son mieux le brigand, lui maintient les bras pour l’immobiliser, mais il reçoit aussi quelques coups de poing.

L’assaillant tente de saisir une brique près du trottoir pour frapper M. Michel. Ce dernier s’en empare et assomme le malfaiteur avec l’objet. Ce coup rend l’homme assez « sonné » et amorti, et a pour effet de diminuer son agressivité. Celui-ci se calme. Sur ces entrefaites, deux autres jeunes hommes arrivent sur les lieux de l’événement et demeurent avec M. Michel. C’est l’un de ceux-ci qui communique avec le 911.

Quelques minutes plus tard, les policiers arrivent, prennent la situation en main et arrêtent le suspect. Cette femme a eu la chance de voir un bon samaritain écouter les signes de sa fille.


André Paquette

M. André PaquetteLe 13 mars 2016, vers 10 h 30, André Paquette et sa conjointe font une promenade avec leur chien dans le parc des Bateliers, à Montréal. Deux jeunes filles d’environ 15 ans marchent sur la glace de la rivière. L’une d’elles souhaite se faire prendre en photo sur une grosse roche dans la rivière. Autour d’elle, la glace semble épaisse, mais à cet endroit et à ce moment de l’année, la glace est fragile et il y a du courant en dessous.

En voulant descendre de la roche, la jeune fille tombe dans la rivière. Elle réussit à se cramponner à la glace et seule sa tête émerge de l’eau. Son amie crie au secours. D’une passerelle à environ 150 mètres, M. Paquette et sa conjointe voient la jeune fille tomber et se rendent à la course au bord de l’eau.

Arrivé près de la victime, M. Paquette teste la solidité de la glace devant lui en y effectuant quelques pas. Constatant sa fragilité, il se met à plat ventre et entreprend de ramper vers la jeune fille, à quelque 50 mètres devant lui.

André Paquette saisit ses deux mains pour la tirer sur la glace. Sa manœuvre ne fonctionne pas, car la glace cède autour de lui. Les bras mouillés jusqu’aux coudes, M. Paquette dit à la jeune fille de lâcher une de ses mains et le bloc de glace auquel elle se retient. Il l’encourage et lui promet qu’il va la sortir de l’eau. La jeune fille a très peur, mais obéit.

M. Paquette tire alors de toutes ses forces sur un seul bras de la jeune fille et parvient à l’extraire de l’eau, en utilisant la force du courant et en la faisant glisser sur la glace. L’adolescente est menue, mais le poids de ses vêtements imbibés d’eau la rend plus lourde. André Paquette tire ensuite la jeune fille jusqu’à la berge. Les deux restent allongés le plus possible, pour éviter que la glace ne cède à nouveau sous eux.

Dès lors, la conjointe de M. Paquette s’occupe de la jeune femme, qui est en mesure de marcher. Elle l’aide à enfiler des vêtements secs, prêtés par elle-même et par l’amie de la jeune fille. Les secours sont appelés et arrivent sur les lieux peu de temps après. La jeune fille s’en sort indemne.

Des passants applaudissent chaleureusement André Paquette pour ses actions. Son acte courageux a certes sauvé cette jeune fille d’une noyade en eau glaciale.

Antoine St-Laurent

M. Antoine St-LaurentLe 9 avril 2016, dans la matinée, le jeune Antoine St-Laurent, 9 ans, part à la pêche sur glace avec son grand-père et son grand-oncle. C’est une journée assez froide et très venteuse à Bouchette, en Outaouais. Les trois pêcheurs sont vêtus d’une combinaison complète, d’un casque ainsi que de bottes et de gants chauds. Ils utilisent deux véhicules tout-terrain pour se rendre sur le lac où les grands-parents maternels et le grand-oncle d’Antoine possèdent des chalets.

En embarquant sur le lac avec le véhicule, Antoine remarque que les roues semblent s’enfoncer. En effet, de la glace s’effrite tout autour. Mais une fois bien installé, le véhicule progresse correctement sur de la glace solide.

Les lignes de pêche sont à l’eau depuis une bonne heure déjà lorsqu’Antoine mentionne qu’il a très froid. Son grand-oncle redémarre alors son véhicule tout-terrain pour réchauffer les mitaines du jeune garçon. Comme le petit a encore froid, il part à la recherche d’un endroit sur le lac pour pêcher à l’abri du vent.

À quelque 400 mètres, il tombe dans le lac. Antoine n’a pas vu la chute de son grand-oncle, mais il l’entend crier à l’aide. Sans hésiter, il court en sa direction, tout en ne sachant trop ce qu’il doit faire. En chemin, il perd une mitaine. Son grand-oncle, dans l’eau jusqu’au cou, s’écrie : « Woooo ! Arrête de courir, couche-toi et approche lentement! » Antoine obéit : il s’allonge sur la glace et glisse jusqu’au trou.

L’homme en détresse s’agrippe d’abord aux avant-bras d’Antoine, qu’il lui demande de tenir bien tendus. Une fois son oncle bien accroché, Antoine tire de toutes ses forces. La victime arrive à se hisser un peu plus haut sur la glace, jusqu’à la hauteur de ses avant-bras. Antoine recule et tous deux recommencent la manœuvre. Lorsque l’homme peut enfin s’appuyer sur la glace, il saisit de nouveau un bras de l’enfant et parvient à s’extirper entièrement du lac.

Il marche jusqu’au rivage avant de rentrer chez lui pour se réchauffer et se remettre de ses émotions. Le véhicule tout-terrain restera dans le lac jusqu’à l’été suivant, moment où il sera repêché. Antoine est ramené au chalet par son grand-père venu le chercher avec son véhicule. Grand-mère prépare un bon chocolat chaud à son petit-fils héroïque qui se montre secoué par les événements. Antoine peut être fier d’avoir sauvé son grand-oncle.

Regarder la vidéo de l'entrevue avec Antoine St-Laurent

 

Daniel Joseph McKinney 

M. Daniel Joseph McKinney Le 15 mars 2016, vers 15 h 30, Daniel-Joseph McKinney rentre chez lui après sa journée de travail à l'école secondaire de l'Île, à Hull, où il enseigne l’anglais. Il marche derrière l'école, le long de la piste cyclable enneigée.

Du haut d’une colline, M. McKinney distingue des silhouettes qui s’avèrent être celles d’un homme et d’une femme. Pensant d’abord à une discussion animée entre des élèves de l’école, il les interpelle pour qu’ils quittent les buissons isolés et jonchés de neige fondante. En s’approchant, il s’aperçoit que la jeune femme est couchée au sol et tente de repousser l’homme allongé sur elle, qui la maintient de force. Autour d’eux, la neige est maculée de sang.

Il dévale la petite pente pour se rendre jusqu’à eux. La victime est alors en mesure de se dégager de l’emprise de son assaillant. Elle se relève et court pour se réfugier auprès de M. McKinney en criant : « Aidez-moi, M. McKinney! » L’enseignant comprend alors qu’il s’agit d’une élève de son école, mais il ne la reconnaît pas; ses cheveux cachent son visage et elle est recouverte de sang. La victime le prévient que l'agresseur a un couteau. Daniel-Joseph McKinney se précipite sur l’assaillant et lui tient fermement les mains. Il n’est toutefois pas en mesure de localiser le couteau. Il essaie de discuter avec l’assaillant, qui lui donne son nom, mais qui blâme l’adolescente. Vindicatif, il tente de fuir. M. McKinney crie à l’aide, mais personne ne l’entend.

Il veut ramener l'homme violent vers l’école afin de trouver des renforts. Or, l’assaillant s’élance et le frappe. Daniel-Joseph McKinney perd alors ses lunettes. Il commence à les chercher, mais s’interrompt pour ne pas laisser l'homme s'enfuir. Il le pourchasse avant de tomber dans la neige avec lui. L’assaillant dit à M. McKinney : « Je vais te tuer! » M. McKinney lui demande de répéter et celui-ci vocifère : « J'ai dit que tu es en train de me tuer! » Découragé et apeuré, M. McKinney appelle de nouveau à l’aide, sans succès. Il enjoint à la jeune fille, restée sur les lieux, en état de choc, d’appeler la police. Peu après, les policiers arrivent pour l’aider et arrêter l’agresseur.

La jeune fille est transportée à l’hôpital, où ses blessures à l’abdomen sont soignées. Daniel-Joseph McKinney n’a pas été blessé durant l’événement. S’il n’était pas passé par là et n’avait pas agi avec tant de bravoure, nul n’ose imaginer ce qu’il serait advenu.

Jacinthe Martin

Mme Jacinthe MartinLe 21 septembre 2016, à 4 h 45, Jacinthe Martin se prépare pour aller travailler, lorsqu’on frappe à sa porte. Elle hésite à ouvrir, car il est tôt, puis s’exécute devant l’insistance de la personne. Un voisin s’écrie que la maison où vit son beau-père, située juste derrière la sienne, est en feu. Le beau-père de Jacinthe Martin a 80 ans et vit seul. Elle accourt en empruntant le petit chemin qui mène chez lui.

Arrivée à la maison, elle constate qu’il y a beaucoup de fumée à l’intérieur. Elle se dirige vers une porte arrière qu’elle sait toujours déverrouillée et elle entre. Après quelques pas, elle étouffe en raison de la fumée très dense et noire. Elle ne distingue rien à l’intérieur, même si elle connaît bien la disposition des pièces. La chaleur est aussi difficilement supportable, mais elle ne peut laisser son beau-père dans cette position.

À travers le vacarme assourdissant de l’alarme d’incendie, elle distingue la voix du vieil homme : « Sortez-moi de là! Sortez-moi de là! » Elle lui crie d’avancer vers elle, mais ne sait pas où il se trouve. Elle lui demande de la retrouver au salon. Le vieil homme ne semble pas vouloir bouger, probablement en état de choc et tétanisé par la peur.

Jacinthe Martin s’époumone toujours pour le localiser tout en inhalant beaucoup de fumée, le conjurant de se coucher par terre et de ramper vers elle. Enfin, sa voix se rapproche, puis il la rejoint. Elle lui demande d’aller déverrouiller la porte d’entrée principale pour qu’ils puissent tous deux sortir. Bien que très faible, l’homme fait les quelques pas à la demande de sa bru.

Mme Martin emprunte la porte de derrière et se rend à la porte d’entrée principale, maintenant déverrouillée. Elle l’ouvre et soutient son beau-père dans ses bras. Tous deux s’allongent sur la pelouse en attendant les secours qui arrivent peu après, alertés par un voisin.

Mme Martin suit l’ambulance qui transporte son beau-père à l’hôpital pour veiller sur lui. La santé fragile de l’homme exige une hospitalisation de deux semaines. Sa maison a ensuite été déclarée perte totale. Jacinthe Martin n’a pas été blessée, mais elle est restée très marquée par l’événement. Grâce à sa ténacité, elle a sauvé la vie de son beau-père.

Cédric Junod

M. Cédric JunodLe 6 janvier 2016, Cédric Junod est alerté par l’avertisseur de feu de l’immeuble où il vit. Il sort de son appartement. De la fumée envahit progressivement les corridors. Il frappe à plusieurs reprises à toutes les portes sur les deux étages pour prévenir les occupants, tout en cherchant le foyer de l’incendie.

Une fois qu’il pense tout le monde sorti, il croise son voisin Steven Bocking devant son logement. Ce dernier lui dit que l’incendie est dans son appartement. Ayant inhalé de la fumée, il se sent mal et étourdi; il a aussi des vomissements. M. Junod lui demande s’il y a quelqu’un à l’intérieur, ce à quoi M. Bocking répond que sa femme y est. Il ajoute qu’elle est probablement dans la salle de bain, puisqu’en l’appelant et en la cherchant à travers la fumée, il ne l’avait trouvé nulle part. 

M. Bocking retourne à l’entrée principale de l’édifice où, plus tôt, il avait laissé son bébé pour s’assurer qu’il ne soit pas incommodé par la fumée. Il le confie alors à une voisine qui sortait de l’immeuble.

Pendant ce temps, Cédric Junod pénètre dans le logement où le feu fait rage dans la cuisine. À travers l’épaisse fumée, il tente de se diriger à l’aveugle vers la salle de bain. Il frappe d’abord un mur, puis s’accroupit et rampe jusqu’à la pièce enfin trouvée. La porte est ouverte et, en tâtonnant, M. Junod touche à un corps inerte, celui de la femme de Steven Bocking. Il la saisit fermement par les aisselles. Elle est très lourde, puisqu’elle est inconsciente. Il entreprend de la sortir de là.

De son côté, Steven Bocking rejoint Cédric Junod dans le couloir entre la cuisine et le salon de son logement. À deux, ils réussissent à sortir sa femme de l’immeuble. Ils la déposent sur le banc de neige où M. Junod a étendu son manteau. Une voisine exerce les manœuvres de réanimation, car la femme ne respire pas. Peu de temps après, les pompiers et les ambulanciers arrivent et prennent la relève pour sauver la mère de famille.

Conduite à l’hôpital, la femme sera traitée durant plusieurs semaines pour une dépression majeure, en plus de ses blessures. Sans le courage de M. Junod, elle n’aurait pas survécu à cet incendie.


Mentions d'honneur du civisme

La mention d'honneur du civisme, accompagnée d'un insigne argent, est décernée à une personne qui a accompli un acte de courage ou de dévouement dans des circonstances difficiles. Présentée sous la forme d'un parchemin honorifique, elle est calligraphiée au nom du récipiendaire.

Youri Desjardins-Cloutier

Mr. Youri Desjardins-CloutierOn August 12, 2016 in the late afternoon, Youri Desjardins-Cloutier, aged 15, and two friends were jumping into the Rivière Trois-Pistoles in Notre-Dame-des-Neiges from a rocky outcrop, something they did regularly.

A short distance away, on a footbridge 17 metres high, two young men and a young woman were looking down as if getting ready to jump. Prudently, Youri went along the path to meet them. He knew the river and its dangers well, and he showed them a safer place to jump: the nine-metre cliff from which he had just jumped. However, the young people insisted that they wanted to complete their own challenge.

They were unfamiliar with the river, but he could not prevent them from carrying out their plan. One of the young men went first. Youri explained what he had to do, and the young man jumped. He failed to follow the instructions and landed flat on his belly. Youri was worried and went down to help him, followed by the two young people. The young man climbed out of the water, winded but safe. A few minutes later, the young woman said she was going to jump too. Surprised, Youri once again suggested that she should try a safer place, but she refused, so Youri explained how to complete her jump.

The young woman climbed up to the bridge alone. She hesitated, and hung on to the rope for a minute before suddenly letting go. She seemed to have fainted, because her body immediately fell forward and she hit the water full-length. She was unconscious and floating head-down in the water.

Immediately, Youri dived in to save her. He swam over, grabbed her under her arms and pulled her to the opposite bank, where he laid her on her side on the rocks and attempted to wake her by slapping her back and her face. She was choking, and spitting out water and blood. Her body was covered in bruises from the impact of her fall. 

Youri shouted to his friend to call for help. The victim regained consciousness and could remember nothing about the accident. One of her friends swam over, and Youri crossed the river again to go to the parking lot to guide the emergency team. Without his quick actions, the young woman would have died from her fall.

Denis Paquet

Mr. Denis PaquetOn June 24, 2016, Denis Paquet organized a fishing expedition in the Côte-Nord region with his uncle and aunt, a brother and sister in their eighties. They left the uncle's cottage in the morning and drove to the lakeshore, where Denis and his aunt set out in one boat, with his uncle in a second boat. After a few hours fishing together, the uncle remained in the same spot while the other boat moved to a narrow cove where they were no longer in visual contact. Denis and his aunt were both wearing lifejackets, while the uncle was using a life jacket to sit on.

Suddenly, Denis Paquet heard a strange sound, a small "plop". He immediately thought that his uncle must have fallen in, and quickly headed back to the sector. He could see only a capsized boat, and his aunt began to panic. He urged her to stay calm and avoid rocking the boat.

When they got closer Denis Paquet found his uncle clinging to the boat in the icy water, saying that he was scared and cold. He was in a state of shock. Denis promised to rescue him, and asked him to trust him. He grabbed him under the arms to hoist him into the boat, but was unable to do so because his uncle's fishing boots were stuck in the mud on the lake bottom.

As time passed, Denis Paquet could see his uncle losing strength. He asked his uncle to make one last attempt to lift himself up while he, kneeling in the boat, pulled with all his strength. He suggested that his uncle could free one foot, which he did, and Denis was able to grab his ankle and swing him into the boat. 

All three family members were now in the same boat. The uncle was shivering. Denis sailed back to shore as quickly as he could, and the two elderly people got into the victim's truck with the heating on. The uncle undressed and put on his sister's dry clothing. They waited there while Denis Paquet returned to the lake to recover the second boat and whatever fishing equipment he could find. Denis Paquet saved his uncle from drowning. Since this traumatic experience, they have all given up fishing.

Jean-Baptiste Guilbert

Mr. Jean-Baptiste GuilbertOn September 1, 2016, three employees of the city of Shawinigan were completing work for an activity on the Saint-Maurice promenade, alongside the Saint-Maurice river. A man came over to ask them if he could swim in the river, and after receiving a positive answer he began swimming close by.

About 15 minutes later, one of the workers noticed that the man was floating face-down in the water. The three workers were worried and began calling out, but received no response. They agreed they needed to act quickly to save him. He was about 15 feet from the riverbank but floating slowly away on the current. 

While one of them called 911, the others realized that they could not intervene directly without running various risks. Jean-Baptiste Guilbert arrived on the scene and, at the request of the workers, dived in and swam over to the unconscious man. He grabbed him by the arm and was able to pull him back to the riverbank. 

Because of the depth of the water, Jean-Baptiste Guilbert could not touch the bottom and asked the workers to help him get the man out of the river.

With assistance from the 911 operator, the four men carried out resuscitation manoeuvres on the victim, who had stopped breathing. A few minutes later, an ambulance arrived and the paramedics took over. After intubating the man to help him breathe, they drove him to hospital.

Less than one hour after the incident, three of the four men involved, including Jean-Baptiste Guilbert, had given a statement to the police. At the time they were unsure if the victim was alive or dead, but he in fact survived.

None of the four men was injured during the rescue or suffered any ill effects, although they reported that they felt nervous and upset for several days. The three municipal employees were given leave for the rest of the day, while Jean-Baptiste Guilbert carried on as usual because he had a team meeting in Shawinigan. His courageous act had saved a man from drowning.

Watch the interview with Jean-Baptiste Guilbert


René Dessureault

Mr. René DessureaultOn September 25, 2016 at around 1 p.m., Bernard Broyer and René Dessureault were at the hunting camp of a pilot friend at Lac Kuashkuapishiu in the Nord-du-Québec region. Standing on the wharf, they watched as the floatplane took off to take two other friends to another camp. The plane took off over the lake, gained altitude, banked to the left, and then suddenly veered to the right. The two men lost sight of the plane but could see a plume of smoke rising in the air.

Broyer and Dessureault jumped into a motorboat to get to the end of the lake, where they entered a stream and found a man lying in the water. He was so badly burned that they did not recognize him immediately as the pilot. His clothes had melted, his hands and face were black, strips of skin were hanging from his limbs and his hair was gone. He was in a state of shock and extremely agitated. The two men placed him in the boat and René Dessureault took him back to camp. 

Bernard Broyer attempted to locate the plane's passengers, walking through the forest until he came to the burning plane. In the wreckage he could see a lifeless body, curled up and with the left foot missing. After searching vainly for his other friend, he returned to the lake to wait for René Dessureault.

In the meantime, René Dessureault had arrived at the cottage, where he cut off the pilot's clothes and wrapped him in blankets. He called for help using a satellite phone before returning to the scene of the crash. The two friends carried out a new search, unsuccessfully. The ammunition in the floatplane started to explode and, given the danger, they went back to camp to look after their friend. They kept him awake by talking to him constantly.

Around 5 p.m., an Air Médic helicopter arrived at the camp but could not land. Two nurses disembarked to take care of the pilot. Around 10 p.m., an army helicopter came to airlift the badly-burned pilot and the two nurses. Bernard Broyer and René Dessureault were left to spend the night at the cottage and were winched on board a Sûreté du Québec helicopter the following evening.

From the hospital in Sept-Îles the pilot was taken to Québec City, where he stayed in hospital for several months of treatment and skin grafts. His wife and baby came from Gatineau to stay with him. Without the brave actions of Bernard Broyer and René Dessureault, the pilot would have succumbed to his injuries, like the two other friends who lost their lives in the accident.

Watch the interview with Bernard Broyer, René Dessureault and Phillippe St-Pierre

Thierry Sauvain

Mr. Thierry SauvainAt around 8:40 a.m. on August 9, 2016, Thierry Sauvain, a social worker treating psycho-social cases at CLSC Ahuntsic, arrived at work. The CLSC shared a building with the Montreal youth centre for the northern sector. Mr. Sauvain heard shouts coming from the entrance hall of the youth centre. A secure door was in his path—people could use it to leave the CLSC, but only people with a magnetic pass could get through from the youth centre.

Thierry Sauvain headed for the shouting, opening the secure door and letting it close behind him. He was now in the entrance hall of the youth centre. He came upon a horrifying scene: a woman was screaming, on her knees and covered in blood from head to foot. A man, facing away from Thierry Sauvain, was hitting her violently with a hockey stick.

He decided to face the man and distract him by trying to reason with him. The man, in a psychotic fit, did not respond and continued to beat his victim. However, soon after he abandoned the young woman and began to attack Thierry Sauvain with his hockey stick. He struck him violently on the left forearm and in the ribs on his right side, while Thierry Sauvain attempted to protect his head.

At this point, a CLSC psychologist from the youth centre team heard the commotion and opened the door to the CLSC. He saw the young woman lying injured on the floor, and she moved to safety behind the door, followed by Thierry Sauvain. The attacker fled through the main entrance to the CLSC.

The victim and Thierry Sauvain were in the office of a psycho-educator, who called for help. Police officers and paramedics were dispatched, and the office became a nursing station. With a precise description of the suspect, the police were able to track him down and intercept him 45 minutes later. 

The two injured people were taken to hospital by ambulance. The woman's spouse thanked Thierry Sauvain for saving her life. Thierry Sauvain had badly bruised ribs and a fracture of the left arm, which needed a plaster cast. He was off work for almost two months and returned only in November 2016. He suffered from severe post-traumatic stress and needed psychotherapy.

Bernard Broyer

Mr. Bernard BroyerOn September 25, 2016 at around 1 p.m., Bernard Broyer and René Dessureault were at the hunting camp of a pilot friend at Lac Kuashkuapishiu in the Nord-du-Québec region. Standing on the wharf, they watched as the floatplane took off to take two other friends to another camp. The plane took off over the lake, gained altitude, banked to the left, and then suddenly veered to the right. The two men lost sight of the plane but could see a plume of smoke rising in the air.

Broyer and Dessureault jumped into a motorboat to get to the end of the lake, where they entered a stream and found a man lying in the water. He was so badly burned that they did not recognize him immediately as the pilot. His clothes had melted, his hands and face were black, strips of skin were hanging from his limbs and his hair was gone. He was in a state of shock and extremely agitated. The two men placed him in the boat and René Dessureault took him back to camp. 

Bernard Broyer attempted to locate the plane's passengers, walking through the forest until he came to the burning plane. In the wreckage he could see a lifeless body, curled up and with the left foot missing. After searching vainly for his other friend, he returned to the lake to wait for René Dessureault.

In the meantime, René Dessureault had arrived at the cottage, where he cut off the pilot's clothes and wrapped him in blankets. He called for help using a satellite phone before returning to the scene of the crash. The two friends carried out a new search, unsuccessfully. The ammunition in the floatplane started to explode and, given the danger, they went back to camp to look after their friend. They kept him awake by talking to him constantly.

Around 5 p.m., an Air Médic helicopter arrived at the camp but could not land. Two nurses disembarked to take care of the pilot. Around 10 p.m., an army helicopter came to airlift the badly-burned pilot and the two nurses. Bernard Broyer and René Dessureault were left to spend the night at the cottage and were winched on board a Sûreté du Québec helicopter the following evening.

From the hospital in Sept-Îles the pilot was taken to Québec City, where he stayed in hospital for several months of treatment and skin grafts. His wife and baby came from Gatineau to stay with him. Without the brave actions of Bernard Broyer and René Dessureault, the pilot would have succumbed to his injuries, like the two other friends who lost their lives in the accident.

Watch the interview with Bernard Broyer, René Dessureault and Phillippe St-Pierre


Mathieu Coallier and Sylvain Perth

Mr. Sylvain Perth and Mathieu CoallierOn December 8, 2016 at about 6:30 p.m., Sylvain Perth and Mathieu Coallier were driving separately along Highway 158 in Mirabel. The weather conditions had made the road icy and dangerous. Sylvain noticed the gleam of headlights and smoke coming from a ditch and stopped his truck on the road shoulder.

An overturned car was gradually sinking into the stagnant, frozen water. Sylvain shouted out and heard a man answer, and he quickly called 911. He was told that emergency responders would be dispatched quickly, but that the ambulance would take longer because of the number of accidents caused by the poor road conditions.

In the meantime, Mathieu Coallier arrived on the scene and checked that there was only one person in the car. The man was in difficulty and claimed to be drowning. Sylvain Perth ended his 911 call and returned to the ditch, where the two men agreed that they needed to act quickly.

Sylvain Perth returned to his truck and placed it at right angles to the road, a dangerous manoeuvre because other cars only just had room to squeeze past. He took a metal chain from his truck and attached it to his towing hitch, while Mathieu Coallier caught the other end and attached it to the car. Behind the wheel of his truck, Sylvain Perth moved forward just enough to drag the car a little higher and give the victim room to breathe. From the edge of the ditch, Mathieu Coallier coordinated the operation. As soon as the victim confirmed that he could breathe, he signalled to Sylvain Perth to stop.

A police officer arrived on the scene and, with the two rescuers, explained to the victim that he had to get himself out of the car, because they could not help him in the icy water. Now that the vehicle was on higher ground, the man was less threatened by the water, and was able to escape by a gap that had opened up between the roof of the car and the top of the windshield. He could then stand on the car.

Mathieu Coallier and the police officer went back down into the ditch and, with assistance from Sylvain Perth, formed a human chain to move the man up to the road.

The victim removed his soaking clothes and took shelter in the police car. Sylvain Perth provided blankets. An ambulance arrived and took the victim to hospital—he was suffering from the onset of hypothermia. Without the intervention of two quick-witted rescuers, he might not have survived.

Watch the interview with Mathieu Coallier and Sylvain Perth

Mr. Steven Bocking

On January 6, 2016, at around 9:45 a.m., Steven Bocking arrived home in Drummondville with his five-month-old baby. As he opened the door to his apartment, he was met by a wall of dense black smoke. He reacted quickly, returning to the building's front entrance to leave the baby in its carry seat away from the smoke. He then went in to his apartment.

He saw flames in the kitchen rising up towards the cupboards over the stove. He grabbed a fire extinguisher from under the sink and extinguished the flames he could see while shouting out to attempt to locate his wife. There was no response.

Steven Bocking left the apartment and went to check on his baby at the entrance to the building. The child was calm, warmly dressed and firmly buckled into the seat. Reassured, he went back to his apartment and tried to open two windows to ventilate the space, but one of them was frozen shut. He again tried to extinguish the fire in the kitchen. With all the smoke he had inhaled, Mr. Bocking felt sick and dizzy; he also vomited. He left again to check on his baby and call the fire department. 

He ran into one of his neighbours, Cédric Junod, who asked if there was anyone inside. He replied that his wife was still inside, probably in the bathroom, because he had not found her anywhere else. Cédric Junod went into the burning apartment and found the woman lying unconscious near the bathroom door, and he began to move her.

In the meantime, Steven Bocking had placed his baby in the care of a neighbour who was leaving the building. He met Cédric Junod in the corridor between the kitchen and living room of his apartment, and together they were able to carry his wife from the building, laying her on a snowbank where Mr. Junod had spread his coat. A neighbour started resuscitation because she was not breathing. Shortly thereafter, firefighters and ambulance technicians arrived on the scene and took over the task of saving the mother's life.

In hospital, the woman received treatment for several weeks for major depression, in addition to her injuries. Steven Bocking, with help from his neighbour, waved his wife from a serious fire.

Retourner en haut